La flamme au coeur

Il y a quatre décennies, le Gatinois Jean... (Etienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

Il y a quatre décennies, le Gatinois Jean Pinard a eu la chance inouïe d'être l'un des 15 derniers porteurs de la flamme olympique à l'occasion des Jeux d'été de 1976 à Montréal.

Etienne Ranger, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Jean Pinard, 75 ans, replongera dans ses souvenirs ce soir en regardant les cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques de Rio. Et il rajeunira de 40 ans quand on allumera la vasque olympique.

En 1976, à quelques mois de l'ouverture des Jeux olympiques de Montréal, Jean Pinard a été choisi comme porteur de la flamme olympique pour représenter la région de l'Outaouais. Tout un honneur pour ce Gatinois issu d'une famille de 12 enfants de la Basse-Ville d'Ottawa.

«J'étais très impliqué dans les sports en Outaouais, se souvient-il. Et je m'entraînais presque quotidiennement. Puis on m'a remarqué et on m'a choisi. À l'époque, le gouvernement faisait beaucoup la promotion de l'activité physique chez les 35 ans et plus. C'est sûrement l'une des raisons pour lesquelles j'ai été l'un des heureux élus.»

Jean Pinard devait faire partie de l'équipe de coureurs de l'Outaouais et de l'Ontario choisis pour assurer le relais de la flamme olympique d'Ottawa à Montebello, dans la Petite-Nation.

«On avait eu quelques pratiques dans les rues d'Ottawa et de Hull et je me souviens qu'on m'avait confié un kilomètre de route au cours duquel je devais gravir une côte plutôt abrupte, se rappelle-t-il. Mais j'étais en pleine forme et je complétais mon parcours en moins de quatre minutes.»

Le jeune homme de 35 ans était prêt pour le grand jour. «On nous a fait signer des documents et tout ça, dit-il. Je me souviens qu'il était strictement interdit pour les porteurs de parler aux médias. C'était l'une des conditions. Et j'avoue que j'ai eu de la difficulté à la respecter celle-là!» lance-t-il en riant, lui qui côtoyait quotidiennement des journalistes puisqu'il était à l'époque typographe au Droit, un poste qu'il a occupé pendant une trentaine d'années.

L'appel de Montréal

Une surprise de taille attendait toutefois Jean Pinard. Et celui-ci n'allait finalement pas courir devant les siens, en Outaouais, mais bien devant... la planète!

«Nous étions à quelques semaines des Jeux quand j'ai reçu un appel de Paul Larue, le directeur du programme du parcours de la flamme olympique au sein du COJO (Comité organisateur des Jeux olympiques). Il me salue et il me dit: "Laisse tomber Ottawa, Jean, tu t'en viens à Montréal. T'as été choisi pour faire partie des 15 derniers porteurs qui transporteront la flamme jusqu'au Stade olympique." Je n'en croyais pas mes oreilles.»

Jean Pinard s'est alors rendu à Montréal, où on lui a confié un kilomètre de route, sur les rues Peel et Sherbrooke.

Puis le grand jour est arrivé. La flamme olympique a fait son entrée à Montréal devant des caméras de télé venues des quatre coins de la planète qui ont suivi les 15 derniers porteurs jusqu'au stade.

M. Pinard n'oubliera jamais ce moment.

«Je flottais, lance-t-il en souriant. Je ne courrais pas, je flottais. Et rien n'aurait pu m'arrêter. J'entendais l'hélicoptère voler au-dessus de moi et je savais que c'était la télé qui me filmait. Puis j'avais des policiers en moto de chaque côté de moi. Et droit devant, il y avait cette Volkswagen décapotable dans laquelle on avait installé une caméra et qui avançait à la même vitesse que mon pas de course. Les gens dans la foule criaient, applaudissaient, souriaient. Et quand j'ai complété mon kilomètre et que j'ai allumé le flambeau du porteur suivant, on m'a fait monter dans une fourgonnette dans laquelle on a éteint mon flambeau. Puis on me l'a remis en me disant: "Ne perds pas ça, il est à toi." Inutile de vous dire que je l'ai précieusement conservé.»

«Il n'y a pas de mots pour décrire ce que j'ai vécu en si peu de temps, ajoute M. Pinard. Je regarde aujourd'hui les photos que j'ai conservées de ce moment. Puis je vois ces jours-ci l'annonce à la télé pour les cérémonies d'ouvertures des Jeux de Rio et tant de souvenirs me reviennent en tête. Je regarde tout ça aujourd'hui à l'âge de 75 ans et je me dis que j'ai été privilégié. J'ai été tellement privilégié.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer