Pour sauver une vie

Louise Schwartz, Bob McRae et Nathalie Randall, tous... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Louise Schwartz, Bob McRae et Nathalie Randall, tous des donneurs anonymes, font la promotion du don d'organes.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / « Il faudrait bien que j'y voie. »

Ces mots me sont revenus en tête mercredi matin quand j'ai aperçu une table installée dans le foyer de l'Hôpital Riverside, à Ottawa. Et à cette table se trouvaient quelques bénévoles du « National Capital Gift of Life Network », un jeune organisme bilingue d'Ottawa-Gatineau qui fait la promotion et la sensibilisation du don d'organes et de tissus. (Et qui aura bientôt un nom francophone, soit dit en passant). Présidé par Robert McRae, un donneur d'Ottawa, cet organisme regroupe des donneurs, des receveurs et leurs proches.

« Il faudrait bien que j'y voie », me suis-je répété en les apercevant. Après tout, c'est si simple de s'inscrire comme donneur d'organes et de tissus. À peine quelques minutes en ligne et le tour serait joué. Et ces quelques minutes pourraient sauver jusqu'à huit vies et en améliorer 75 ou plus.

Ouais... il faudrait bien que j'y voie. Comme Nathalie Randall y a vu.    

Nathalie, 22 ans, est une Franco-Ontarienne originaire d'Oakville, dans la région de Toronto. Elle est déménagée à Ottawa il y a quelques années pour poursuivre ses études universitaires en français à l'Université d'Ottawa. Détentrice d'un baccalauréat en sciences sociales, elle travaille aujourd'hui à la Fondation du rein.

Plutôt approprié comme emploi puisque Nathalie Randall a été la plus jeune donneuse anonyme d'Ottawa. (Un donneur anonyme est une personne qui donne un organe sans connaître le receveur).

Nathalie a donné un rein. C'était en janvier 2014, elle était alors âgée de 19 ans.  

« Je savais que la liste d'attente pour un don d'organes au Canada est très longue, dit-elle. Et je savais que la majorité des gens sur cette liste sont en attente d'un rein. J'ai donc décidé de devenir donneuse. Je suis en santé, alors pourquoi pas ? Je voulais aider. Je voulais sauver une vie. Oui, j'avais un peu peur. Mais je me suis mise à la place d'une personne en attente d'un rein, et je me suis dit que ma crainte ne se comparait en rien à la peur que cette personne doit ressentir et vivre tous les jours. Alors j'ai donné. Tout s'est bien passé, c'était facile et je n'ai aucune séquelle depuis. Je vais très bien et je suis contente d'avoir pu aider quelqu'un. Même si je ne saurai jamais qui j'ai aidé. »

*****

Louise Schwartz, une autre dame qui se trouvait à la table des bénévoles, est aussi une donneuse anonyme. En fait, elle est la toute première donneuse anonyme d'Ottawa. Et lorsqu'elle s'est présentée à l'hôpital d'Ottawa en 2007 pour signaler qu'elle voulait donner un rein, sans receveur précis, on a cru que cette dame était un peu folle ! 

« On ne trouvait pas ça normal à l'époque que quelqu'un veuille donner un organe à un étranger, raconte-t-elle. Alors ç'a pris trois ans avant que je puisse donner. Il fallait d'abord que l'hôpital élabore une politique, qu'elle obtienne l'approbation de tous les comités concernés, et qu'elle développe un protocole et tout ça. On voulait aussi s'assurer que je le faisais pour les bonnes raisons, c'est-à-dire par altruisme et non par héroïsme.

«Mais tout s'est bien déroulé, ajoute-t-elle. Et je vais très bien aujourd'hui. Je voulais donner parce que je suis en santé et je savais que les risques pour ma santé étaient minimes. Donc je voulais aider et faire ma part. Je voulais sauver une vie.»

*****

«Il faudrait bien que j'y voie», me dis-je depuis des lunes. Ça pourrait sauver une vie. Peut-être même plus.

Tous les trois jours, une personne en attente d'une greffe d'organe meurt en Ontario parce que nous ne sommes pas assez nombreux à nous inscrire comme donneurs. Moins de 25 % d'Ontariens adultes ont enregistré leur consentement au don d'organes et de tissus.

Au Québec, ce sont 850 personnes qui sont actuellement en attente d'une transplantation, une attente qui entraîne approximativement 40 décès annuellement.

Il faudrait bien qu'on y voie...

*****

Pour devenir donneur d'organes et de tissus : 

Ontario : soyezundonneur.ca

Québec : quebectransplant.qc.ca 




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