Le Noël de Frédérique et Mathilde

Frédérique et Mathilde ont remplis plusieurs paniers d'épicerie... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Frédérique et Mathilde ont remplis plusieurs paniers d'épicerie pour offrir aux plus démunis, ce qu'elle ont appelé leur «mission de Noël».

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Vingt gros jambons, les plus gros qu'on puisse trouver. Des desserts pour appoximativement 300 personnes. Du chocolat pour chacun, sans oublier les clémentines. D'autres fruits, des friandises... et la liste se poursuit.

Je ne sais pas combien de paniers à épicerie Frédérique et Mathilde ont remplis, mercredi soir, mais la caissière du Costco en a sûrement eu des crampes aux doigts.

L'histoire de Frédérique Lépine et Mathilde Guilbault, deux jeunes Gatinoises de 11 ans de l'école Massé, est de celles qui nous réconcilient avec ce qu'il y a de bien et de bon dans la vie.

Depuis maintenant deux ans, ces deux bonnes amies de la classe de 6e année de l'enseignante Mme Martine unissent leurs efforts en décembre pour «payer la traite» aux dîneurs de la Soupe populaire de Hull du boulevard St-Joseph. L'an dernier, Frédérique et Mathilde ont amassé tout près de 400 $. Et cette année, elles avaient plus de 575 $ en poche lorsqu'elles se sont attaquées aux rayons du Costco de Gatineau, mercredi soir.

«Et on a aussi un garage plein de denrées, de dire Mathilde. Tous les élèves de la classe de Mme Martine ont apporté des boîtes de conserves et des choses nécessaires à la vie de tous les jours. Frédérique et moi remettrons le tout à la Soupe populaire de Hull jeudi.»

La «mission de Noël» des deux fillettes débute les premiers jours de décembre. Elles livrent d'abord une lettre aux portes de leur quartier respectif pour avertir les gens qu'elles repasseront à une date spécifiée pour récolter un don en argent pour la Soupe populaire.

«On se limite à notre quartier parce que les gens nous reconnaissent, d'expliquer Frédérique. Ils nous ont rencontrées l'an dernier et ils savent que nous sommes fiables et que l'argent qu'ils donnent ira au bon endroit. Et ce sont souvent des parents d'amis dans notre classe qui connaissent nos parents. Donc les gens nous font confiance.» «Et ensemble, d'enchaîner Mathilde, nous avons frappé cette année à tout près de 125 portes. Il fait parfois très froid et c'est difficile par moments. Mais quand on arrive à la maison et qu'on compte l'argent qu'on a receuilli pour aider les sans-abri, on se sent comme... comme... comme tout chaud en-dedans. C'est un drôle de feeling, mais ça fait beaucoup de bien», ajoute-t-elle aux hochements de tête d'approbation de Frédérique.

Et les deux amies ne se contentent pas d'amasser des sous et d'aller simplement remettre un chèque à la direction de la Soupe populaire. Elles vont elles-mêmes, accompagnées de leur père, acheter tout ce qu'il faut pour que les dîneurs mangent à leur faim. «L'an dernier, se souviennent-elles, nous avons acheté 15 tourtières, 12 dindes, 10 jambons, des biscuits, une bûche et le reste. Mais cette année, les gens de la Soupe populaire nous ont dit qu'ils avaient déjà reçu assez de tourtières et de dindes. Mais qu'ils avaient vraiment besoin de jambons. Alors on se fie à leurs besoins et on achète ce qu'il faut. On attend de 250 à 300 personnes au buffet de Noël de la Soupe populaire cette année. Ce buffet se tiendra vendredi midi et on nous a invitées à se joindre aux dîneurs. On a hâte. On pourra voir comment on a aidé.»

C'est Mathilde qui a eu cette idée de venir en aide aux plus démunis de la société. Et quand elle a demandé à Frédérique de se joindre à elle dans cette «mission», celle-ci a immédiatement accepté. «Je portais des broches avant et le bureau de mon orthodentiste se trouve tout près de la Soupe populaire de Hull, de dire Frédérique. Donc je voyais souvent les gens qui fréquentent cet endroit et ça me faisait beaucoup de peine de voir tant de monde dans le besoin.»

«Je vais parfois à Ottawa avec mes parents, de renchérir Mathilde. Et je vois beaucoup de sans-abri aux coins des rues. Ça me touche beaucoup quand je les vois. Je ne suis pas bien quand je vois ça. Et je me demande parfois ce qui arriverait si tout le monde - tout le monde ! - donnait chacun deux dollars. Juste deux dollars. Je pense qu'on amasserait plus de huit milliards de dollars pour les sans-abri !.»

«On se sent tellement bien quand on revient de la Soupe populaire, de reprendre Frédérique. On se sent très fières d'avoir fait quelque chose pour quelqu'un.»

«On sait qu'on ne peut pas changer le monde», de laisser tomber Mathilde. Puis les deux amies se regardent longuement et ajoutent en choeur: «Mais on peut faire une différence».

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