Le old boys' club de Rockland

Le club de golf Outaouais changera de nom... (Etienne Ranger, Archives Le Droit)

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Le club de golf Outaouais changera de nom pour devenir le club de golf de Rockland.

Etienne Ranger, Archives Le Droit

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CHRONIQUE / Le club de golf Outaouais a été sauvé, lisait-on dans notre édition de mercredi. C'est une bonne nouvelle, j'imagine.

Où se trouve le club de golf Outaouais ? Les non-golfeurs répondront sans doute : « quelque part en Outaouais ». Et ce serait logique mais incorrect comme réponse. Parce que le golf Outaouais se trouve dans l'Est ontarien. À Rockland depuis plus de 55 ans.

C'est un très beau terrain de golf, soit dit en passant. Et il deviendra encore plus beau, dit-on, puisqu'une trentaine de gens d'affaires ont racheté ce club au coût de 4 millions, ils ont effacé les dettes qui s'élevaient à près de 3 millions $, et ils comptent réinvestir pratiquement tous les profits dans l'amélioration et la rénovation de l'endroit. Et pour mettre fin à toute confusion, le club de golf Outaouais changera de nom pour devenir le club de golf de Rockland. (Il était temps...).

Et qui sait ? J'y retournerai peut-être. Parce que j'ai tracé une croix sur ce terrain.

Il y a huit ou neuf ans de ça. J'ai été joué à l'Outaouais avec mon frère, Gérard, son fils qui était alors âgé dans la jeune vingtaine, et mon fils, âgé à l'époque de 16 ou de 17 ans. Et mon frère et moi avons vite compris, par l'accueil glacial à la réception, que « nos » jeunes n'étaient pas nécessairement les bienvenus à ce club semi-privé. 

Mon fils s'est d'abord fait dire par un membre de ce club, sur le premier départ, d'entrer son gilet polo à l'intérieur de son pantalon. C'est normal. C'est l'un des règlements du code vestimentaire de la plupart des clubs privés et semi-privés. Et mon garçon a vite acquiescé et caché le bas de son polo dans son pantalon.

Le hic, c'est ce que le sapré polo en ressortait à chaque élan que ce dernier exécutait. Et il lui arrivait donc d'oublier le code vestimentaire du club et le bas de son polo réapparaissait au grand jour. Sacrilège !

« Heureusement », un membre s'était donné comme mission ce jour-là de jouer le patrouilleur et de nous suivre, de nous épier. Il était discret, se tenant loin de notre quatuor. Il disparaissait parfois pendant de longues minutes. Puis il réapparaissait sur le trou suivant. Et dès qu'il apercevait mon fils s'élancer avec le polo sorti de son pantalon, il s'approchait à bord de sa voiturette en criant : « Eille ! Le gilet va à l'intérieur du pantalon ! Ce n'est pas la première fois qu'on te le dit ! »

Un peu plus loin sur le terrain, nous sommes arrivés sur un tertre de départ en réparation. Et avant même que quiconque de nous quatre frappe sa balle, j'ai aperçu une petite affiche au sol qui indiquait que ce tertre de départ était fermé et qu'il fallait utiliser celui situé un peu plus loin. Ce que nous avons fait.

Quelques minutes plus tard, le membre qui nous suivait - alias la police de l'Outaouais - nous arrête pour nous dire que nous n'aurions jamais dû frapper de ce tertre en réparation.

« Le quatuor derrière vous vous a vus sur ce tertre, me lance-t-il.

- Vrai, nous sommes montés sur ce tertre, lui ai-je répondu. Mais on a vu l'affiche avant de frapper et nous sommes allés jouer sur l'autre tertre, tel qu'indiqué.

- Les membres en arrière de vous m'ont dit qu'ils ont vu deux jeunes frapper du tertre en réparation.

- Alors vos amis ont mal vu », lui ai-je sèchement répliqué.

Et le reste de la partie s'est déroulée sous l'oeil attentif de ce type qui s'était juré de prendre nos fils en flagrant délit ce jour-là... et avec leur polo sorti de leur pantalon. Et ainsi de ruiner leur journée de golf. 

J'ai quitté ce club en me jurant de ne plus jamais y remettre les pieds. Et qu'il s'y prenait plutôt de la mauvaise façon pour attirer la relève.

Les nouveaux propriétaires investiront beaucoup de sous. Mais ce n'est pas le terrain qui est prioritairement à revoir si on veut accroître la clientèle. Mais bien la mentalité de ce old boys' club.

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