Pépère de la route

Un radar photo... (Archives, Le Soleil)

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Un radar photo

Archives, Le Soleil

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CHRONIQUE / Janet a raison.

Janet, c'est Janet Laurin, la propriétaire de l'école de conduite Janet ConduiPro, à Gatineau. On l'appelle Janet, mais le prénom qui apparaît sur son permis de conduire est: Jeannette. Mais elle préfère qu'on la nomme Janet, avec le petit accent anglais.

«Parce que Janet fait plus jeune, plus dynamique», m'avait-elle expliqué en septembre 2002 quand je l'avais rencontrée pour rédiger une chronique sur sa carrière d'enseignante de conduite de motocyclette et d'automobile.

À l'époque, Janet était âgée de 56 ans. Donc puisqu'il y a 14 ans de ça, faisons le calcul... Janet est aujourd'hui âgée de...

Je la connais. Si j'écris la réponse à cette facile addition, elle me passera sur le corps avec sa Yamaha 1100. Donc disons que Janet est intemporelle. Qu'elle a peut-être «un certain âge», mais qu'elle aura toujours 25 ans dans son coeur et dans son âme. Et c'est vrai.

Et appelez-la Janet, ou Jeannette, ou encore «Mom» comme certains de ses élèves la nomment, mais ne l'appelez surtout pas Mme Laurin. Elle déteste ça.

Donc Janet a raison, disais-je. Elle a raison quand elle dit que les radars photo mobiles à Gatineau sont efficaces et qu'ils «sont de loin le meilleur moyen» pour calmer les conducteurs au «pied pesant».

Je l'ai remarqué sur le boulevard Fournier/Gréber, une route que j'emprunte souvent quand je dois me rendre dans le secteur Gatineau. Je sais que c'est beaucoup plus rapide par l'autoroute 50, mais j'aime bien prendre mon temps quand je peux me le permettre.

Je suis un pépère de la route, que voulez-vous. Je n'aime pas faire de la vitesse. Et le pépère que je suis est très bien servi sur le boulevard Fournier, l'un des sites choisis à Gatineau pour installer un radar photo.

La limite de vitesse sur certains tronçons de cette route est de 50 km/h. On ne roule pas vite à 50 km/h. Même le pépère que je suis en convient.

Habituellement, c'est-à-dire sans la présence d'un radar photo, cette limite de 50 km/h est un peu discrétionnaire dans la tête de plusieurs conducteurs, dont moi. On roule à 60 km/h, même 65. Et toutes les voitures autour semblent rouler à sensiblement la même vitesse sans que personne ne s'en plaigne.

Mais installez un radar photo à un endroit précis et... oups. Tout le monde ralentit. Tout le monde respecte la vitesse. Tout le monde devient «pépère de la route», comme par magie.

Quand j'entre dans la zone visée par le radar photo sur Fournier, je fixe le cruise control - pardon, le régulateur de vitesse, dis-je bien... - à 53 ou 54 km/h. On ne me punira tout de même pas pour trois ou quatre kilomètres de plus que la vitesse permise. Mais je suis toujours surpris lorsque je constate qu'aucune voiture ne me double. Que les autres conducteurs roulent tranquillement derrière moi. 

Avant l'arrivée de ces radars photo, j'aurais eu droit à un concert de klaxons et quelques doigts d'honneur si j'avais roulé à 53 km/heure sur ce bout de route. Mais depuis, tout le monde est bien docile, tout le monde est bien gentil et tout le monde a tout son temps. C'est presque rafraîchissant.

Ennuyant un peu, faut-il admettre. Parce qu'on a parfois l'impression d'être arrêté quand le régulateur de vitesse est fixé à 53 km/h. Et on se dit qu'on pourrait probablement arriver à destination plus rapidement si on marchait le trajet plutôt que de le rouler. Mais tout de même rafraîchissant.

Comme une courte pause et un moment de répit dans nos journées effrénées. N'est-ce pas Janet?

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