La championne du désert

Vickey Dompierre est rentrée à Gatineau le week-end... (Courtoisie)

Agrandir

Vickey Dompierre est rentrée à Gatineau le week-end dernier avec le titre de championne du raid solidaire Cap Fémina Aventure.

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / La Gatinoise Vicky Dompierre est devenue, le 15 octobre dernier, la première Canadienne à remporter le défi du raid solidaire Cap Fémina Aventure.

Ce défi, qui existe depuis six ans, est tenu annuellement dans le désert du Maroc et le championnat est disputé parmi 124 femmes venues de la France, de la Suisse, de la Belgique et, bien entendu, du Canada. Il s'agit d'une course sécurisée d'une durée d'un peu plus d'une semaine sur les pistes, les dunes et à travers le désert marocain. Guidées par une simple boussole à bord de leur véhicule tout-terrain (VTT), les 62 équipes (deux femmes par équipe) doivent défier quotidiennement la crainte de l'inconnu et les éléments naturels.

Vicky Dompierre devait faire équipe avec son amie, Nathalie Leblanc. (Je vous ai parlé de ces deux Gatinoises et le défi qu'elles s'apprêtaient à relever dans une chronique publiée en septembre dernier.) Mais Nathalie a dû renoncer à ce voyage pour des raisons personnelles et familiales. Les organisateurs du Cap Fémina Aventure ont donc jumelé Vicky avec une participante française du nom de Sylvie Champagnac.

« Et Sylvie et moi nous sommes complétées à merveille, de dire Vicky. Une confiance mutuelle s'est immédiatement établie entre nous deux et nous sommes vite devenues de très bonnes amies. Sylvie s'occupait de la boussole et du trajet à suivre. Et moi, je conduisais le VTT puisqu'elle n'avait jamais conduit ça de sa vie. Et nous ne sommes restées prises dans une dune qu'à une occasion, alors que les autres équipes y restaient coincées beaucoup plus souvent, lance-t-elle fièrement. Mais, évidemment, nous nous arrêtions pour les aider à s'en sortir. On ne laissait personne derrière », s'empresse-t-elle d'ajouter.

Vickey Dompierre est rentrée à Gatineau le week-end dernier avec le titre de championne du raid solidaire Cap Fémina Aventure. « Je ne pensais jamais gagner ce défi, affirme-t-elle. Et je ne pensais jamais devenir la toute première Canadienne à le remporter. Mais au-delà de tout ça, jamais je n'aurais pensé vivre autant d'émotions en si peu de temps. »

Des montagnes russes d'émotions, dit-elle pour imager ce qu'elle ressent depuis. Et à l'écouter, on pourrait croire qu'elle prend encore place dans ce « manège ».

Quand on lui demande de parler des moments les plus difficiles qu'elle a vécus là-bas, elle ne parle pas des nuits à la belle étoile en plein désert ou de la chaleur insupportable. Elle relate plutôt les moments les plus gratifiants, peut-être même les plus beaux. Comme cet arrêt dans un village marocain où toutes les participantes et les organisateurs du Cap Fémina Aventure ont mis l'épaule à la roue pour peindre une école fréquentée par 116 enfants, pour y planter des arbres, et pour munir l'endroit de dix ordinateurs et d'effets scolaires. 

« Les gens - les enfants surtout - nous ont accueillis comme si nous étions de véritables héros, se souvient Vicky. Tout le monde était si chaleureux avec nous. Ces rencontres avec les gens là-bas resteront gravées dans ma mémoire à tout jamais. Par contre, je dois admettre que de voir la pauvreté de si près a été difficile. Je regardais les jeunes enfants et je pensais à la chance qu'a mon petit-fils de deux ans », d'ajouter Vicky qui, à l'âge de 43 ans, est jeune grand-mère et mère de deux enfants âgés de 24 et de

22 ans.

Mais au-delà de toutes les aventures qu'elle a vécues là-bas, au-delà de l'aide humanitaire apportée, et au-delà de son championnat, Vicky Dompierre se souviendra d'abord et avant tout des amitiés qui se sont créées au cours des dernières semaines entre elle et les autres participantes venues du Québec et de l'Europe, ainsi qu'avec les habitants du Maroc qu'elle a rencontrés. Et, surtout, de l'amitié qui l'unit aujourd'hui à Sylvie, sa partenaire du désert.

« Sylvie viendra bientôt me visiter en Outaouais, dit-elle. Et moi j'irai la voir en France dans une année ou deux. On aura tellement de souvenirs à se remémorer. J'ai déjà hâte de la revoir. »

Et c'est un peu ça au bout du compte, le raid solidaire Cap Fémina Aventure. Bien au-delà du défi et de la compétition, c'est une main tendue vers l'autre.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer