Le mois de la marmotte

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CHRONIQUE / Février est le mois de la marmotte à l'hôtel de ville d'Ottawa. Et si on procède à une autre embauche controversée en février 2018, on pourra alors parler sans se tromper d'une tradition.

On recule d'un an, en février 2016. La Ville d'Ottawa procède alors à l'embauche de Steve Kanellakos au poste de directeur général de la Ville. Le hic, c'est que M. Kanellakos est unilingue anglophone, alors que son poste est désigné bilingue à l'embauche. La politique du bilinguisme de la Ville d'Ottawa stipule toutefois que si un candidat ne répond pas aux exigeances linguistiques à l'embauche, celui-ci doit atteindre les compétences linguistiques du poste en suivant une formation offerte par la Ville. Ce que M. Kanellakos a promis de faire.

A-t-il tenu promesse ? Peut-il, un an plus tard, communiquer en français ? Les cours de français commencent-ils porter fruit ?

Sais pas. Peut-être que oui. Peut-être que non. Mais jeudi matin, j'ai communiqué avec le bureau des relations avec les médias de la Ville d'Ottawa afin d'obtenir une entrevue de cinq minutes - en français - avec M. Kanellakos. Je voulais justement lui demander si son français progressait et s'il suivait toujours des cours pour apprendre notre langue.

On m'a rappelé trois heures plus tard pour me dire que le directeur général de la Ville ne serait pas disponible de la journée pour m'accorder cette brève entrevue. Qu'il avait d'autres chats à fouetter, quoi. J'ai donc réitéré ma demande pour obtenir une entrevue - en français - avec M. Kallenakos en début de la semaine prochaine. À suivre...

Revenons maintenant à aujourd'hui, c'est-à-dire en février 2017, mois de la marmotte à Ottawa.

On apprenait mercredi que la Ville a embauché Stephen Willis à la tête de la direction générale de la planification, de l'infrastructure et du développement économique. «Une grosse job», quoi. Une grosse job également désignée bilingue à l'embauche.

M. Willis est-il bilingue ? Non. La marmotte, souvenez-vous. Mais tout comme M. Kanellakos, il a obtenu une exemption à la politique du bilinguisme afin d'accroître ses compétences dans la langue de Molière.

On a donc embauché deux cadres unilingues anglophones en deux ans, mais en «obligeant» ceux-ci à poursuivre leur apprentissage du français.

Mais ces promesses d'apprendre l'autre langue officielle (du pays) sont de la poudre aux yeux des contribuables francophones d'Ottawa. Un pied-de-nez aux Franco-Ontariens.

Je ne remets pas en question la bonne volonté des deux hommes en question. Je devine que Messieurs Kanellakos et Willis aimeraient sûrement maîtriser les deux langues officielles (du pays). Mais ces deux cadres, avec toutes les reponsabilités et les tâches qui leur incombent, ont-ils le temps d'apprendre le français ? Permettez-moi d'en douter.

D'ailleurs, TFO dévoilait l'an dernier qu'entre 2010 et 2014, les employés de la Ville d'Ottawa touchés par cette formation linguistique dite obligatoire ont consacré à leurs cours de français de 30 à 40 heures... par année. Vous avez bien lu: par année. Ce n'est même pas l'équivalent d'une heure par semaine !

Connaissez-vous quelqu'un qui pourrait apprendre une seconde langue en consacrant à ses cours moins d'une heure par semaine ? Poser la question, c'est y répondre.

Mais en ce mois de la marmotte à Ottawa, le maire Jim Watson est de toute les tribunes pour répéter que la politique du bilinguisme à la Ville fonctionne bien, et que le bilinguisme officiel pour la capitale d'un pays officiellement bilingue est inutile.

On peut presque l'entendre fredonner: «Tout va très bien, Madame la Marquise. Tout va très bien...»

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