Pas de confession

«L'absence de vocation, le vieillissement et la diminution... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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«L'absence de vocation, le vieillissement et la diminution du nombre de religieuses ont eu pour conséquence la fermeture progressive» du monastère de la congrégation des Servantes de Jésus-Marie, au centre-ville de Gatineau. Les religieuses ont récemment accepté une offre d'achat pour leur immeuble.

Étienne Ranger, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Eh bien cette fois-ci, ce n'est pas un poisson d'avril...

On apprenait lundi que les Servantes de Jésus-Marie ont accepté une offre d'achat pour leur couvent du centre-ville situé sur la rue Laurier, à l'extrémité nord du parc Jacques-Cartier, à Gatineau.

Dans une chronique publiée le 1er avril dernier - jour du poisson d'avril - j'ai «été à la pêche» en laissant entendre que Brigil Construction allait acheter ce couvent et le démolir pour construire sur ce terrain riverain ses deux tours de 55 et de 35 étages. Je fabulais. Je blaguais. Je taquinais... le poisson.

Mais cette fois-ci, c'est très sérieux. Le couvent de cette congrégation de soeurs cloîtrées sera bel et bien vendu. Mais à qui ?

Pas à Brigil. Le président et fondateur de cette entreprise, Gilles Desjardins, a été catégorique, lundi, quand je lui ai posé la question. «Ce n'est pas nous, a-t-il dit. J'ai déjà étudié la possibilité d'acheter cet endroit et je suis retourné voir les lieux à quelques reprises. Mais non, ce n'est pas nous. Ce couvent est un lieu historique et je n'allais pas jouer avec l'histoire.»

Donc si ce n'est pas Brigil qui lorgne ce terrain, serait-ce le voisin des Servantes de Jésus-Marie, c'est-à-dire le Groupe Heafey qui est propriétaire, entre autres, de l'édifice à condos Le Viu, qui se trouve à un jet de pierre du couvent en question ?

Non plus. Comme Gilles Desjardins avant lui, Charles Masse du Groupe Heafey avait les yeux sur le terrain des soeurs cloîtrées. Mais lui aussi a laissé tomber l'idée de mettre la main sur ce terrain convoité.

«Le changement de zonage serait trop difficile, a-t-il dit. Ce terrain est «zoné» public. Et de modifier ce règlement de zonage de public à résidentiel-hauteur serait impossible. Ça me surprendrait que ce soit un promoteur (immobilier) qui fasse l'achat de ce terrain et de ce couvent.»

Donc selon ces deux hommes d'affaires, ce n'est pas demain matin qu'on verra des tours à condos ou des maisons en rangées s'ériger là où se trouve depuis 111 ans un couvent. (L'édifice des Servantes de Jésus-Marie a été construit en 1905).

Et ce n'est pas demain matin, non plus, qu'on verra la démolition de ce couvent, selon la mère-servante générale de cette congrégation, Soeur Marie-du-Bon-Pasteur.

«Lors de nos entretiens avec la Ville (de Gatineau), on nous a dit que la Ville ne permettrait pas la démolition de notre couvent puisqu'il s'agit d'un bâtiment historique», a dit la mère-servante générale.

Celle-ci n'a pas voulu en dire plus sur l'offre d'achat déposée pour leur couvent et le terrain sur lequel il se situe, ni sur l'avenir de cette congrégation. On sait que les Servantes de Jésus-Marie déménageront quelque part sur le territoire du diocèse de Gatineau. Mais où ? «On étudie certaines possibilités», s'est contentée de dire la mère-servante générale.

Et à la question à savoir qui est l'acheteur, Soeur Marie-du-Bon-Pasteur, en bonne politicienne qu'elle serait, a simplement répondu que nous le saurons en temps et lieu.

«Nous ferons d'autres annonces au fur et à mesure que le dossier progressera, a-t-elle dit. Nous y allons une démarche à la fois. Mais présentement, nous sommes liées à la confidentialité.»

C'est donc mystère et boule de gomme. Brigil a dit non. Le Groupe Heafey aussi. Et selon ce dernier, aucun promoteur immobilier ne toucherait à ce terrain.

À moins que quelqu'un veuille acheter le couvent, le rénover et le convertir en résidence pour personnes âgées ? Ou encore pour le convertir en édifice à condos ou à appartements ? Ça semble être l'une des seules possibilités. Mais comme a dit la mère-servante générale, on le saura en temps et lieu.

D'ici là, le Bon Dieu le sait, pis le diable s'en doute.

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