Sourissimo (suite et fin)

Un mulot, ou une souris, à nourrir avec... (Archives 123rf)

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Un mulot, ou une souris, à nourrir avec du lait Similac et du Pablum.

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CHRONIQUE / Mercredi, semaine dernière, fin d'après-midi.

La veille, ma blonde - une dénommée Manon - est rentrée d'une marche avec un mulot blessé dans ses mains. Un mulot - ou une souris des champs comme dit Manon - visiblement blessé à un oeil. « Nous allons la soigner », de m'annoncer ma douce moitié.

J'ai rouspété, mais en vain. Notre chez-nous allait devenir pendant quelques jours une clinique vétérinaire pour mulot/souris des champs. Manon allait prendre soin de cette petite bête et la guérir avant de la remettre en liberté dans le champ où elle l'avait trouvée.

Le mercredi en fin d'après-midi, je l'appelle en rentrant du boulot alors que je me trouve dans une épicerie Métro de Gatineau.)

« A-t-on tout ce qu'il faut pour le souper, Manon ?

- Oui, on a tout. T'es à l'épicerie ?

- Oui. Je devais arrêter pour quelques items.

- Y a-t-il une section pour les aliments et produits pour bébés à cette épicerie ?

- Heu... oui. J'imagine. Mais que veux-tu que j'aille faire dans l'allée pour bébés, Manon ? Ne me dis pas que tu veux mettre une couche à ton mulot.

- Idiot. Non, pas des couches. Et c'est une souris des champs nommée Sourissimo, soit dit en passant. Ce n'est pas un mulot.

- Alors que veux-tu dans l'allée d'aliments pour bébés ?

- Du lait pour Sourissimo.

- Du lait !? Mais nous en avons au frigo, du lait.

- Pas ce lait-là. Sourissimo est un bébé. Je vais lui donner du Similac.

- Du Simi... quoi !?

- Du Similac. C'est un produit nutritionnel. C'est comme du lait, mais pour bébés.

(Pour le reste de cette chronique, chers lecteurs, vous serez avec moi à l'épicerie. Vous ne pouvez donc pas "entendre" ce que Manon me dit au bout du fil. Mais vous pouvez clairement entendre mes répliques. Bref, vous serez au Métro à la place de ce jeune couple qui a écouté à mon insu la suite de ma conversation téléphonique alors que je me trouvais dans l'allée des aliments pour bébés.)

- Pourquoi veux-tu que j'achète du Similac ? Donne-lui du lait. Du simple lait !

-...

- Écoute Manon, je suis debout dans l'allée devant les pots de Similac, et il n'est pas question que j'achète ce produit pour cette bibitte-là !

-...

- Je m'en fiche qu'il soit presque aveugle ! Ton "bébé" boira du lait de vache, point à la ligne !

-...

- Sais-tu combien ça coûte du Similac, tabar... !? C'est plus de 30 $ ! Et il n'est pas question que je dépense 30 $ pour ton rat d'égout !

-...

- Bon, d'accord, d'accord Manon. Je ne l'appellerai plus un rat d'égout. Mais j'ai hâte en maudit qu'il soit mieux pour que t'ailles le perdre dans un champ. Et oublie le Similac. J'ai déjà trop dépensé pour l'onguent Polysporin que tu lui as mis dans les yeux.

-...

- Combien coûte le Pablum, me demandes-tu ? Attends. Ha, tiens. J'ai un sac de céréales ici, c'est comme du Pablum, et ça ne coûte que 3,50 $.

-...

- Oui, c'est pour les bébés ! As-tu déjà entendu parler de Pablum pour les vieux ?

-...

- D'accord. Alors je prends ce sac à 3,50 $, mais c'est le premier et le dernier que j'achète. S'il ne guérit pas après ce sac-là, qu'il mange de la...

-... !!

- D'accord. À tantôt. »

CLIC.

Et comme le jeune couple qui écoutait ma conversation téléphonique s'éloignait dans l'allée, j'ai entendu la femme demander à son conjoint : « C'est toi ou c'est moi qui appelle la DPJ ? »




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