Pot problème

Je l'avoue, j'ai commis un crime mardi. J'ai... (Archives, La Presse)

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Je l'avoue, j'ai commis un crime mardi. J'ai visité un commerce de cannabis du secteur Vanier afin de savoir qui peut se procurer du pot à cet endroit. Et pour aller jusqu'au bout de «l'enquête», j'ai «magasiné» à cet endroit et j'en suis ressorti avec un gramme de marijuana en poche.

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CHRONIQUE / La police d'Ottawa ne m'arrêtera pas. Je peux donc dormir sur mes deux oreilles...

Je l'avoue, j'ai commis un crime mardi. J'ai visité un commerce de cannabis du secteur Vanier afin de savoir qui peut se procurer du pot à cet endroit. Et pour aller jusqu'au bout de « l'enquête » (un bien grand mot dans ce cas-ci), j'ai « magasiné » à cet endroit et j'en suis ressorti avec un gramme de marijuana en poche.

J'ai donc commis un crime. J'ai acheté illégalement de la mari. Mea culpa. Mais lorsque mon collègue Louis-Denis Ebacher a demandé mercredi à un porte-parole de la police d'Ottawa si j'allais être prochainement arrêté, celui-ci a répondu, en riant : « Non. À ce point, on ne le fera pas ! »

Je peux donc dormir en paix, disais-je. Et pour ceux d'entre vous qui se poseraient la question à savoir si le chroniqueur de la page 8 est un « poteux » : non, je ne consomme pas. Et j'ai remis au patron le seul et unique gramme de pot que j'ai acheté. À lui d'en faire ce qu'il en voudra.

C'est une bonne chose que la police d'Ottawa ne perde pas de temps avec moi. Dieu sait qu'elle a d'autres chats à fouetter.

Mais parlant de la police d'Ottawa qui perdrait son temps avec moi, ça me rappelle une anecdote de mes années collégiales, il y a plus de 30 ans de ça.

Je rentrais du collègue Algonquin, dans l'ouest d'Ottawa, au volant de la voiture d'un ami vaniérois de l'époque prénommé Rolland. Celui-ci prenait place dans le siège du passager, trop ivre était-il pour conduire, lui qui venait de passer une bonne partie de l'après-midi au bar du collège.

Le hic, c'est que je n'avais pas de permis de conduire. J'avais un permis d'apprenti conducteur, mais c'était la toute première fois, ce jour-là, que j'empruntais l'autoroute 417.

C'était l'hiver, le soleil était déjà couché. Et erreur numéro un : j'avais oublié d'allumer les phares de la voiture. Erreur numéro deux : je roulais dans la voie de gauche, celle réservée au dépassement. Et Rolland dormait à mes côtés, manuels scolaires sur ses cuisses...

Ce ne fut qu'une question de temps avant qu'une auto-patrouille de la police d'Ottawa m'intercepte.

« Vos phares ne fonctionnent pas ? me demande le policier en se penchant pour jeter un coup d'oeil dans la voiture.

- Désolé Monsieur l'agent, que je lui réponds nerveusement, la voix tremblotante. J'ai complètement oublié de les allumer.

- Et avez-vous une raison de rouler dans la voie de gauche ?

- Heu... non.

- Avez-vous consommé de l'alcool ? (L'intérieur de la voiture sent la bière à plein nez puisque Rolland, maintenant réveillé, ronflait plus tôt comme un volcan).

- Non, Monsieur l'agent. Je rentre du collège. Je n'ai pas bu.

(Il ne semble vraiment pas me croire).

- Je peux voir vos papiers. 

(Alors Rolland intervient et, dans une voix pâteuse, dit au policier...).

- C'est ma voiture, Monsieur l'agent. Je laissais mon ami conduire. Il a son permis d'apprenti et il voulait se pratiquer. J'aurais dû lui dire d'emprunter la voie de droite et d'allumer les phares, mais j'avais le nez dans mes livres. C'est de ma faute. Désolé.

(Et le policier de lui répondre :)

- Pas de problème. Prenez votre voiture et rentrez chez vous. Lui (moi) s'en vient au poste pour un alcootest ». (L'appareil portatif pour l'alcootest n'existait pas à l'époque).

Je n'en croyais pas mes oreilles. Je n'avais pas consommé une seule goutte d'alcool, et le policier laissait partir mon ami qui était complètement saoul !

Inutile d'ajouter que la police d'Ottawa a perdu son temps avec moi ce soir-là. Comme elle perdrait son temps aujourd'hui si elle m'arrêtait pour achat illégal de marijuana.

Car si jamais elle change d'idée et décide de m'arrêter, pas de problème, j'ai déjà ma défense : « Mais Monsieur l'agent, ce n'est pas à moi, ce pot-là. C'est à mon patron ! »

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