La maman de la Petite-Nation

Yvette Sanscartier tirera sa révérence cet été après... (Denis Gratton, Le Droit)

Agrandir

Yvette Sanscartier tirera sa révérence cet été après 37 ans de carrière au CPE de la Petite-Nation.

Denis Gratton, Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Yvette Sanscartier connaît plein de gens dans la Petite-Nation. Des tonnes et des tonnes de gens. Elle les connaît par leur prénom, elle les a vus grandir, vus vieillir.

En fait, elle est un peu la maman de la Petite-Nation. Éducatrice de profession, elle est directrice générale du Centre de la petite enfance (CPE) de la Petite-Nation depuis plus de trois décennies.

Lorsqu'elle a débuté sa carrière d'éducatrice à Papineauville, en 1980, on comptait 16 enfants dans la garderie où elle oeuvrait. Aujourd'hui, ils sont 62 enfants âgés de zéro à cinq ans au CPE de Papineauville (la garderie Les Geais bleus), 60 à celui de Thurso (la garderie Les Colibris), et s'ajoutent à ce nombre les 237 enfants qui fréquentent les garderies en milieu familial supervisées par le CPE de la Petite-Nation. Ce sont donc des centaines et des centaines d'enfants que Mme Sanscartier a vus grandir au fil des ans.

« Et aujourd'hui, ce sont ces enfants que j'ai gardés à mes débuts qui reviennent inscrire leurs enfants à eux, dit-elle. Ça ne me rajeunit pas, ça », ajoute-t-elle en riant.

Yvette Sanscartier quittera le CPE de la Petite-Nation cet été. L'heure de la retraite a sonné pour cette dame de 69 ans originaire de Plaisance. Après plus de 37 ans au service de la petite enfance, cette mère de trois enfants et grand-mère de sept petits-enfants rentrera à la maison.

Mais rien à voir avec l'âge, assure-t-elle. Et ni pour des raisons de santé. « Je veux juste profiter de la vie avec mes enfants et mes petits-enfants, dit-elle. Et avec mon mari aussi, bien entendu, qui est retraité du ministère des Transports du Québec depuis quelques années. Et mon violon m'attend.

-Votre violon ?

-J'ai dit à mon mari, il y a quelques années, que j'aimerais apprendre à jouer du violon quand je serai à la retraite. Alors il m'a récemment acheté un violon. Et là, je n'ai plus le choix, je devrai apprendre à en jouer !, laisse-t-elle tomber en souriant, elle qui dirige la chorale de la paroisse de Papineauville.

Si vous lui demandez quel est son plus beau souvenir de ses 37 ans de carrière, elle vous répondra en deux mots : les enfants.

«Les enfants nous rendent de bonne humeur, dit-elle. On ne peut pas être de mauvaise humeur lorsqu'on travaille avec des enfants. C'est impossible. Leur bonne humeur est contagieuse. Ma fille, Caroline, m'a dit une fois qu'il fallait onze câlins par jour pour être de bonne humeur. Je ne sais trop où elle avait lu ça, mais je peux vous dire que j'ai eu des câlins à profusion dans ma vie. Et beaucoup plus que onze par jour. Et c'est vrai qu'ils nous rendent de bonne humeur.»

Il y a toutefois eu un moment sombre dans l'histoire du CPE de la Petite-Nation. C'était en janvier 1998, durant LA tempête de verglas.

«Une éducatrice et la cuisinière de la garderie d'ici, à Papineauville, rentraient à la maison en fin de journée, de raconter Mme Sanscartier. La chaussée était glacée, il y a eu un accident à Montebello et les deux ont perdu la vie. Elles étaient deux jeunes mères de famille», ajoute-t-elle en s'essuyant les yeux.

Il n'a cependant suffi que d'une tournée de la garderie pour que la maman de la Petite-Nation retrouve le sourire. Une tournée durant laquelle elle a eu droit à une bonne douzaine de câlins...




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer