Amis jusqu'à la fin

La bénévole Lise Beaudoin, la vice-présidente du chapitre... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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La bénévole Lise Beaudoin, la vice-présidente du chapitre gatinois du mouvement Albatros, Marie-Claire Bourassa, et la présidente Louise Angers.

Patrick Woodbury, Le Droit

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Lise Beaudoin est une amie. C'est ce qu'elle fait dans la vie. Elle tisse des amitiés.

Mais elle sait que les amitiés qu'elle cultive seront éphémères. Quelques mois, quelques semaines, parfois à peine quelques jours. Mais ce n'est pas grave. Elle aura été une amie jusqu'à la fin. Et au-delà...

Retraitée de chez Postes Canada, Mme Beaudoin est bénévole pour le mouvement Albatros de Gatineau et La Lièvre. Un mouvement mis sur pied dans la région il y a trois ans et qui offre de l'accompagnement aux personnes en soins palliatifs ou en fin de vie. Le mouvement Albatros compte à ce jour 34 membres, et 12 d'entre eux accompagnent les gens en fin de vie.

Lise Beaudoin est de ce nombre. Et au cours des trois dernières années, cette Gatinoise a accompagné 10 personnes jusqu'à la fin de leur vie sur Terre.

Plutôt démoralisant comme bénévolat, diront certains. Peut-être.  

« Mais pour moi, c'est un privilège, affirme Mme Beaudoin. Je pense même que je reçois plus que je donne. Je ne peux pas me mettre à la place des gens que j'accompagne. Je ne sais pas ce qu'ils vivent en eux. Mais d'être capable d'être là pour eux, juste pour eux, c'est important à mes yeux. Je les accompagne jusqu'à la fin et ensemble on développe une relation spéciale et touchante.

«Je ne suis pas là pour la maladie, je suis là pour la personne, ajoute-t-elle. Ces gens ont eu toute une vie, ils ont vécu d'innombrables choses et ils ne veulent pas nécessairement parler de leur maladie. Alors on jase de toutes sortes de choses. On peut rire, on peut être triste ensemble. Et on n'a pas toujours besoin de se parler. Parfois, on peut juste se tenir la main et partager le silence. Et c'est bien.»

Lise Beaudoin se souvient particulièrement de cet homme qu'elle a accompagné jusqu'à la fin. Un homme avec qui elle a développé une profonde amitié pendant les mois où elle l'a visité chez lui.

«Un jour, raconte-t-elle, la soeur de ce monsieur m'a appelée pour me dire qu'il n'allait pas bien du tout. Alors je n'ai pas attendu et je suis partie tout de suite pour le voir. Et quand je suis entrée dans la chambre et que je me suis approchée de lui, il a rendu son dernier souffle. Comme s'il m'attendait pour pouvoir quitter. C'était triste, certes. Mais c'était pour moi un privilège de pouvoir lui parler une dernière fois. Et je l'ai remercié.»

Le mouvement Albatros du Québec a été fondé en 1980, à Trois-Rivières. Mais ce n'est qu'en 2014 que ce mouvement a vu le jour en Outaouais. Il s'agit d'un mouvement bénévole qui compte sur la générosité de ses membres et du public pour poursuivre sa mission d'accompagnement de toute personne en fin de vie, en plus d'offrir un répit aux familles et aux proches aidants. Tous les services du mouvement Albatros sont gratuits et les accompagnements se font surtout à domicile, mais aussi dans les hôpitaux, les maisons de soins palliatifs et les centres de soins de longues durées.

«Nous offrons une formation de 36 heures aux personnes qui désirent apprivoiser le deuil et la mort, explique la présidente du chapitre gatinois du mouvement Albatros, Louise Angers. Et les gens qui suivent cette formation ne sont pas obligés de devenir bénévoles accompagnateurs», précise-t-elle.

«Et nos bénévoles accompagnateurs ne sont pas des médecins ou des infirmières, enchaîne Marie-Claire Bourassa, vice-présidente du mouvement. Nos bénévoles sont là pour offrir une présence sécurisante, une totale discrétion et une écoute attentive sans jugement et sans conseil. On chemine avec la personne malade et on s'ajuste à son rythme. On tend la main à un autre être humain, sans discrimination d'aucune sorte.»

«Mais il faut que l'accompagnateur soit là à 100 %, reprend Lise Beaudoin. Il faut être authentique, il faut être vrai. Oui, c'est parfois très intense comme expérience. Et oui, on se dit parfois : 'ça pourrait être moi demain'. Et si je retiens une chose de tout ça, c'est qu'il faut vivre pour le moment présent. Il faut vivre pour aujourd'hui.»

Pour être bénévole ou pour offrir un don au mouvement Albatros de Gatineau : Marie-Claire Bourassa : 819-281-8716. Ou www.mouvementalbatros.org.




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