La Laroussette des fleurs

Suzanne Legros Cloutier, copropriétaire du Centre-Jardin Cloutier, à... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Suzanne Legros Cloutier, copropriétaire du Centre-Jardin Cloutier, à Gatineau, tirera bientôt sa révérence après 35 ans de métier.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / À quel moment de l'année doit-on tailler ses rosiers ? Demandons à Suzanne. Et les lilas, eux ? Faut-il les tailler après floraison ? Demandons à Suzanne.

Suzanne, c'est Suzanne Legros Cloutier, copropriétaire du Centre-Jardin Cloutier, à Gatineau. Ou chez Botanix du pont Alonzo, comme on dit communément. 

«Où que je sois, on m'arrête pour des conseils sur l'horticulture et le jardinage, dit-elle. À l'épicerie, au dépanneur, dans la rue, peu importe où je me trouve, il y a toujours quelqu'un pour me taper sur l'épaule et me demander un conseil. Et c'est correct, ça me fait plaisir d'aider. Et certains m'appellent même la "Laroussette des fleurs"», ajoute-t-elle d'un éclat de rire.

Mais la «Laroussette» tirera bientôt sa révérence. Après plus de 35 ans de métier, Suzanne Legros Cloutier, 60 ans, a décidé que le temps était venu de passer à autre chose. 

Elle a fait le tour du jardin, quoi. Et c'est sa fille, Chantal Cloutier, 36 ans, qui prendra la relève de l'entreprise familiale. 

«Chantal connaît l'entreprise à fond, explique Mme Legros Cloutier. Elle travaille ici depuis qu'elle est aux couches.»

C'est en 1979 que Suzanne et son conjoint, Claude Cloutier, ont acheté le terrain du chemin Alonzo. «Ce terrain était un scrapyard lorsqu'on en a pris possession», se souvient-elle. Mais les deux jeunes entrepreneurs voyaient loin. Même si ni un, ni l'autre pouvait distinguer, à l'époque, une plante d'extérieur d'une plante d'intérieur. «J'étais secrétaire au gouvernement fédéral, et Claude était camionneur», dit-elle.

Mais c'est en forgeant qu'on devient forgeron, comme le veut le proverbe. Et Suzanne et Claude ont vite appris, et ils ont «fait pousser» leur entreprise en l'un des centres de jardinage et d'horticulture les plus populaires de la grande région d'Ottawa-Gatineau.

«Et je suis retournée sur les bancs d'école en 1981, précise Mme Legros Cloutier. J'ai étudié deux ans au Collège Algonquin, à Ottawa, où j'ai obtenu mon diplôme en horticulture. Mais dans ce métier, on apprend tous les jours. On ne finit jamais d'apprendre.»

Bien qu'elle quittera le Centre-Jardin Cloutier, la «Laroussette des fleurs» ne sera jamais bien loin d'une plate-bande, voire de son terrain de jeu. Elle est d'ailleurs bénévole à la Maison Mathieu-Froment-Savoie où elle s'occupe de l'aménagement paysager de l'endroit. «Et je vais aussi travailler bénévolement aux Mosaïcultures (internationales) cet été», dit-elle.

Et quel est le plus beau souvenir que Suzanne Legros Cloutier conservera de ses nombreuses années chez Botanix du pont Alonzo ?

«Les employés, répond-elle sans hésiter. Tous ces employés qui sont passés ici au fil des ans. On embauche beaucoup d'étudiants adolescents durant l'été. Et certains qui étaient ici autrefois reviennent aujourd'hui me voir avec leurs adolescents à eux. Ils viennent me demander si j'aurais un emploi pour leur fils ou leur fille. D'autres repassent régulièrement pour simplement me saluer. Ça me fait chaud au coeur. Et certains sont même devenus horticulteurs professionnels. Comme, par exemple, Louis Gagnon, le copropriétaire de Hydropothicaire (producteur de marijuana médicale) à Masson-Angers. Louis a travaillé ici.

«Il y a même des employés qui ont rencontré l'âme soeur ici, ajoute-t-elle en souriant. Il y a au moins trois couples qui sont rencontrés ici - ils travaillaient ensemble - et qui sont aujourd'hui mariés et parents de jeunes enfants», conclut-elle en riant.

Comme quoi l'endroit est une véritable pépinière... dans tous les sens du mot.




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