La «patenteuse» de l'UQO

Stéphanie England, une étudiante en génie informatique à... (PATRICK WOODBURY, LeDroit)

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Stéphanie England, une étudiante en génie informatique à l'UQO, et son E9 Audio.

PATRICK WOODBURY, LeDroit

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CHRONIQUE / Le frigo est brisé dans la cuisinette du conseil des étudiants en génie de l'Université du Québec en Outaouais (UQO). Pas grave, se dit-on là-bas. Stéphanie va le réparer. Et elle l'a réparé.

Stéphanie England, 23 ans, de Gatineau, est étudiante en génie informatique à l'UQO. Et pour elle, réparer des objets, tel le frigo « communautaire » à l'université, est un jeu d'enfant. Et quand on lui demande depuis quand elle a ce talent pour la réparation d'appareils et d'autres objets, elle répond en souriant : « depuis que je sais marcher ».

Stéphanie est une « patenteuse », quoi. Mais aussi une inventrice.

Elle avait neuf ans quand son père lui a demandé de réparer le lave-vaisselle de la cuisine familiale. Ce qu'elle a accompli en deux temps, trois mouvements. Elle avait 17 ans quand elle s'est procurée une vieille moto Honda 500 fabriquée en 1979 et vendue en pièces détachées. Elle a remontée cette moto laissée pour compte, elle l'a réparée, elle lui a redonnée vie et, aujourd'hui, sa moto est devenue un objet de collection qui pourrait facilement chercher plusieurs milliers de dollars. « Mais elle n'est pas à vendre, de préciser Stéphanie. C'est mon bébé, cette moto, quand l'été arrive. »

Stéphanie England est de plus une musicienne accomplie qui maîtrise plusieurs instruments de musique. « Mais la guitare est ma force », dit-elle, elle qui a remporté, il y a quelques années, le prix « Coup de coeur » à la compétition annuelle « Secondaire en spectacle ».

Et bien qu'elle soit aussi talentueuse en musique qu'en réparation et qu'en ingénierie informatique, Stéphanie rêvait de faire carrière dans la WNBA (Women's National Basketball Association), soit la plus prestigieuse ligue de basketball pour femmes au monde. « Mais il y a six ans, je me suis déchirée un ligament au genou gauche juste avant de participer aux Jeux du Québec, se souvient-elle. Et cette blessure a pas mal mis fin à mon rêve de faire carrière dans ce sport. »

Donc si une croix est tracée sur cette carrière, vers quoi Stéphanie se tournera-t-elle ? Vers une carrière comme ingénieure ? Ou vers une carrière en musique ?

L'INVENTRICE

La réponse se trouve peut-être dans un appareil que Stéphanie a conçu. Un appareil de la grosseur d'une petite barre de savon de chambre d'hôtel, mais pour lequel l'étudiante en génie informatique voit gros.

Elle a nommé son invention : le E9 Audio. Il s'agit d'une petite boîte équipée d'un circuit et d'une prise dans laquelle on peut brancher des casques d'écoute, des haut-parleurs, une console de jeux vidéo etc, afin d'établir une connexion Bluetooth sans fil. Et le fait que le E9 Audio soit compatible avec plusieurs formats rend ce produit unique.

« Je peux par exemple brancher le E9 Audio dans la prise audio d'une vieille radio, connecter mon iPhone et ainsi écouter ma musique iTunes sur la vieille radio, explique-t-elle. Et on peut faire la même chose avec de vieux haut-parleurs ou d'autres appareils, comme par exemple un tourne-disque », ajoute-t-elle.

Son invention sera bientôt brevetée - « j'ai la propriété intellectuelle », dit-elle - et Stéphanie en a, jusqu'à aujourd'hui, fabriqués neuf. Mais pour commercialiser le E9 Audio et lancer sa production à plus grande échelle, l'étudiante doit amasser la somme de 30 000 $. Pour l'aider (et du même coup se procurer l'appareil en question), il suffit de visiter le site www.kickstarter.com et taper le nom : E9 Audio.

Certains diront qu'il est plutôt rare de voir une jeune femme exceller en réparation de toute sorte et poursuivre ses études en génie informatique. Et c'est vrai. Seulement 3 % des étudiants inscrits en génie à l'UQO sont des femmes.

Mais demandez à Stéphanie England pourquoi elle a chosi ce chemin, et sa réponse est toute prête : « parce que nous sommes en 2017 ».

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