Les 16 travaux de Mathieu

Jim Watson et Mathieu Fleury ne parviennent pas... (Etienne Ranger, archives Le Droit)

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Jim Watson et Mathieu Fleury ne parviennent pas à s'entendre sur la question du bilinguisme à Ottawa.

Etienne Ranger, archives Le Droit

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CHRONIQUE / Je ne sais pas si la réponse du conseiller municipal d'Ottawa, Mathieu Fleury, est censée encourager les francophones de la capitale nationale, mais personnellement, elle me démoralise.

C'est connu, le conseiller du quartier Rideau-Vanier est en faveur du bilinguisme officiel pour la Ville d'Ottawa. M. Fleury l'est publiquement depuis le tout début de cet interminable débat, et on ne peut que le remercier et le féliciter d'avoir le courage de ses convictions.

Mais ce qui est aussi connu, c'est que le maire d'Ottawa, Jim Watson, est catégoriquement contre le bilinguisme officiel pour la capitale du pays. Et semble-t-il que rien, mais absolument rien ne le fera changer d'idée.

Mais l'entêtement du maire sur cette question n'est pas si grave, croit le conseiller Fleury. Il y aurait même « moyen de moyenner », selon lui. Peu importe la position du maire Watson.

Un lecteur du Droit a écrit à M. Fleury, il y a deux semaines, pour lui demander quels efforts celui-ci met de l'avant pour que la capitale du Canada devienne à l'instar de celui-ci : officiellement bilingue. Voici la réponse intégrale du conseiller Fleury :

« Je suis aussi déçu de l'attitude du maire dans ce dossier. Nous continuons à travailler sans relâche pour convaincre non seulement le maire, mais aussi les autres membres du conseil. Il ne faut pas oublier que le maire ne représente qu'un vote à la table du conseil. Nous tentons par tous les moyens de convaincre un maximum de 16 élus afin de faire d'Ottawa une ville bilingue. Nous n'avons pas nécessairement besoin du vote du maire dans ce dossier, spécialement si la majorité des élus sont d'accord. Par contre, je dois avouer que cela rend la tâche plus difficile.

«Notre but ultime demeure toujours de faire d'Ottawa une ville bilingue avant la fin des célébrations du 150e.

«Bonne journée.

- Mathieu Fleury».

Et bien voilà. C'est sa réponse. Au diable le maire Watson, se dit le conseiller Fleury, et convainquons plutôt 16 conseillers municipaux de voter pour le bilinguisme officiel pour la Ville d'Ottawa.

C'est bien beau tout ça. Mais de convaincre 16 élus sur 23 de voter contre leur maire - sur une question de langues officielles de surcroît - relève des «douze travaux d'Hercules». Mais dans ce cas-ci, on parle plutôt des «seize travaux de Mathieu». Et la tâche est colossale. Voire quasi irréalisable.

En novembre dernier, TFO a posé la question qui suit aux 23 conseillers municipaux d'Ottawa : «Appuieriez-vous le bilinguisme officiel de la Ville d'Ottawa si la démarche n'impose pas de coûts additionnels et ne cause pas de pertes d'emploi ?» (À souligner que la même question a été posée lors d'un sondage auprès des résidents d'Ottawa, en juillet dernier, et que 72 % de ceux-ci ont répondu «oui».)

Donc à cette question, cinq conseillers d'Ottawa ont répondu «oui». Et cinq ont répondu «non». Six en incluant le maire. Il reste donc 13 élus.

Et de ce groupe de 13 conseillers dits «indécis», quatre ont imité le maire Watson en répondant que la politique de bilinguisme présentement en place fonctionne bien. Et quatre autres ont trouvé la question peu pertinente. Les cinq autres élus préfèrent attendre que la motion soit déposée avant de se prononcer.

Donc faites le calcul. Pour obtenir l'appui de 16 collègues à la table du conseil municipal, le conseiller Fleury devra convaincre 11 des 13 «indécis», alors que huit d'entre eux s'affichent clairement dans le camp du maire Watson.

Bonne chance avec ça...

Mais sait-on jamais. Mathieu Fleury a bien écrit dans sa lettre qu'il «travaille sans relâche pour convaincre les autres membres du conseil». Et peut-être y parviendra-t-il. 

Peut-être.

Et si jamais il réussit ce miracle, eh bien c'est simple, il ne restera plus qu'à le canoniser.




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