L'ascension du Mont-Cascades

« Attendre une transplantation (d'organe), c'est un peu comme... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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« Attendre une transplantation (d'organe), c'est un peu comme gravir une montagne », soutient Rodrigue Beauchamp

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / Le 16 octobre prochain, le Gatinois Rodrigue Beauchamp, 64 ans, se joindra à plusieurs pour escalader le Mont-Cascades, à Cantley.

Vrai, le Mont-Cascades n'est ni l'Everest ni le Kilimandjaro. Loin de là. Mais il y a quelques années, M. Beauchamp pouvait à peine monter un simple escalier de cinq marches sans en avoir le souffle complètement coupé. Et l'ascension d'une « colline » comme le Mont-Cascades aurait été pour lui irréalisable, voire impensable. Mais le 16 octobre prochain, il va partir à la conquête de son « Kilimandjaro » à lui.

Retraité du ministère des Affaires étrangères du Canada, M. Beauchamp souffre d'emphysème depuis l'âge de 34 ans. Non, il n'est pas fumeur. Il avoue cependant avoir grillé la cigarette pendant une dizaine d'années, mais pas plus. « Je souffre d'emphysème héréditaire, dit-il. Mon père a eu des problèmes aux poumons. Mon frère aussi. Les médecins me disent que ma maladie a été causée par un enzyme que je n'avais pas dans mon système. »

En janvier 2007, son travail aux Affaires étrangères l'a conduit à Saint-Pétersbourg, en Russie, pour un séjour d'affaires de quelques semaines.

« Les Russes sont de gros fumeurs, de dire M. Beauchamp. Et je suis revenu au Canada avec une infection pulmonaire. » Si grave était sa condition qu'il a été obligé de prendre un congé prolongé de plusieurs mois, suivi de sa retraite de la fonction publique à l'âge de 56 ans.

Mais sa santé ne s'est guère améliorée. En fait, elle a dépéri. Si bien qu'une seule solution s'imposait pour lui sauver la vie : une transplantation pulmonaire. « Mes poumons ne fonctionnaient plus qu'à 19 % de leur capacité, dit-il. Ce n'était plus une question de choix. »

Après une attente de plusieurs mois, un donneur a été trouvé et Rodrigue Beauchamp a subi une transplantation pulmonaire le 8 décembre 2008, à l'hôpital Notre-Dame de Montréal. Tout s'est bien déroulé. Et bien qu'il doive aujourd'hui prendre près d'une trentaine de pilules par jour pour régulariser son système et que les effets secondaires de ces médicaments ne sont pas de tout repos, M. Beauchamp se dit en bonne santé et en pleine forme.

« J'ai été privilégié, lance-t-il. Parce que j'ai connu plusieurs personnes en attente d'un don d'organe qui n'ont jamais pu en obtenir et qui ne sont plus parmi nous aujourd'hui. Depuis cette transplantation, je suis extrêmement reconnaissant envers mon donateur anonyme. Cette personne m'a donné une deuxième chance dans la vie et elle m'a permis de connaître et de voir grandir mes deux petits-enfants de cinq et quatre ans. Ces deux enfants sont ma joie et ils font mon bonheur. Je suis un homme chanceux. »

Une « chaîne de vie »

M. Beauchamp veut aujourd'hui redonner un peu à sa façon à Transplant Québec. Et il s'est joint en mai dernier au comité organisateur du défi « Chaîne de vie ». Ce défi annuel, qui sera relevé dans dix villes du Québec, est un projet à l'intention des élèves du 4e secondaire (15-16 ans) dans le but de les éduquer et de les sensibiliser au don d'organes et tissus.

« En sensibilisant les jeunes, de dire M. Beauchamp, on veut qu'ils deviennent des ambassadeurs du don d'organes. »

 Le dimanche 16 octobre prochain, donc, dans le cadre de la Journée mondiale du don d'organes et de la greffe, l'équipe de l'Outaouais du défi « Chaîne de vie » invite toute la population à se joindre à elle pour l'escalade du Mont-Cascades, à Cantley.

« Attendre une transplantation, c'est un peu comme gravir une montagne, d'imager M. Beauchamp. Les deux sont de véritables défis. Cette journée au Mont-Cascades est ouverte à tous, précise-t-il, et c'est une belle activité familiale. Pas besoin de s'inscrire, vous ne faites que vous présenter à la base du Mont-Cascades à 9 h 30, dimanche le 16 octobre. Chaque participant sera invité à offrir un don de 20 $ et le but de la journée est d'amasser la somme de 15 000 $ pour Transplant Québec. »

« On me dit que ça prend approximativement 45 minutes pour se rendre au sommet du Mont-Cascades. Je risque d'avoir besoin d'un peu plus de temps, mais ce n'est pas grave. Car avant de planter le drapeau "Chaîne de vie" au sommet, on devra attendre que j'arrive », conclut-il en riant.

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