Pleins gaz

Lyne Charbonneau (à gauche) et son amie Julie... (Denis Gratton, LeDroit)

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Lyne Charbonneau (à gauche) et son amie Julie Villeneuve, du village de Curran, ont pris part au concours de bines qui se tenait dimanche au Festival de la bine de Plantagenet.

Denis Gratton, LeDroit

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« Allô ? T'es là, ma chère Conscience ?

- Oui Denis. Je suis toujours avec toi dans ta tête. Que se passe-t-il ?

- Tu te souviens, la semaine dernière, quand j'ai écrit que j'aimais les bines (fèves au lard) et que le Festival de la bine de Plantagenet était un incontournable ? On a titré cette chronique : "Moi j'aime les bines".

- Je m'en souviens. Et tu parlais à travers ton chapeau puisque tu n'as jamais visité ce festival en six ans.

- C'est ça, Conscience. Et tu me l'as reproché. Alors je t'ai écoutée et j'ai été faire un tour à ce festival dimanche. J'ai même agi comme juge au concours de bines qui se déroulait sur l'heure du midi.

- Je suis fière de toi, Denis. Et je te parie que tu t'es amusé.

- Oui, oui. C'était bien. Les gens de l'Est ontarien ont été super accueillants et chaleureux, comme d'habitude. Mais...

- Mais quoi, Denis ?

- Mais je n'aime plus les bines... »

•••

Quelqu'un aurait pu me prévenir que ce concours des meilleures bines comptait 18 participants. Oui, 18. Dix-huit petits casseaux de bines à goûter et à manger. Mes intestins, ce matin, pourraient faire lever une montgolfière. 

Des bines salées, des bines sucrées. Des bines à l'érable, des bines pas mangeables. Des bines foncées, des bines étiolées. Des bines au lard salé, des bines au sanglier. Les bines à Lucie, les bines à Rémi. Des bines réchauffées, des bines surgelées. Des bines à la mélasse, des bines pas à leur place...

Bon. J'arrête. Tout ça pour dire que je n'ai jamais vu et mangé tant de fèves au lard de toute ma vie.

Comment juge-t-on une assiette de bines ? Le chef exécutif de la Binerie de Plantagenet, Jacques Lepage, m'a expliqué : « Trois choses. La saveur, la texture, l'originalité. C'est aussi simple que ça. »

Pour la saveur et la texture, je l'avais un peu deviné. Mais l'originalité ? On parle de chaudrons de bines au lard. Il n'y a pas plus traditionnel. Allais-je juger les meilleures bines de la région ou les recettes de bines les plus flyées ?

Je n'avais rien à m'inquiéter, finalement. Pas mal tous les participants à ce concours ont suivi la recette traditionnelle de leur grand-mère. Et c'était bon, c'est-à-dire jusqu'au septième ou huitième petit casseau de bines. Mais après... disons que tous mes sens se sont mis à « dormir au gaz ».

Je blague. Je me suis bien amusé. Et tous les participants au concours méritaient de gagner. Comme disait ma mère : « Les goûts ne se discutent pas. » Merci à mes deux collègues juges, Cécile Beauchamp et Jacques Lepage. Merci à vous tous, lecteurs du Droit, qui vous êtes arrêtés pour me faire un brin de jasette. Bien content de vous rencontrer. Merci aux innombrables bénévoles. Et un gros merci à Alain Lapensée, l'organisateur de ce festival et propriétaire de la Binerie de Plantagenet, ainsi qu'à son père Paulin, le fondateur de cette entreprise familiale. « J'ai commencé ça en 1977, m'a dit ce dernier. Donc, si les gens de la région d'Ottawa pètent depuis presque 40 ans, c'est de ma faute. Et j'en suis fier ! » Il s'en pète les bretelles, bref.

Mais parlant de « pètes »...

J'ai écrit dans une chronique l'an dernier que le Festival de la bine de Plantagenet allait innover en ajoutant un mini-musée relatant l'histoire de la Binerie. Et que ce musée allait s'appeler la « Cabane à pète ». Sans blague. Et Alain Lapensée m'avait dit que l'endroit émettrait des sons bizarres lors du passage des visiteurs. « Des bruits de pets et de crampes au ventre », avait-il précisé.

Or, j'ai visité dimanche la « Cabane à pète ». J'avais étrangement hâte. Mais à ma grande déception, je n'ai rien entendu. Pas un « prout ». Même pas un « pfff ». 

« Tu m'as menti, ai-je dit à Alain en lui faisant part de ma déception.

- Denis, m'a-t-il répliqué, tu vas bientôt goûter à 18 recettes de bines. Passe dans la "Cabane à pète" après. Crois-moi, tu vas en entendre, des bruits ! »

Ah bon.

Un musée interactif, quoi.

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