Alerte Bear

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CHRONIQUE / Chantal Paquet a perdu son chien. Un superbe bouvier bernois âgé de cinq ans et nommé Bear.

C'est arrivé le 21 mars dernier. Bear a été attiré vers un boisé situé dans la cour arrière de la résidence de ses maîtres et personne ne l'a revu depuis.

« Je l'ai vu se diriger vers le boisé, dit Mme Paquet. Je lui ai dit d'arrêter et, ordinairement, Bear serait immédiatement revenu à moi. Il m'écoute tout le temps. Mais cette fois-là, ça semblait plus fort que lui. Quelque chose l'attirait. Mon mari et moi l'avons cherché partout dans les heures et les jours qui ont suivi. On a cogné à toutes les portes du quartier. On a organisé des battues. Et on cherche toujours. » 

Il n'y a pas si longtemps, Mme Paquet aurait agrafé des photos de Bear sur les poteaux d'électricité, dans les commerces et un peu partout dans le secteur de l'Aéroport, à Gatineau, là où elle habite. Puis elle se serait croisé les doigts en espérant le retour de son meilleur ami, celui qui est toujours à ses côtés depuis qu'elle est en congé de maladie prolongé de la fonction publique fédérale.

Mais les temps ont bien changé. Et ce n'est plus sur les poteaux qu'on affiche la photo de son ami perdu, mais bien sur les réseaux sociaux. Et de « partage » en « partage », de « j'aime » en « j'aime » et de « clic » en « clic », c'est aujourd'hui pratiquement tout le Québec qui cherche le pauvre Bear !

La photo du chien et l'avis de recherche de ses maîtres - ou l'Alerte Bear - ont été partagés des milliers de fois sur Facebook. Mme Paquet a reçu des messages en provenance de Dorval, de Sainte-Julie en Montérégie, De Rivière-des-Prairies, de Trois-Rivières, de Laval, de Québec, de Rimouski et d'aussi loin que la Gaspésie. Des messages de gens qui se disent de tout coeur avec elle et qui l'assurent qu'ils ont l'oeil ouvert pour Bear. Elle a aussi l'appui et l'aide incessante du mouvement bénévole de l'Outaouais Les Anges Gardiens des Animaux. Et c'est sans parler de tous les internautes qui ont promis de prier saint Antoine de Padoue... 

« J'avoue que je suis surprise par tous ces partages sur Facebook et tous ces gens qui cherchent mon Bear, affirme Mme Paquet. C'est touchant de savoir que tant de gens veulent m'aider à le trouver. Et je reçois, en moyenne, une cinquantaine d'appels et autant de courriels par jour. Mais toujours rien. »

L'anecdote qui suit démontre bien l'étendue des réseaux sociaux.

Chantal Paquet raconte.

« Il y a quelques jours, j'ai reçu un appel d'une dame du secteur Angers qui croyait avoir aperçu Bear dans son quartier. Sa description de mon chien était assez fidèle. Alors mon mari et moi nous sommes rendus à Angers aussi vite que possible. Mais on roulait un peu trop vite et la police nous a arrêtés. Quand l'agent nous a dit qu'on roulait trop vite, je lui ai expliqué qu'on se rendait à Angers pour possiblement récupérer notre chien perdu depuis des semaines. Et l'agent de répliquer : 'Ah oui, Bear ! J'ai vu ça sur Facebook. Il est populaire, votre chien. J'espère que ce sera bien lui'. Et il nous a laissé aller sans nous remettre une contravention. Il était bien gentil, ce policier. »

Chantal Paquet visite la SPCA aux deux jours en espérant que son fidèle compagnon s'y trouvera. Et elle appelle régulièrement au ministère des Transports du Québec.

« Parce qu'on m'a dit que c'est la SPCA ou le ministère des Transports qui aurait Bear s'il avait été heurté par une voiture et retrouvé sur une route, explique-t-elle. Mais ni l'un ni l'autre n'a vu Bear depuis sa disparition. »

Puis il y a les voyants. Ces gens qui prétendent posséder un sixième sens pour les causes qui semblent perdues.

« Ça fait cinq qui m'appellent, raconte Mme Paquet. Et ces cinq voyants m'ont tous dit que Bear est toujours vivant et qu'ils sentent son énergie. Puis, il y en a une qui dit qu'elle parle aux animaux. Et elle m'a même indiqué dans quel territoire de la ville Bear se trouverait. Mais mon mari et moi avons fouillé ce territoire et cogné à toutes les portes, mais en vain. »

« Vous savez, c'est beaucoup plus qu'un chien qu'on recherche, poursuit la grand-mère de trois petits-enfants. C'est un membre de la famille qui a disparu. Mais ça, on ne le réalise pas avant qu'il ne soit plus là. Même moi, quand je voyais des gens chercher sans arrêt leur animal de compagnie, je me disais en moi-même : décroche. Mais on comprend mieux une fois qu'on le vit. On comprend la peine. On comprend le désarroi. Et on pleure beaucoup. »

Si jamais vous croisez un bouvier bernois qui répond au nom de Bear : Chantal Paquet au 613-606-7755. Ou sur Facebook...




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