T'aurais dû voir ça

Les artistes franco-ontariens se sont succèdés sur scène... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Les artistes franco-ontariens se sont succèdés sur scène mercredi à la Place TD.

Etienne Ranger, Le Droit

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CHRONIQUE / T'aurais dû voir ça, Michel. Tous les sièges étaient occupés. Comme il y a 20 ans. Mais cette fois-ci, les Franco-Ontariens sont venus pour fêter. Pas pour lutter. Mais comme il y a 20 ans, ils sont surtout venus par solidarité. Et c'était beau à voir, Michel.

Tes bons amis, Me Ronald Caza et Dr Julie Lockman, ont animé la soirée. Et comme dirait tante Gisèle : « Ils ont fait ça comme des grands ».

Parlant de tante Gisèle, mon frère, t'aurais eu des frissons, comme j'en ai eus, lorsqu'elle est montée sur la scène de la Place TD et que la foule s'est spontanément levée pour l'ovationner. Et l'ovation a duré de longues minutes. Tante Gisèle n'a pas eu à parler. Elle n'a pas eu à crier. Elle a simplement brandi bien haut le drapeau franco-ontarien et les quelque 3000 spectateurs ont compris ce qu'elle voulait dire par son sympathique sourire : mission accomplie, chers amis ! T'aurais dû voir ça, Michel. 

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, avait auparavant pronnoncé un bref discours. Et pendant qu'il parlait, il y a des gens dans la foule qui se sont mis à crier : « Ottawa bilingue !» Pauvre maire Watson. Je ne l'ai jamais entendu parler si vite en français ! Mais les cris ont finalement cessé. Et le maire a terminé son allocution en prononçant la date du 22 mars 2017 comme la « Journée de la solidarité franco-ontarienne ». Bien gentil de sa part.  

Les artistes franco-ontariens se sont succédés sur scène, comme il y a 20 ans. Et les nouveaux sont aussi bons que les « vieux ». Puis le seul et unique Zachary Richard a surpris un peu tout le monde en venant chanter une chanson qu'il a dédiée à sa bonne amie, Gisèle Lalonde. T'aurais dû voir ma tante à l'entracte, Michel ! Elle était tellement fière que « son » Zachary soit venu la saluer. Elle flottait. Mais c'était beaucoup plus que la visite de son ami louisianais qui la rendait si heureuse. Je pense que c'était de voir tout « son monde » venu se rappeler la fois qu'on a crié avec elle : « Montfort fermé : jamais !». 

Puis après cette entracte, Michel, on t'a salué. Oui, toi. En fait, on a présenté une vidéo dans laquelle on a remercié quatre grands Franco-Ontariens pour leur contribution exceptionnelle à la francophonie ontarienne et à la francophonie tout court. Quatre grands qui sont passés de l'autre côté depuis le Grand Ralliement SOS Montfort de mars 1997.

Donc tu peux dire à Jean-Robert, Mauril et Paul qu'on ne les a pas oubliés. Comme on ne t'a pas oublié Michel. Que vous êtes toujours dans nos coeurs. Et que vous étiez là avec nous, mercredi soir, comme vous étiez là avec nous il y a vingt ans.

C'était une belle soirée, Michel. C'était bien. C'était bon. C'était comme une gang de vieux chums qui ne se sont pas vus depuis 20 ans, puis qui se rassemblent par un beau soir de mars pour se rappeler, pour rire et pour fêter.

Les visages n'ont pas tellement changés. Les sourires non plus. Bof ! Quelques rides de plus ici et là, quelques plis aussi. Mais des rides de sagesse, se dira-t-on pour tenter de se convaincre qu'on ne vieillit pas si vite que ça.

Mais déjà 20 ans. Ouf ! Le temps a filé.

Mais quand les artistes se sont réunis sur scène pour clore le spectacle en chantant ensemble « Notre place », on s'est rappelé. On s'est rappelé d'il y a 20 ans. On s'est rappelé pourquoi nous étions à nouveau là, mercredi soir. Et le mot « fierté » a pris tout son sens.

T'aurais dû voir ça, Michel.




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