La Bourbon du nord

Les élus de la Ville d'Ottawa ont donné... (Martin Roy, Archives Le Droit)

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Les élus de la Ville d'Ottawa ont donné leur aval pour que la consommation d'alcool soit permise dans les rues et sur le trottoirs lors de certains événements spéciaux en 2017.

Martin Roy, Archives Le Droit

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CHRONIQUE / «Un modèle limité de la rue Bourbon », titrait-on à la page 5 de notre édition de jeudi. Dieu merci qu'on ait ajouté le mot « limité » à ce titre...

On apprenait dans ce texte de ma collègue Sylvie Branch que la Ville d'Ottawa permettra la consommation d'alcool sur les trottoirs et dans les rues de la capitale. Mais attention. Ce ne sera pas le free for all partout en ville. On permettra la consommation d'alcool sur les rues et trottoirs lors de certains événements et dans des lieux précis et encadrés.

Le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, a offert comme exemple la rue Clarence, sur le marché By. Selon lui, le modèle Bourbon qui existe à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane,  pourrait fonctionner dans une rue comme Clarence, mais pas dans l'ensemble du marché By. (Coïncidence, les bureaux du Droit se trouvent sur la rue Clarence. Ça voudrait donc dire que les journalistes pourront dorénavant... bon. Je n'irai pas plus loin avant d'en parler au patron).

La directrice de la zone d'amélioration commerciale (ZAC) du marché By a demandé à la Ville de tester le modèle de la rue Bourbon dans son secteur. Ottawa a accepté, mais avec des limites.

Et Dieu merci, disais-je. Dieu merci que la Ville imposera des limites sur les endroits et les moments où l'on pourra consommer de l'alcool sur les trottoirs et dans la rue. Et Dieu merci qu'on n'ait pas décidé de transformer la rue Clarence du marché By en véritable rue Bourbon.

Avez-vous déjà visité cette célèbre rue du Vieux carré français de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane ? Moi, si. Et croyez-moi, la majorité des Ottaviens ne voudrait pas que le marché By l'imite, j'en suis convaincu. Permettez-moi de vous la décrire.

 On trouve principalement trois genres de commerces ou d'établissements sur la rue Bourbon : des bars, des boutiques de souvenirs et des clubs de danseuses nues. Ça se limite pas mal à ça. Plutôt que « steak-blé d'Inde-patates », c'est « bars-souvenirs-fesses », « bars-souvenirs-fesses »...

Les bars sont le fun. Ils présentent pratiquement tous des groupes musicaux qu'on peut entendre jouer de la rue. Rock, blues, jazz... il y en a pour tous les goûts. Et on ne parle pas de « band de garages », mais bien de musiciens professionnels et aguerris. Et si vous vous lassez d'un « band » et de sa musique, vous prenez votre consommation et vous passez au bar suivant, verre en main.

Mais attention, les bars ont le tour de vous garder sur place. Comme celui où j'ai demandé une bière et que le serveur en a déposées trois devant moi en m'apprenant que c'était un « trois pour un » ce soir-là. Prendre la rue avec un verre en main, ça passe. Mais trois ?

Pour les boutiques de souvenirs, ce n'est pas compliqué. Vous en visitez une, vous les aurez toutes vues. Parce qu'elles vendent toutes les mêmes « gugusses » inutiles et les mêmes souvenirs kitsch.   

Et en ce qui a trait aux clubs de danseuses, alors là, c'est la débauche. Certains d'entre eux feront danser une fille ou deux dans la vitrine, à la vue des passants. Sans blague. Dans la vitrine. Comme des mannequins de chez Sears, mais avec des jambes, des bras et le reste...

Et d'autres clubs de danseuses vont plus loin. Ils envoient les filles dans la rue pour qu'elles aillent littéralement tirer les clients par le bras. Donc si jamais vous visitez La Nouvelle-Orléans et que vous vous trouvez sur la rue Bourbon, ne soyez pas surpris si vous êtes soudainement agrippé par le bras par une jeune femme aux parties intimes cachées par un fil de soie dentaire. Vous en serez avertis.

Vous comprendrez maintenant pourquoi je suis soulagé qu'on ait ajouté le mot « limité » à notre titre : « Un modèle limité de la rue Bourbon ». Parce qu'on ne voudrait pas que la rue Clarence devienne la « Bourbon du nord ».

J'entends déjà le touriste qui rentre chez lui et qui se fait demander par ses amis s'il a visité la légendaire rue Clarence d'Ottawa. Et ce touriste de répondre :

« Bof... Oui, je l'ai visitée. Y a rien là. «Bars-souvenir-fesses-Le Droit», «bars-souvenirs-fesses-Le Droit»...

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