Dans la voûte du patrimoine

L'arrêt le plus impressionnant, selon moi, est celui... (Étienne Ranger, Le Droit)

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L'arrêt le plus impressionnant, selon moi, est celui dans la chambre forte des peintures à l'huile.

Étienne Ranger, Le Droit

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CHRONIQUE / Ça vous dirait de jeter un coup d'oeil sur une collection de livres bâtie au cours des 140 dernières années ? Ou sur 30 millions de photographies ? Ou encore sur 425 000 oeuvres d'art dont certains datent des années 1600 ?

Si oui, rendez-vous au Centre de préservation de Bibliothèques et Archives Canada, boulevard du Carrefour à Gatineau. Ce centre fête ses 20 ans cette année, et pour l'occasion, il ouvre grand ses portes au public aujourd'hui et samedi, de 10 h à 15 h. Il s'agit des premières visites libres depuis 2002 de ce joyau de la préservation documentaire au Canada.

Je suis privilégié. J'ai eu droit, mercredi, à une visite exclusive des lieux. En fait, tous les médias étaient conviés à cette visite exclusive du Centre de préservation ultramoderne. Mais puisque je suis le seul « média » qui s'est pointé le nez, j'ai eu droit à ma propre petite tournée à moi tout seul. Privilégié, disais-je.

Mais n'entre pas qui veut dans cet imposant édifice de Gatineau. Et on ne s'y balade pas à notre guise comme on le ferait dans les allées d'un Wal-Mart. Chaque objet qui s'y trouve est précieux, fragile, unique. La collection qui se trouve entre ces murs - la plus grande collection de documents canadiens du monde - est d'une valeur inestimable. Littéralement inestimable. J'étais donc accompagné du directeur général de l'endroit, Sylvain Bélanger, et de la coordonnatrice des visites, Suzanne Pagé-Dazé, qui avaient les cartes d'identité nécessaires pour ouvrir les nombreuses portes de l'endroit. D'épaisses portes d'acier qui s'ouvrent automatiquement et qui rappellent la scène d'ouverture de l'émission de télé culte des années 1960, « Get Smart ». 

Juste l'édifice comme tel vaut le détour. On parle d'un immeuble de trois étages unique en son genre construit à l'intérieur de l'édifice externe. Un immeuble dans un immeuble, quoi. Tout ça pour contrôler les fluctuations de la température et de l'humidité dans les 48 voûtes d'entreposage qui s'y trouvent. « L'édifice externe est un peu comme un cocon de verre et d'acier qui protège le tout », illustre M. Bélanger.

Et l'endroit est si immense qu'on pourrait y entreposer deux Boeing 747. « Ou y aménager 11 patinoires de la Ligue nationale de hockey », explique M. Bélanger. « Ou encore deux terrains de football de la Ligue canadienne », ajoute Mme Pagé-Dazé. J'avais compris aux deux Boeing 747, mais bon. Ces gens ont vite compris qu'il faut parfois me faire un dessin...

La visite des lieux dure approximativement une heure. Vous y verrez des laboratoires de pointe où les professionnels du Centre de préservation protègent les trésors du pays. On vous montrera aussi certains équipements utilisés pour restaurer des cartes, des manuscrits, des livres, des photographies et le reste. Puis il y a cette pièce où on procède à la numérisation des dossiers des soldats canadiens qui ont pris part à la Première Guerre mondiale (1914-1918). Tout ça est fort intéressant.

Mais l'arrêt le plus impressionnant, selon moi, est celui dans la chambre forte des peintures à l'huile. Ou la pièce 3 034, comme diraient les habitués. Vous n'y verrez évidemment pas toutes les oeuvres qui s'y trouvent, puisqu'il y en a des milliers. Mais celles qui seront exposées durant les visites libres de vendredi et de samedi vous tireront un « Wow ! » bien senti, j'en suis convaincu. Celle des quintuplées Dionne vous laissera bouche bée.

Et juste avant d'entrer dans cette pièce, vous pourrez lire sur un mur une copie de la dernière lettre que Louis Riel a écrite à sa femme et à ses enfants quelques minutes avant qu'il soit pendu pour trahison, en 1885. Un court arrêt touchant, il va sans dire.

Autre arrêt à surveiller, celui dans le laboratoire de conservation de photographies où sera exposée cette drôle de photo d'une vingtaine de membres de l'ancien Snowshoe Club de Montréal. Une immense photo prise au début des années 1900 et sur laquelle vous verrez, entre autres, l'ancien gouverneur général Earl Grey (qui a donné son nom à la Coupe Grey de la Ligue canadienne de football) et Lord Stanley (la coupe Stanley de la Ligue nationale de hockey). Oui, les riches anglophones de Montréal avaient à l'époque leur propre « club de raquettes » l'hiver venu. N'importe quoi pour se retrouver entre boys, j'en conclus.

Enfin, si une telle visite du Centre de préservation de Bibliothèque et Archives Canada vous intéresse, c'est vendredi et samedi que ça se passe. L'entrée est gratuite.




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