Le vieux rêve de Mona Fortier

Mona Fortier a réalisé un vieux rêve lorsqu'elle... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit)

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Mona Fortier a réalisé un vieux rêve lorsqu'elle a été élue députée fédérale d'Ottawa-Vanier, le 3 avril dernier.

Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

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CHRONIQUE / « Dans ma tête, ça faisait 15 ou 20 ans que je me préparais pour ça. » La Franco-Ontarienne Mona Fortier a réalisé un vieux rêve lorsqu'elle a été élue députée fédérale d'Ottawa-Vanier, le 3 avril dernier, pour succéder au regretté Mauril Bélanger.

« Ma passion pour la politique a débuté quand j'étais membre de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), se souvient-elle. Puis c'est à l'Université d'Ottawa que je me suis impliquée avec le Parti libéral du Canada. J'ai travaillé à l'époque (en 1995) pour l'équipe de Charles Boyer, qui était candidat à l'investiture libérale dans Ottawa-Vanier, contre Mauril Bélanger. Mais je me suis vite ralliée à Mauril lorsque celui-ci a remporté l'investiture, et il est devenu mon mentor. Et j'ai travaillé pour lui lors des huit campagnes électorales qu'il a remportées. »

Titulaire d'un baccalauréat en sociologie de l'Université d'Ottawa et mère de trois enfants âgés de 15, 13 et neuf ans, Mona Fortier, 44 ans, a surtout fait carrière en communications et en relations publiques, notamment à titre de directrice des communications du collège La Cité pendant plus de six ans. Mais elle a démissionné de ce poste à La Cité en avril 2014 pour, justement, préparer son saut en politique. Et ce, même si Mauril Bélanger avait décidé de solliciter un huitième mandat à l'élection fédérale de 2015.

« J'ai quitté un employeur et une sécurité d'emploi incroyables pour me diriger vers mon rêve, dit-elle. J'ai été voir Mauril (en avril 2014) pour lui dire : "je veux que tu saches que lorsque tu seras prêt (pour la retraite), que je veux me présenter pour te succéder". Il m'a répondu qu'il n'y voyait aucun problème, mais que c'était à moi de la gagner (la course à l'investiture). Puis, il m'a offert la coprésidence de sa campagne électorale de 2015.

«Je suis très fière d'avoir été élue députée d'Ottawa-Vanier, poursuit-elle. Et comme première femme élue à ce poste, je vais peut-être apporter une autre saveur dans la façon de faire. Je veux faire ma marque. Oui, je vais prendre l'héritage de Jean-Robert Gauthier et de Mauril Bélanger. Mais je veux aussi porter mes propres souliers. Eux, ils ont chaussé de très grands souliers. Et ils ont fait leur marque.»

Ottawa bilingue

Mona Fortier est en faveur du bilinguisme officiel pour la Ville d'Ottawa. Elle a même oeuvré au sein du Mouvement pour une capitale du Canada officiellement bilingue. «J'ai travaillé avec ce groupe et avec l'ACFO d'Ottawa,» précise-t-elle.

Mais malgré son implication dans ce dossier, la nouvelle députée d'Ottawa-Vanier reste plutôt vague en ce qui a trait aux gestes qu'elle compte poser au sein du caucus de Justin Trudeau pour faire avancer les choses.

« Je n'ai pas encore de plan de match, avoue-t-elle. Je veux parler avec mes collègues. Je veux voir comment le fédéral peut s'impliquer. J'ai besoin de naviguer dans tout ça un peu, de m'asseoir et d'essayer de comprendre ce qu'on pourrait faire et à quel niveau je peux intervenir. Mais j'ai fait campagne pendant six mois et je n'ai jamais eu peur de dire aux gens que j'y crois (à une capitale officiellement bilingue). Mais j'ai remarqué que les gens sont préoccupés davantage par leur pension, par leur emploi, par la santé, le logement social et l'environnement. Mais le bilinguisme officiel pour la Ville d'Ottawa, je dirais que ce sont surtout les groupes d'intérêt et les médias qui ont soulevé la question.

«Je veux travailler avec les gens dans ce dossier, poursuit-elle. Mais je ne pense pas de pouvoir être le sauveur de ce projet-là. Mais j'ai un rôle à jouer. Comme Nathalie Des Rosiers (députée provinciale d'Ottawa-Vanier) et Marie-France Lalonde (ministre provinciale déléguée aux Affaires francophones) ont elles aussi un rôle à jouer. Et la chose la plus importante, c'est que je suis prête à jouer un rôle.»

Mona Fortier est née à l'Hôpital Montfort et a grandi à Ottawa. Première femme à être élue dans la circonscription d'Ottawa-Vanier, elle a comme modèle Rolande Faucher, l'ancienne présidente de l'ACFO provinciale et du MIFO, de même que la chanteuse et imitatrice Véronic DiCaire. «La persévérance, pour moi, c'est Véronic DiCaire, lance-t-elle. Elle a travaillé tellement fort pour se rendre où elle est aujourd'hui.» Mais Mona Fortier a aussi une autre idole : son grand-père, Albert Fortier. Même si elle ne l'a jamais connu.

«Mon grand-père était président d'un conseil scolaire (dans le Nord de l'Ontario), raconte-t-elle. Et il était analphabète. Il ne savait ni lire, ni écrire. C'était son grand secret. Il ne l'a jamais dit. C'est mon père qui, à titre de secrétaire du conseil scolaire, lui préparait tous ses dossiers. Et mon grand-père était toujours prêt pour les réunions. Quand il tournait une page, il savait exactement ce qu'il y avait sur la prochaine page. Il était un homme qui donnait et redonnait beaucoup à sa communauté. Il était très impliqué. Et je pense que nous avons des similarités, lui et moi, en termes de persévérance, d'implication et de débrouillardise.»




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