Mon oncle Gérard

Gérard Deschamps reçoit une fleur de soeur Lois... (Martin Roy, Le Droit)

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Gérard Deschamps reçoit une fleur de soeur Lois Mathieu.

Martin Roy, Le Droit

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On célébrait la longue carrière de mon oncle, dimanche, à l'église Notre-Dames-de-Lourdes, à Vanier. Mon oncle Gérard.

Bien... moi je l'appelle « mon oncle ». Mais les gens l'appellent Monseigneur. Mgr Gérard Deschamps. Le tout premier évêque natif de Vanier. Ce n'est pas rien. Et à l'époque, de compter un évêque parmi les siens valait autant que de compter dans sa famille une vedette de la Ligue nationale de hockey ou une vedette du cinéma et du spectacle. Et si vous passez dans le secteur Vanier et que vous empruntez la rue Deschamps, vous saurez dorénavant que cette rue résidentielle, autrefois nommée la rue John, a été rebaptisée Deschamps dans les années 1960 en l'honneur de mon oncle Gérard.

On a donc célébré ce grand homme dimanche pour son 50e anniversaire d'épiscopat. Le 21 janvier 1967, mon oncle Gérard était ordonné évêque de Daru-Kiunga, en Papouasie (Nouvelle-Guinée). Et mon oncle a passé 42 ans de sa vie là-bas comme évêque missionnaire avant de rentrer chez lui, à Vanier, au Canada.

Quarante-deux ans, imaginez. Plus de quatre décennies loin des siens. Plus de quatre décennies à propager la « bonne nouvelle » au sein d'un peuple qui voyait l'arrivée de « l'homme blanc » comme un extraterrestre descendu droit du ciel. Plus de quatre décennies à faire de la Papouasie-Nouvelle-Guinée ce que ce pays est devenu aujourd'hui. Ce n'est pas rien, disais-je.

Et il y avait beaucoup de monde, dimanche, à l'église Notre-Dame-de-Lourdes. Les pères Montfortains sont venus en grand nombre honorer l'un des leurs. Il y avait une délégation de soeurs de la congrégation des Filles de la Sagesse. Il y avait des Vaniérois d'un certain âge qui se souvenaient de cette journée de janvier 1967, à la cathédrale Notre-Dame d'Ottawa, quand le fils d'Ovila et Alice Deschamps a été ordonné évêque. Puis il y avait des membres de la famille, dont la soeur de mon oncle Gérard, Gisèle. Elle, on l'appelle « la grande dame de l'Ontario français ». Moi, je l'appelle « ma tante ». Et la rue qui portera un jour son nom se nommera Gisèle-Lalonde.

Donc tout ce beau monde s'est rassemblé dimanche pour lever son chapeau à mon oncle Gérard. Et ce dernier en a été profondément touché. Et bien qu'il soit toujours aussi vif d'esprit, malgré ses 86 ans (ou est-ce 87 ?), c'est très humblement qu'il a accepté toute cette attention, cette affection et toutes ces félicitations. Comme s'il n'avait fait que son devoir. Comme si, dans sa tête, n'importe qui aurait pu accomplir ce qu'il a accompli durant ses 42 années en mission à l'autre bout du monde.

Plutôt ironique, puisque tout le monde présent à l'église dimanche se demandait : « mais comment a-t-il fait pour passer 42 ans là-bas ? »

En fait, ce que mon oncle a accompli durant ses 50 années d'épiscopat est surhumain. Je dirais même divin.

Félicitations Monseigneur Deschamps. D'un fier neveu qui se sait vraiment privilégié de pouvoir vous appeler affectueusement et simplement : mon oncle Gérard.

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