Guy Corneau: vivre sa vie autrement

Guy Corneau avait éliminé, ou diminué, le stress... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Guy Corneau avait éliminé, ou diminué, le stress dans sa vie. Mais depuis avril 2007, il avait aussi retrouvé goût à la vie.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Guy Corneau est décédé jeudi à l'âge de 65 ans. Auteur de plusieurs livres dont le best-seller Père manquant, fils manqué sorti en 1989, M. Corneau était aussi psychanaliste, animateur et conférencier.

Je ne l'ai rencontré qu'une seule fois. C'était en avril 2012, dans le cadre de la série des Grandes entrevues du samedi. Et j'ai en souvenir une agréable et chaleureuse rencontre avec un battant, un fonceur, un homme qui défiait et narguait la mort depuis cinq ans.

En avril 2007 - donc cinq ans plus tôt - Guy Corneau a appris qu'il était atteint d'un cancer de grade 4. Et il n'y a pas de grade 5. Son cancer, qui touchait la rate, l'estomac et les deux poumons, était en phase terminale. 

Comment alors a-t-il réussi à vivre, et vivre pleinement, durant presque dix autres années ? Comment a-t-il fait pour défier cette satanée maladie et ajouter presque une décennie à sa vie, lui qui, selon la médecine, les pronostics et la logique, était condamné ? Où a-t-il puisé l'énergie pour rédiger en 2010 son livre Revivre !, dans lequel il raconte sa lutte contre le cancer ?

Je suis allé relire le compte-rendu de notre entretien pour tenter de trouver une réponse ou deux à ces questions. Guy Corneau ne se disait pas guéri du cancer. Il savait bien qu'on ne guérit pas de cette maladie quand elle a atteint sa dernière phase. Mais il m'avait parlé de médecines complémentaires, d'acuponcture, de méditation, de meilleure alimentation et de visualisation. 

Et il m'avait aussi parlé du stress qui, selon lui, est un élément déclencheur du cancer. Ce stress qu'il vivait au quotidien avant la maladie et qu'il croyait apprivoisé. Voici ce qu'il m'avait dit:

«Le stress va venir jouer sur nos fragilités et nos prédispositions. Moi, j'avais beaucoup de stress. J'avais mon émission de télévision, mes tournées internationales (comme conférencier), j'écrivais mon livre. Il y avait comme une vie de trop là-dedans et ça n'avait pas de bon sens. C'était passionnant et intéressant, mais trop stressant. Quand on est capable de prendre le stress comme un défi, c'est stimulant. Mais à un moment donné, le stress devient une détresse. Quand tu fais trop de choses à la fois, il n'y a plus de place pour le ressourcement. Nous sommes comme des moteurs à deux temps. Une partie de nous est action et expression, et l'autre a absolument besoin de repos et de ressourcement. Et quand on est juste en mode action, à un moment donné, ça craque».

Guy Corneau avait donc éliminé, ou diminué, le stress dans sa vie. Mais depuis avril 2007, depuis le diagnostic, il avait aussi retrouvé goût à la vie. C'est-à-dire qu'il profitait maintenant de chaque moment, sachant que sa maladie pourrait réattaquer sans avertissement.

«Quand tu passes très près de mourir, tu regardes la vie différemment, m'avait-il confié. Je suis maintenant quelqu'un qui goûte beaucoup plus à la vie. J'ai rencontré beaucoup de survivants du cancer au cours de la dernière année et la plupart d'entre eux m'ont dit: «moi avant le cancer et moi après le cancer n'est pas la même personne». Et quand je leur demande qu'est-ce qui a vraiment changé, ils répondent toujours: «je goûte plus à la vie». Notre goût de vivre est vraiment stimulé. On retrouve ce qui nous donne le goût de vivre et on se donne du temps pour ces choses-là».

Réduire le stress. Se ressourcer. Prendre le temps pour les doux moments de la vie et savoir goûter à ceux-ci. Des petits gestes qui peuvent paraître bien simples, bien anodins.

Mais qui, dans ce monde devenu si vite, nous échappent de plus en plus souvent...

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