Magasinage d'antan

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La rue Rideau à Ottawa dans les années 1950-60, bien avant l'arrivée du Centre commercial Rideau.

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CHRONIQUE / Mon fils m'appelle l'autre soir. Il voulait mon opinion sur un cadeau de Noël qu'il s'apprêtait à acheter pour Manon.

«C'est une très bonne idée, lui ai-je répondu. Elle sera surprise et contente. Mais dans quel magasin te trouves-tu en ce moment ?-Je ne suis pas au magasin. Je suis chez moi. J'achète mes cadeaux en ligne.»

Oui, bien sûr. Le magasinage en ligne. J'oubliais. C'est la façon de faire aujourd'hui, semble-t-il. Et par de plus en plus de gens. 

Ce n'est pas bête, à bien y penser. Pas besoin de sortir dans le froid et la noirceur. Pas de place de stationnement à trouver et, souvent, à payer. Pas d'essence à gaspiller. Pas de file interminable à la caisse. Pas de stress. Quelques «cliques» sur le clavier de l'ordinateur ou du téléphone intelligent et le tour est joué. Bien assis confortablement devant sa télé, on peut compléter nos emplettes de Noël avant même que la première période du match de hockey soit terminée.Les temps ont bien changé...

Quand j'étais enfant, le magasinage de Noël était l'affaire d'une journée complète. Une sortie en famille. Une journée spéciale encerclée sur le calendrier cloué au mur de la cuisine. Et une deuxième journée de magasinage pour mes parents puisque ceux-ci étaient sortis auparavant acheter les cadeaux pour leurs sept enfants. Cette deuxième séance de magasinage était pour les cadeaux des tantes, des oncles, des grands-parents, de la parenté quoi. Mais où mes parents trouvaient-ils le courage de traîner leur marmaille avec eux pour cette deuxième sortie de «shopping» ? Cherchez-moi.

Et ça ne se passait bas dans un centre commercial ou dans un «SmartCentre» dans ces années-là. Ces lieux n'existaient tout simplement pas à l'époque. Le magasinage de Noël, c'était sur la rue Rideau que ça se passait.

Oui, cette désolante rue Rideau qui a perdu son âme au début des années 1980 lorsqu'on a construit le Centre Rideau. 

L'endroit était magique à l'époque. Même féerique, aux yeux d'un enfant. Les banderoles de lumières de Noël qui surplombaient la rue, les décorations qui égayaient chaque vitrine des magasins, le va-et-vient incessant des centaines de gens, le «White Christmas» de Bing Crosby qu'on entendait sur les trottoirs et qui semblait sortir de nul part. Et la neige. Toujours cette neige de gros flocons paresseux qui tombaient lentement et doucement et qui venaient donner la touche finale à ce décor enchanteur. Mais neigeait-il chaque année en cette journée magique sur Rideau ? Je crois que oui, mais je n'en suis plus très sûr. La mémoire a parfois cette drôle de façon d'embellir nos plus doux souvenirs. 

Puis il y avait les édifices historiques de la rue Rideau qui abritaient les magasins Woolworths, Friemans et Caplan's. Et chez nous, on passait beaucoup plus de temps chez Caplan's qu'ailleurs. Parce que mon père avait une drôle de carte pour cet endroit. Une simple carte de plastique qu'il présentait au commis plutôt que de lui tendre de l'argent. Et ça marchait ! Tout était gratuit chez Caplan's ! Il suffisait d'avoir une carte magique. La «carte Caplan's». Et mon père était l'un des rares privilégiés à en posséder une, ai-je longtemps cru.

Tout ça pour dire que Noël s'installait sur la rue Rideau à cette époque. Était-ce la belle époque ? Tout dépend à qui la question est posée, j'imagine. Les «vieux» nostalgiques répondront: oui. Les jeunes: non.Et ces derniers auront un peu raison. Parce que tout est plus rapide, facile et pratique aujourd'hui. C'est génial de pouvoir compléter ses emplettes de Noël de son salon. On ne peut le nier. 

Sauf qu'on ne voit pas la neige tomber...

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