Je suis prêt pour le Sénat

L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) cherche... (SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) cherche le candidat idéal pour siéger au Sénat canadien. Un sénateur pour « réchauffer le banc », mettons.

SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

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CHRONIQUE / On cherche un sénateur. Mais pas n'importe quelle sorte de sénateur. On cherche un sénateur franco-ontarien.

Quand j'ai aperçu cet « avis de recherche » sur Facebook, je me suis dit qu'on n'avait pas cherché très loin. Qu'on ne s'était pas creusé les méninges trop, trop. Le directeur général des Sénateurs d'Ottawa, Pierre Dorion, est Franco-Ontarien. Tout comme le défenseur Marc Méthot. En voilà deux Sénateurs franco-ontariens. Combien en cherche-t-on au juste ?

Mais ce n'est pas ce genre de sénateur qu'on cherche. L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) cherche plutôt le candidat idéal pour siéger au Sénat canadien. Un sénateur pour « réchauffer le banc », mettons. Voici ce que l'AFO a mis en ligne le 10 mai dernier :

« Un sénateur canadien a remis sa démission, laissant un poste vacant au Sénat. Traditionnellement, l'Ontario français était représenté par deux sénateurs à la Chambre haute. Il est impératif que cette tradition soit rétablie pour assurer une forte représentation franco-ontarienne au Sénat. Demandez au premier ministre Justin Trudeau de combler le siège vacant en nommant un sénateur francophone de l'Ontario ! » Puis l'AFO inclut dans son message le lien pour le bureau de M. Trudeau.

J'ai une bonne nouvelle ce matin pour l'AFO. J'ai trouvé la personne idéale pour combler ce siège vacant à la Chambre rouge. Moi. Oui, moi.

Par cette chronique, Monsieur le premier ministre Trudeau, je pose officiellement ma candidature au poste de sénateur. J'ai tout ce qu'il faut. D'abord, je suis vieux. Et qui dit « sénateur » dit vieux. Vrai, tout est relatif. Pour certains, je suis encore un jeune coq. Je suis donc semi-vieux, mettons. Et on ne nomme pas un « jeune » au Sénat. Stephen Harper l'a fait il y a quelques années en choisissant Patrick Brazeau et... bon. Enough said. (Voyez, M. Trudeau, je suis bilingue en plus !).

Sous « critères d'évaluation » dans le site du gouvernement canadien, on note que la priorité sera accordée, entre autres, aux personnes qui représentent les communautés linguistiques minoritaires. C'est moi ça, M. Trudeau. Je suis un digne représentant de la communauté franco-ontarienne. Un semi-vieux Franco-Ontarien. J'écoute du Paul Demers en boucle et, chaque 25 septembre, je fais flotter notre drapeau à mon balcon à Vanier. Je vous inviterai chez moi en septembre prochain, M. Trudeau. On pourra hisser le « vert et blanc » ensemble, vous et moi. On en fera un party ! On lance trois ou quatre boulettes de boeuf haché sur le barbecue, on fume un petit « batte », et on rit jusqu'au lendemain ! Et emmenez Sophie ! Elle et ma conjointe Manon s'entendront à merveille, j'en suis convaincu. 

Là où ma candidature comme sénateur pourrait toutefois achopper, c'est dans l'habillement. Je ne suis pas un gars de cravate. En fait - pour tout vous dire Monsieur Trudeau - je n'ai qu'un complet. Un seul. Et je le porte à toutes les sauces. Funérailles, mariages, banquets... toujours le même maudit « suit » démodé. C'est rendu que les mots « tenue de ville » sur un carton d'invitation me donnent des frissons et des nausées. M'enfin, je présume que les sénateurs ont une allocation pour se vêtir convenablement. Une visite chez Tip Top sera donc ma priorité une fois que vous m'aurez accordé mon siège au Sénat.

À ce point-ci, M. Trudeau, vous vous demandez sûrement si j'ai l'expérience requise pour devenir sénateur canadien. Bonne question. Et ma réponse est : non. Je n'ai aucune expérience comme sénateur. Par contre, je suis depuis quelques années Ambassadeur officiel des Sénateurs d'Ottawa, un titre très, très sérieux. Ça compte ça, non ?

Que pourrais-je apporter au Sénat, demandez-vous ? Autre bonne question, M. Trudeau. Je pourrais apporter ma bonne humeur. Ma joie de vivre vaniéroise. Et mon lunch, bien entendu. 

J'attendrai donc votre appel avec grande impatience, Monsieur le premier ministre. Car comme disait Jean Charest : je suis prêt.




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