Merci Paul!

Le décès du chanteur franco-ontarien Paul Demers a... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le décès du chanteur franco-ontarien Paul Demers a déclenché une vague d'hommages.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Paul est parti.

On savait que ses jours étaient comptés. Lui aussi. Après plus de 35 ans de lutte contre l'impitoyable cancer, Paul avait ni plus ni moins baissé les bras. Trop épuisé était-il pour poursuivre le combat. Et il était serein et bien en paix avec sa décision et son destin.

Le temps n'était plus à la lutte. Le temps était plutôt venu pour lui de « faire le plein d'amour sur ce bord-ci », comme il m'a dit il y a à peine trois semaines lorsque nous nous sommes vus pour la dernière fois. 

Et c'est avec le coeur rempli d'amour que Paul Demers a rendu l'âme, samedi, à l'âge de 60 ans. Nous laissant tous avec le coeur gros... Tous les drapeaux franco-ontariens devraient être mis en berne ce matin. En signe d'un dernier adieu. D'un dernier clin d'oeil. D'un dernier rappel. D'un dernier merci.

Merci Paul pour ta musique, ce merveilleux cadeau que tu nous lègues. Un cadeau inestimable. Un cadeau qui rend le peuple franco-ontarien invincible puisque les mots de ce dernier, tout comme ses actions, son courage et sa détermination, viennent alors « du fond du coeur ». De la musique en lui. Droit de son âme. Paul Demers aura mis une musique sur notre combat. Comme quoi il avait compris depuis très longtemps que rien n'arrête un peuple qui chante. 

Notre place

On se souviendra tous de lui pour sa chanson Notre place, son hymne à la communauté franco-ontarienne. Mais Paul Demers a écrit d'innombrables chansons. De véritables « bijoux », dans plusieurs cas. Mais c'est ce chant de ralliement, Notre place, qui a pris toute sa place dans nos coeurs. « Et c'est bien correct comme ça », m'a confié Paul il y a quelques semaines.

Pour la petite histoire de cette chanson...

Le directeur musical gatinois, François Dubé, devait écrire un thème musical pour un gala qui se tenait à Toronto, en 1986, afin de souligner la mise en vigueur de la Loi (8) sur les services en français en Ontario. Mais François Dubé a vite compris que des paroles devaient être ajoutées à sa musique.

« Ça prenait une chanson, pas juste de la musique », de dire le directeur musical. Celui-ci a donc fait appel à son ami Paul Demers.

Paul m'a raconté le reste de l'histoire : « François m'a appelé et j'ai accepté. Mais j'avoue que je n'étais pas fort. Je sortais de ma greffe de moelle osseuse (le deuxième de trois cancers qu'il a combattus). J'étais maigre, faible, les cheveux commençaient à peine à repousser. J'avais l'air d'un revenant ! Puis j'étais devant une page blanche. Je savais que Michel Rivard et Yves Duteuil allaient être de ce gala avec leurs chansons sur la langue (française). Et voilà que je devais en écrire une à mon tour. C'était plutôt énervant. Mais en même temps, c'était un défi, une motivation supplémentaire. Puis les mots me sont venus. Et je savais dès le début que les mots "notre place" allaient revenir dans la chanson. Parce que pour moi, c'était ça, la Loi 8. On prenait notre place. »

•••

Et on l'a prise, notre place. En paroles, en actions, et en musique. Le combat des Franco-Ontariens sera perpétuel, dit-on. C'est probablement vrai. Mais ce n'est pas grave. Parce que la musique de Paul Demers le sera tout autant.

Elle vivra toujours en nous. Et l'âme d'un peuple ne s'éteindra jamais.

Salut Paul ! Merci pour tout, mon ami. Garde-nous une « petite place auprès de toi ».

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