La relève de Kingston

Sydney Running, à l'avant, en compagnie d'Iman Gharib... (Denis Gratton, Le Droit)

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Sydney Running, à l'avant, en compagnie d'Iman Gharib et de Nathan Feuillat, trois fiers Francos de l'école secondaire publique Mille-Îles.

Denis Gratton, Le Droit

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CHRONIQUE / Ya-t-il une relève ? C'est une question qu'on se pose souvent dans la francophonie ontarienne.

Les jeunes prendront-ils fièrement le flambeau lorsque les plus vieux leur tendront ? Monteront-ils au front pour lutter pour leurs droits, pour leur langue et leur culture, pour leur place ?

Pour une réponse à toutes ces questions, il suffit d'aller faire un tour à Kingston, à l'école secondaire publique Mille-Îles.

Je vous ai parlé de cet endroit dans ma chronique de mercredi. Cette école secondaire de 87 élèves, de la 7e à la 12e année, se trouve dans le même édifice qu'une école élémentaire de 425 élèves et qu'une garderie d'une cinquantaine d'enfants. Et en 12e année de l'école secondaire Mille-Îles, on ne compte que six étudiants.

Six élèves qui ont leur école et la francophonie à coeur. « Des élèves résilients, engagés et persévérants », dira la directrice de l'école secondaire publique Mille-Îles, Élaine Constant. 

L'avantage Mille-Îles

J'ai rencontré deux de ces six élèves, lundi, ainsi qu'une étudiante de 11e année. Et je leur ai demandé pourquoi ils ont choisi de fréquenter l'école secondaire publique Mille-Îles.

« Parce que c'est mieux ici et parce que je veux compléter mes études en français », a simplement répondu Iman Gharib. Et les trois élèves s'entendaient pour dire que l'enseignement qu'ils reçoivent à l'école Mille-Îles est exceptionnel.

« Nous sommes mieux préparés pour l'université, pour le collège ou pour le marché du travail que la plupart des étudiants des autres écoles secondaires, a laissé tomber Nathan Feuillat, élève de 12e année. Il n'y a pas que des désavantages à fréquenter notre école. Et le plus grand avantage est l'enseignement offert ici. »

Nathan a sûrement raison. Parce que ces six élèves reçoivent un « enseignement personnalisé » - et en français - dans pratiquement tous leurs cours.

« Nous sommes trois élèves dans notre classe de chimie, explique Nathan, et trois dans notre classe de physique. Le "one on one" avec les profs est extraordinaire », ajoute-t-il. Iman est pour sa part seule dans son cours de biologie. Toute seule. C'est elle et l'enseignant, point à la ligne. « Et dans notre cours d'anglais, enchaîne Sydney Running, 12e année, nous ne sommes que deux élèves. On peut donc faire des débats entre nous deux », ajoute la jeune étudiante en riant.

Et après Mille-Îles ?

En septembre prochain, Nathan étudiera au Collège militaire royal de Kingston dans le but de devenir pilote pour l'Aviation royale canadienne.

Mais ce jeune homme est tellement volubile et éloquent que je lui ai dit qu'il ferait aussi un bon politicien. « Vous n'êtes pas le premier à me faire la remarque », m'a-t-il répliqué en souriant.

Iman, qui est en 11e année, terminera ses études secondaires à Mille-Îles l'an prochain. Et elle compte ensuite poursuivre ses études universitaires dans le but de devenir enseignante. « Je vais peut-être revenir enseigner ici un jour », rêve-t-elle.

Et Sydney a déjà été acceptée à l'Université d'Ottawa où elle étudiera en psychologie... en français. Et il faut lever notre chapeau à cette adolescente. Parce que Sydney est issue de parents anglophones. Sa famille et sa parenté sont anglophones. Tout son monde est anglophone. C'est elle qui a décidé sur un coup de tête qu'elle voulait faire ses études secondaires en français. Et rien n'allait l'arrêter. Et Sydney parle aujourd'hui un français impeccable.

Y a-t-il une relève, se demande-t-on parfois ?

À l'école secondaire publique Mille-Îles, poser la question, c'est y répondre.




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