Un peu de chaleur humaine

Benoit Leblanc, fondateur du mouvement citoyen Itinérance Zéro,... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit)

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Benoit Leblanc, fondateur du mouvement citoyen Itinérance Zéro, est à la recherche d'une halte chaleur où les sans-abris du Vieux-Hull pourraient se réfugier et se réchauffer lors des grands froids.

Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

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CHRONIQUE / Ce n'est pas un organisme sans but lucratif. Il n'est pas incorporé et n'est pas dirigé par un conseil d'administration. Il ne fait pas de sollicitation. Il ne reçoit pas de subvention gouvernementale et n'accepte aucun don en argent du public ou de qui que ce soit. Et plus les années passent, plus ce mouvement prend de l'ampleur.

Itinérance Zéro. C'est le nom de ce mouvement citoyen qui a débuté très discrètement il y a environ quatre ans, mais qui compte aujourd'hui plus de 1900 « membres » sur sa page Facebook. « Et le nombre de membres grimpe d'année en année », dit son fondateur, le Gatinois Benoit Leblanc.

Itinérance Zéro vient en aide - comme le dit son nom - aux itinérants du Vieux-Hull et du Vieux-Gatineau. Son but est d'apporter une aide immédiate aux sans-abri et aux gens dans le besoin.

« Nous ne sommes pas là pour remplacer le Gîte Ami ou tout autre organisme, explique M. Leblanc. Nous, notre mandat, si on peut dire ainsi, c'est de répondre aux besoins immédiats, aux carences du moment présent. Nous sommes une quinzaine de membres actifs dans le mouvement et nous ne sommes pas des travailleurs de la rue, ou des travailleurs sociaux, ou encore des spécialistes en toxicomanie. On ne fait pas d'intervention, ni de suivis. Mais si, par exemple, le Gîte Ami est plein un soir d'hiver et qu'il fait moins 30 degrés dehors, ou si une mère monoparentale a un besoin immédiat pour ses enfants, nous serons là pour aider bénévolement. Mais nous ne sommes pas là pour en faire une carrière. On veut simplement créer un mouvement citoyen qui, on l'espère, deviendra éventuellement autonome. »

La façon de fonctionner d'Itinérance Zéro est bien simple. Lorsqu'un besoin est signalé, un « S.O.S. » est lancé sur Facebook. Chacun des 1900 membres est ensuite libre d'aider en offrant un peu de temps, un vêtement usagé, un meuble ou encore un appareil ménager, tout dépendant du besoin signalé. « Mais nous n'acceptons pas d'argent », insiste le fondateur de ce mouvement citoyen.

Benoit Leblanc est également propriétaire d'une remorque avec laquelle il circule le soir dans le Vieux-Hull, et dans laquelle les sans-abri peuvent trouver refuge lors des grands froids.

« Cinq personnes ont profité de cette remorque, il y a quelques jours, quand il a fait très froid, dit-il. Je la stationne tout près du Gîte Ami et les sans-abri la reconnaissent. Et plus tard le soir, je vais faire un dernier tour dans le Vieux-Hull pour m'assurer qu'il n'y ait personne d'oublié et que personne ne passera la nuit dans la rue et le froid. »

Itinérance Zéro souhaite maintenant obtenir une rencontre avec le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, afin de trouver un local dans le Vieux-Hull. Une « halte chaleur », précisera M. Leblanc, où les sans-abris pourront s'arrêter lorsque le mercure chute sous la barre des moins 15 degrés.

« On cherche un local bien simple où les gens pourraient s'arrêter pour se réchauffer et, peut-être, prendre un café et une bouchée, explique M. Leblanc. Et idéalement, nous aurions aussi une sécheuse dans laquelle les sans-abri pourraient faire sécher leurs bas. Ces gens marchent à longueur de journée. Et souvent, leurs bas sont détrempés. En fait, tout ce qu'on demande, c'est un simple local où les sans-abris pourraient trouver un peu de chaleur, et un peu de chaleur humaine. J'espère que le maire Pedneaud-Jobin acceptera de nous rencontrer et de nous aider dans nos recherches pour cette halte chaleur. »  

Benoit Leblanc, 47 ans, est propriétaire d'une entreprise d'entretien paysager. « Je suis très occupé l'été, dit-il. Et l'hiver, je donne bénévolement de 30 à 50 heures par semaine à Itinérance Zéro. J'avais un ami qui était devenu itinérant. Je l'ignorais. Personne ne m'en avait parlé. Même sa famille ne savait pas qu'il était rendu si bas. Puis un jour d'hiver, il s'est enlevé la vie. Donc aujourd'hui, je fais ce que je peux et je tente d'aider à ma façon afin qu'une telle chose ne se reproduise plus. »

Pour de plus amples renseignements sur Itinérance Zéro : Benoit Leblanc, 819-923-9110.

Page Facebook : Itinérance ZÉRO.

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