Les accents là où il faut

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CHRONIQUE/ Je vous ai parlé dans ma chronique de lundi de Christian Prémont, un Québécois et Franco-Ontarien d'adoption qui habite London, dans le sud-ouest de la province, et qui se bat depuis 12 ans pour que l'accent aigu dans le nom « Prémont » soit inscrit sur son permis de conduire et sa carte Santé de l'Ontario.

Sa lutte de 12 années n'a pas encore porté fruit. Le gouvernement ontarien lui répond depuis 2004 qu'il est impossible d'ajouter les accents sur les noms francophones puisque le système informatique utilisé ne permet pas d'inclure des caractères français comme des accents et des cédilles. Le ministère des Transports et celui de la Santé et des Soins de longue durée lui ont cependant indiqué, il y a deux ans, que le gouvernement provincial travaillait à la modernisation du système informatique et qu'il s'engageait à ce que les changements soient faits pour 2016. Mais tout indique que ces changements ne seront pas apportés d'ici le 31 décembre.

Douze ans de lutte, donc. Douze ans d'attente pour « mettre les accents là où il le faut ».

Et toujours rien...

Vous avez été plusieurs à commenter et à réagir à cette chronique. Quelques lecteurs m'ont fait parvenir la liste de codes à taper sur un clavier d'ordinateur pour obtenir les accents et la cédille. Merci bien. Mais sachez que M. Prémont a aussi partagé ces codes avec des employés des deux ministères concernés, mais en vain.

Et d'autres lecteurs m'ont souligné que la situation est identique au Québec, c'est-à-dire que les accents n'apparaissent pas sur les permis de conduire et les cartes d'assurance-maladie émis par la Belle province. Et c'est vrai. C'est alors aux Québécois d'y voir. À chacun ses luttes, quoi.

Mais il y a un courriel parmi le lot reçu qui m'a renversé. Et si vous pensiez que c'est long, douze ans de lutte pour obtenir un simple accent aigu sur son permis de conduire et sa carte Santé, détrompez-vous...

•••

François LeMay, d'Orléans (là où on a lutté pendant de longues années pour préserver l'accent aigu sur le « e »), a écrit au ministère de la Santé de l'Ontario afin qu'on ajoute la cédille à son prénom qui apparaît sur sa carte Santé. C'était en 1990...

Il y a 26 ans de ça. Et en décembre 1990, le ministère de la Santé lui a fait parvenir une lettre par la poste (vous vous souvenez de la poste ?) pour lui expliquer que sa demande était refusée. M. LeMay a conservé cette lettre vieille de 26 ans. En voici des extraits :

« Cher Monsieur,

«Le ministère de la Santé s'est engagé à respecter les exigences de la Loi de 1986 sur les services en français. En conséquence, nous avons cherché un fabricant de cartes en plastique capable de produire des cartes en français. Malgré nos efforts acharnés, nous n'avons malheureusement trouvé aucun fabricant canadien qui puisse imprimer les caractères français, notamment les accents.

«Vous avez raison de croire que les majuscules devraient porter les accents autant que les minuscules. (...) L'impeccabilité du français sur les cartes Santé est importante et le ministère de la Santé poursuivra ses efforts pour trouver une solution à ce problème. D'ailleurs, nous avons déjà correspondu avec M. Denis Fortin, coordonnateur principal des servies en français du ministère de la Santé, à ce sujet.»

•••

Misère...

Il y a 26 ans (!), le ministère de la Santé de l'Ontario affirmait qu'il poursuivait «ses efforts pour trouver une solution à ce problème». Plus d'un quart de siècle plus tard... rien. Toujours rien.

Suis-je le seul Franco à avoir la curieuse impression qu'on rit parfois de nous à Queen's Park... ?

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