Faire pousser des sourires

Les Gatinois Michel et Louise Leblanc ont créé... (Martin Roy, Le Droit)

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Les Gatinois Michel et Louise Leblanc ont créé leurs propres mosaïcultures à la maison.

Martin Roy, Le Droit

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CHRONIQUE / Il y a de ces gens qui incarnent la bonne humeur. Toujours souriants, toujours accueillants. Et habités par une joie de vivre contagieuse.

Les Gatinois Michel et Louise Leblanc sont de ces gens. Ils sont mariés depuis 40 ans. Michel est à la retraite après 30 années de services à la compagnie de produits de boulangerie Dempster's. Louise, quant à elle, travaille depuis plus de 20 ans à l'hôpital de Gatineau, mais l'heure de la retraite sonnera dans moins d'un an.

Les deux ont songé à se joindre au groupe de bénévoles qui veillera cet été au bon déroulement des Mosaïcultures 2017, au parc Jacques-Cartier. Mais ces deux « pouces verts » ont changé d'idée, déjà trop occupés sont-ils à voir à leurs propres mosaïcultures à eux.

Parce que ce sont réellement des mosaïcultures - mais à beaucoup plus petite échelle - que les Leblanc entretiennent sur la pelouse de leur maison de la rue Charles-Carrière, secteur Gatineau. « On parle de 30 ans de travail, lance M. Leblanc. Louise et moi y mettons de deux à trois heures par jour. Ça nous amuse. »

Leur pelouse attire les regards, c'est le moins qu'on puisse dire. On peut y voir des topiaires aux formes variées, soit des arbustes et des cèdres taillés pour représenter un chevreuil, un ours, on orignal, un cygne et j'en passe. Des vivaces se mêlent aux rocailles blanches. Une vingtaine de perroquets de fibre de verre habitent les branches d'un petit arbre. Et vous devez passer sous une arche-pergola en cèdre pour entrer et admirer le tout. Paraît-il que leur pelouse est spectaculaire le soir venu lorsque les réverbères illuminent le tout.

Et pour célébrer le 150e de la Confédération à leur façon, les deux tourtereaux ont fabriqué un épouvantail géant aux allures de Jos Montferrand. « Mais ce n'est pas Jos Montferrand, me corrigera M. Leblanc. Lui, dit-il en pointant sa création, c'est Big John. Il y a 150 ans, cet homme était le bûcheron le plus travaillant au pays. » Je ne sais trop si ce Big John a réellement existé ou s'il sort tout droit de l'imagination de ce couple, mais il est là, scie en main et veste à carreaux sur le dos.

Un peu kitsch tout ça, diront certains ? Peut-être. Un peu, oui. Mais tout est dans les goûts, quoi. Et à en juger par les passants et les nombreux enfants qui s'arrêtent quotidiennement devant la maison des Leblanc pour admirer leur oeuvre en souriant, je me dis qu'il faudrait peut-être un peu plus de kitsch dans ce monde de temps en temps.

Car plus les Leblanc travaillent leur terre, plus ils cultivent des sourires. 

POUR LE GÎTE AMI

La visite ne s'arrête pas là. Elle se poursuit dans la cour arrière du couple de sexagénaires. Vous trouverez dans cette cour un gazebo décoré d'objets que les Leblanc se sont procurés durant les nombreuses croisières qu'ils ont faites dans les Caraïbes au cours des années. « C'est notre gazebo jamaïcain », explique Louise. « Mais sans la marijuana ! », précise son mari en riant.

Non, ils ne font pas pousser de pot. Et ils n'en feront pas pousser non plus quand la chose sera légale. Ils font cependant pousser à peu près tout le reste. Tomates, concombres, piments, melons d'eau, oignons, laitues, nommez-les. Leur cour arrière pourrait nourrir une armée de végétariens.

« L'an dernier, raconte M. Leblanc, on a cueilli 1500 tomates. » « On les a comptées, enchaîne son épouse. Et on les a toutes lavées l'une après l'autre. »

Que fait-on de 1500 tomates quand on n'est pas propriétaire de la compagnie Heinz ? « On les donne, répond le couple. On les apporte au Gîte Ami et au Foyer du bonheur. Et vous devriez voir les yeux des gens quand on entre avec nos tomates fraîchement cueillies. Ces gens sont tellement contents, ils n'arrêtent pas de nous remercier. Et c'est la même chose quand on retourne à l'automne pour distribuer les pommes de notre pommier. On fait plaisir, c'est tout. Et les sourires des gens qui les reçoivent sont notre récompense.

«C'est plaisant de donner et de partager, dit M. Leblanc. C'était comme ça dans le temps, il y a 150 ans. Un faisait pousser du maïs, l'autre faisait pousser des légumes et ainsi de suite. Et tout le monde partageait les récoltes. Tout le monde partageait leur joie de vivre. Donc c'est un peu ça que nous faisons, Louise et moi. On partage notre bonne humeur et notre joie de vivre.»  

Il y a de ces gens, disais-je...




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