L'éternel optimiste

Le drapeau franco-ontarien... (Etienne Ranger, Archives Le Droit)

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Le drapeau franco-ontarien

Etienne Ranger, Archives Le Droit

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Je ne suis qu'un éternel optimiste, j'en conclus... Je me dis parfois que les anglophones du Canada finiront bien par comprendre que le bilinguisme est un atout, une force, une richesse. Et de petits signes, de petits gestes, viennent de temps à autre m'encourager.

Comme ce court séjour d'à peine une semaine que j'ai effectué le printemps dernier en Saskatchewan. J'ai rencontré là-bas de jeunes (et moins jeunes) Fransaskois qui luttent courageusement et quotidiennement pour préserver leur langue et leur culture. Des gens qui s'accrochent à des bouées dispersées dans une mer anglophone. Des bouées comme la télé et la radio de Radio-Canada, les organismes comme l'Assemblée communautaire fransaskoise, et le journal de langue française, L'Eau vive, pour ne nommer que ceux-ci.

Ces gens croient en leur lutte. Ils la savent juste. Et ils peuvent aussi compter sur certains groupes anglophones qui croient autant qu'eux dans un bilinguisme canadien, tel l'organisme Canadian Parents for French qui est très actif dans cette province de l'Ouest. C'est encourageant, ça.

Plus près d'ici, ce qui me rassure un peu lorsque je visite une école élémentaire francophone de la grande région d'Ottawa, c'est de constater le nombre surprenant de parents dont la langue première est l'anglais qui choisissent une école de langue française pour leurs enfants. Ces parents ont compris que leurs rejetons, en devenant bilingues, en sortiront plus grands, plus riches, plus cultivés et plus ouverts sur le monde.

Ces petits gestes m'encouragent. Ils me font dire que les anglophones finiront bien par comprendre et que everything is going to be alright.

Puis arrive le résultat d'un sondage, comme celui résumé dans l'édition du quotidien Le Devoir de jeudi, qui vient démolir mon château de cartes. Qui vient me faire dire que, dans le fond, je ne suis peut-être qu'un éternel optimiste.

Ce sondage commandé par Patrimoine canadien porte sur le bilinguisme officiel (vous l'aurez deviné), et il a été réalisé en avril et mai derniers auprès de 1501 Canadiens. En le parcourant, on se rend vite compte qu'il existe réellement deux solitudes au pays.

À la question : « Le français est-il menacé au Canada ? », trois quarts des francophones estiment que oui (et avec raison, j'ose ajouter). Alors qu'à peine 34 % des anglophones le croient. Par ailleurs, un peu plus de 70 % des francophones sont intéressés par les produits culturels de l'autre langue officielle. Mais chez les anglos, ils ne sont que 32 % à s'intéresser à ce qui se fait au niveau culturel au Québec et chez les francophones du reste du Canada.

Autre chiffre légèrement décourageant : 83 % des francophones unilingues croient que l'anglais est la langue seconde la plus importante à apprendre. Tandis qu'à peine la moitié des Canadiens anglophones croient que le français est la langue seconde qu'ils devraient maîtriser. Et la grande majorité de l'autre moitié d'anglophones préférerait apprendre l'espagnol ou le mandarin avant le français...     

Que devrait-on conclure de tout ça ? Eh bien que ce n'est pas demain matin que les deux solitudes s'unifieront. Et que le gouvernement Trudeau et Patrimoine canadien ont du sacré boulot à accomplir avant de présenter publiquement leur plan d'action pour les langues officielles, qui doit entrer en vigueur l'an prochain. 

Bref, comme crie Charlebois dans sa chanson Fu Man Chu : « Trudeau, speak up ! »




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