Denis et Blanche

Un peu en désespoir de cause, Denis et... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Un peu en désespoir de cause, Denis et Blanche se sont tournés vers la générosité des gens.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / Denis Lacroix était chauffeur chez Para Transpo, à Ottawa, ce service de transport en commun pour les aînés et les adultes ayant un handicap. Et chaque matin sur sa route, il devait s'arrêter pour faire monter Blanche, celle qui allait devenir son épouse.

Il y a près d'une trentaine d'années de ça. Blanche était alors fonctionnaire à Revenu Canada et elle pouvait s'acquitter de ses tâches, malgré le fait qu'elle était légèrement handicapée, elle qui est atteinte d'amyotrophie spinale, une maladie incurable, héréditaire et dégénérative caractérisée par la faiblesse et l'atrophie des muscles. 

« Le chauffeur » Denis et « la passagère » Blanche sont tombés en amour et ont uni leurs vies il y a 27 ans. Pour le meilleur et pour le pire...

« Le meilleur » dans leur cas, ce sont leurs deux fils qui, faut-il le souligner compte tenu de la maladie héréditaire de leur mère, sont en pleine santé. Et « le meilleur » dans leur vie est aussi cet amour inconditionnel qu'ils se sont promis à l'église et qui semble plus fort et plus solide que jamais entre eux, malgré le pire...

Parce que « le pire » ne les a pas épargnés.

La santé de Blanche s'est détériorée au fil des années et elle a dû quitter son emploi au gouvernement fédéral avant l'âge de 30 ans. Elle vient de souffler 50 bougies et elle est aujourd'hui clouée à un fauteuil roulant électrique qu'elle dirige de ses doigts. Les muscles de ses jambes et de ses bras se sont atrophiés et ne fonctionnent plus depuis des années.

Denis, 53 ans, a pour sa part été obligé de prendre sa retraite de chez Para Transpo il y a près de 10 ans - après 19 ans de services - en raison de maux de dos chroniques et de la fibromyalgie. Denis et Blanche vivent donc aujourd'hui - ils survivent, devrais-je dire - de leurs maigres pensions qui leur rapportent au total moins de 20 000 $ annuellement.

Et « le pire » n'avait pas fini avec eux...

Il y a trois ans, Blanche a souffert d'une double pneumonie et elle a dû être hospitalisée pendant six mois aux soins intensifs de l'Hôpital Montfort. Elle est rentrée à la maison depuis et elle peut respirer aujourd'hui grâce à une trachéotomie permanente (une ouverture chirurgicale dans la trachée).

Mais sa condition précaire requiert des soins 24 heures par jour et sept jours semaine. Et à l'Hôpital Montfort, on a enseigné à Denis la méthode pour utiliser les équipements et les tubes qui servent à aspirer la mucosité dans la trachée de son épouse. Ce qu'il doit faire jusqu'à une dizaine de fois quotidiennement, jour et nuit.

Blanche a aussi un aspirateur de mucosité portatif, ce qui lui permet de sortir pour ses rendez-vous médicaux, ou pour prendre un peu d'air frais de temps à autre, et parfois même pour accompagner son époux à l'épicerie ou aux rares visites familiales. Mais cet appareil ne fonctionne plus très bien. Et Blanche en aurait besoin d'un nouveau.

« Mais on ne peut pas se permettre ça, de dire Denis. On aurait aussi besoin d'un appareil qui me permettrait de guider le fauteuil roulant de Blanche, parce que ce n'est qu'une question de temps avant qu'elle en devienne incapable. Tout ça coûterait approximativement 2 500 $. Et nous n'avons certes pas cette somme », d'ajouter Denis en levant les yeux au ciel.

Ce dernier affirme avoir frappé à toutes les portes imaginables pour obtenir de l'aide afin de se procurer ces équipements médicaux pour sa femme. « Mais la réponse est la même partout, souffle-t-il. Et c'est : «non, désolé». J'ai appelé au fédéral, au provincial, et j'ai communiqué avec quelques organismes d'entraide, mais personne ne semble pouvoir nous aider. Personne n'aurait les fonds pour ça.

«Mais sans ces équipements, je ne pourrai plus prendre soin de ma femme à la maison. Alors qui le fera ? Elle sera hospitalisée, voilà. Là où ils n'auront probablement pas les ressources nécessaires pour la surveiller 24 heures par jour comme je le fais. Et combien coûterait une telle hospitalisation aux contribuables ? Un quart de million $ par année ? Un demi-million $ ? Je ne sais pas. Mais je devine que ça coûterait diablement plus cher que 2 500 $.

«Je veux et je peux prendre soin de Blanche, d'ajouter Denis. Je veux qu'elle soit bien ici, à la maison, avec nos deux fils et moi. Et elle aussi. C'est ici qu'elle veut vivre, pas à l'hôpital. On veut rester ensemble, c'est tout.»

Un peu en désespoir de cause, Denis et Blanche se sont tournés vers la générosité des gens.

Si vous pouvez les aider : visitez le site (en anglais) gofundme.com et demandez la page «Blanche's medical device needs». Ou pour communiquer avec Denis et Blanche Lacroix : 613-789-1897.

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