La nouvelle vie de Peter

Peter Shonk s'est « cassé la gueule » il y... (Martin Roy, Le Droit)

Agrandir

Peter Shonk s'est « cassé la gueule » il y a trois ans. Il s'est relevé et aujourd'hui il est propriétaire du restaurant Shaker aux Promeandes Gatineau.

Martin Roy, Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Il y a trois ans, Peter Shonk était admis dans un centre de traitement de la toxicomanie de Québec. Accro aux drogues dures, alcoolique, endetté jusqu'au cou et dans la rue, ce jeune homme alors âgé de 23 ans n'avait pas simplement touché le fond du baril, il s'y était écrasé.

Aujourd'hui, à l'âge de 26 ans, Peter Shonk est propriétaire du populaire restaurant Shaker, situé aux Promenades Gatineau. Sobre depuis presque trois ans, il se dit fondamentalement heureux et il planche actuellement sur l'ouverture d'un deuxième Shaker dans le marché By à Ottawa. « J'ai compris le bonheur », laisse-t-il tomber.

S'il a accepté de se confier, c'est pour donner espoir à ceux qui, comme lui, ont dérapé à un certain moment de leur vie. « Je veux que les gens sachent que tout est possible, dit-il. Je ne veux pas péter de la broue. Je veux simplement donner un peu d'espoir à ceux qui pensent ne plus en avoir. » 

Peter a grandi sur l'Île d'Orléans, dans la région de Québec. Il avait 13 ans quand il a fumé son premier joint. Quatorze quand il a bu sa première bière. « Puis je me suis mis à vendre de la drogue au secondaire, se souvient-il. C'était ma façon de me faire des amis, d'ère populaire. Et c'était de l'argent facile. Mais c'est vite devenu un cercle vicieux et ma vie s'est mise à dégringoler.

«Rendu à l'âge de 18 ou de 19 ans, poursuit-il, je me levais le matin avec la seule intention de me geler. Je buvais jusqu'à ce que je sois saoul mort et je prenais de la cocaïne pour être capable de rester debout. J'étais rendu à un point où je faisais plus de drogues que j'en vendais.»

Il s'est endetté pour nourrir sa dépendance. «Plus de 15 000 $ de dettes de drogue», lance-t-il. Et ses parents, exaspérés de voir leur fils se tuer à petit feu, l'ont finalement mis à la porte. La rue était devenue son nouveau chez-soi. «Ma mère m'a dit : 'Tu vas te tuer, ou tu vas me tuer.' Et quand j'y pense aujourd'hui, je me dis que mes parents m'ont fait le plus beau cadeau en me mettant dehors.»

Car c'est peu de temps après que Peter Shonk a touché le fond du baril. «Deux amis m'ont retrouvé inconscient, raconte-t-il. J'étais étendu au plancher d'un logement que je partageais avec trois gars. Je ne respirais plus et j'étais face au sol, dans une marre de sang. J'avais des dents brisées et des coupures partout sur le visage. J'étais tombé et je m'étais cassé la gueule sans même m'en rendre compte. Je ne me souvenais de rien. C'était un black-out total.» 

Peter a finalement accepté de se rendre au Centre de traitements de la toxicomanie Villa Ignatia, à Québec. «Ça faisait quatre ans que ma mère me disait d'aller chercher de l'aide, dit-il. Et j'ai finalement accepté d'y aller. J'étais tellement tanné de la vie que je menais. Je me regardais dans le miroir et l'image qu'il me renvoyait m'écoeurait.»

Sa thérapie a duré 28 jours. Et Peter Shonk est maintenant sobre depuis presque trois ans.

Il a travaillé comme serveur dans un restaurant de Québec pendant deux ans et demi. «Je travaillais 80 heures par semaine», dit-il. Puis il s'est joint à l'équipe du restaurant Shaker de Lévis, avant d'être nommé directeur général de la franchise de Cap-Rouge (à Québec). 

«Je rêvais depuis longtemps d'ouvrir ma propre franchise (Shaker), dit-il. Et puisque je ne consommais plus et que je travaillais de longues heures, j'accumulais pas mal d'argent. Et j'ai finalement réalisé mon rêve en ouvrant mon restaurant à Gatineau. Et je n'ai jamais été si bien, si heureux. J'ai été longtemps responsable de mon malheur. Et je ne regrette rien. J'ai appris à la dure, comme on dit. Mais là, je suis responsable de mon bonheur. Et aujourd'hui, je travaille à rendre les gens heureux. Et c'est ça qui me rend heureux.»




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer