Le combattant

Jacques Séguin, 65 ans, a appris il y... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Jacques Séguin, 65 ans, a appris il y a 14 ans qu'il était atteint de la maladie de Parkinson.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Quand les médecins ont dit à Jacques Séguin qu'il devra combattre la maladie, celui-ci les a pris au mot. Et depuis, il combat sa maladie en fessant dessus à grands coups de poing.

Jacques Séguin, 65 ans, a appris il y a 14 ans qu'il était atteint de la maladie de Parkinson. Originaire de Fournier, dans l'Est ontarien, cet enseignant de carrière aujourd'hui retraité ne s'est pas laissé abattre par le diagnostic. Bien au contraire. Il a plutôt décidé d'enfiler les gants et de défier la maladie les poings bien hauts.

Ce père de quatre filles et grand-père de sept petits-enfants est membre du Club de boxe Phoenix, sur l'avenue King Edward à Ottawa. Un club situé dans le même édifice que le Centre de conditionnement Champagne, autrefois appelé le Bain Champagne.

Deux fois par semaine, une douzaine de personnes atteintes de la maladie de Parkinson se réunissent à cet endroit pour frapper, à la Rocky Balboa, sur des sacs de sable suspendus. Mais il n'y a pas de combats entre ces boxeurs. Leur adversaire, c'est le sac de sable. Ce sac de sable est leur maladie. Leur maladie est l'adversaire.

« Et chaque fois que je combats, je gagne une journée de plus contre le Parkinson », lance M. Séguin en y allant d'une droite bien sentie sur la poche de sable. « La boxe est phénoménale, reprend-il. Elle me donne le contrôle sur mes tremblements et sur mon équilibre. Sur ma maladie, bref. La boxe m'aide à réduire mes médicaments et elle m'aide dans mes activités quotidiennes. La répétition, la flexibilité, le jeu de pieds et tout ça, ça m'aide beaucoup. Et de frapper sur une poche de sable, je vous le dis, ça fait du bien. Ça dégage ! », ajoute-t-il d'une gauche convaincante. 

Jacques Séguin avoue cependant qu'il a été ébranlé et qu'il a mis un genou au tapis quand le diagnostic est tombé, il y a 14 ans. « Ça te frappe comme un deux par quatre dans le front », lance-t-il.

« Mais finalement, on s'habitue, dit-il d'un haussement d'épaules. L'être humain peut s'habituer à n'importe quoi. Et je crois que ma plus grande qualité est ma capacité à m'adapter à de nouvelles situations. Alors je me suis habitué aux tremblements, au déséquilibre, aux problèmes de sommeil et toutes les autres choses qui viennent avec le Parkinson, et ça va bien. La vie est vraiment belle. »

L'entraîneur de boxe du Club Phoenix, Chris Weissbach, se dit impressionné par le courage de Jacques Séguin et des autres boxeurs de son club atteints de la maladie de Parkinson. « Ça fait 18 ans que je suis entraîneur, dit-il. J'ai travaillé avec des athlètes de haut niveau, dont certains joueurs des Sénateurs d'Ottawa. Et ce groupe de boxeurs qui combattent la maladie de Parkinson sont aussi dévoués, disciplinés et courageux que tout autre athlète que j'ai connu. C'est un privilège pour moi de travailler avec eux. » 

Le Club Phoenix tenait un marathon de boxe, jeudi matin. Un marathon auquel participaient les boxeurs de ce club atteints de la maladie de Parkinson. Regroupés en trois équipes de trois boxeurs, chacun devait y aller de 500 coups sur le sac de sable.

« Je dois frapper pendant 20 secondes, explique M. Séguin, et un coéquipier prend ensuite la relève pour frapper à son tour pendant 20 secondes. Les trois boxeurs se relaient comme ça pendant une demi-heure, ou jusqu'à ce que chaque boxeur ait frappé 500 coups sur le sac de sable. C'est donc un total de 1500 coups de poing en 30 minutes.

- Et la première équipe à terminer ce marathon remporte un trophée ?

«Non, répond-il, il n'y a pas de trophée. Notre trophée, c'est la satisfaction d'avoir réussi. C'est la satisfaction d'avoir gagné une journée de plus contre la maladie.»

Ce marathon se voulait aussi une collecte de fonds pour Parkinson Canada.

La dizaine de participants s'étaient fixés un objectif de 1000 $. Mais ils avaient déjà amassé près de 1600 $ avant même que débute le marathon de boxe. «Alors on a repoussé notre objectif à 2000 $», de dire M. Séguin.

Pour faire un don :

www.parkinsoncanada.ca




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