«Move to Quebec»

Le drapeau franco-ontarien... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le drapeau franco-ontarien

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Y a-t-il lieu de s'inquiéter? L'Est ontarien serait-il en train de s'angliciser à petit feu?

Je l'ignore. Je n'habite pas le coin. Mais j'adore le visiter. Embrun est un charmant village. Saint-Albert a son cachet bien particulier, et c'est sans parler de son fromage de renommée internationale. Casselman est toujours accueillant, avec un maire qui m'attend toujours à bras ouverts, en prime... Vankleek Hill nous ramène dans le passé avec sa magnifique architecture qui défie le temps. En fait, chaque village de l'Est ontarien à son petit quelque chose d'unique et son petit air de «r'venez-y».

Et les gens de la place sont si accueillants. Là-bas, quand on me reconnaît (j'aurais une certaine notoriété, paraît-il, pour ce qu'elle vaut...), on m'appelle «mon Denis»! Pas Monsieur Gratton. Pas Monsieur le chroniqueur du Droit. Ni «le gars avec la p'tite colonne dans LeDroit». Mais «mon Denis». Comme si j'étais de la place. Et ça me fait chaud au coeur chaque fois.

En Outaouais, les gens sont habituellement un peu plus hésitants, plus distants. On me vouvoie, on s'excuse même parfois de me déranger quand on s'approche pour me saluer ou pour me parler d'une chronique qu'on a aimée, ou moins aimée. Comme si une telle chose me dérangeait... Si vous saviez comme ça me fait plaisir de vous rencontrer, chers amis.

Bref, du côté du Québec, c'est «M. Gratton», la plupart du temps. Tandis que de l'autre côté de la rivière, chez les Francos, on m'appelle «mon Denis», point à la ligne. Et c'est bien correct ainsi.

Mais où voulais-je en venir avec ce long préambule? Ah oui, à la question à savoir si l'Est ontarien s'anglicise à petit feu. 

C'est un courriel que m'a fait parvenir Pierre Chénier, un résident de Rockland de longue date, qui a soulevé cette question dans ma tête.

Voici ce qu'il m'a écrit.

***

«Denis, je suis en feu.

(Puis son courriel s'adresse ensuite à la direction du Walmart de Clarence-Rockland.) 

J'arrive du Walmart de Clarence-Rockland en Ontario. L'attitude de vos employés m'a répugné. Je suis francophone et je n'ai reçu aucun service en français. Je me suis fait dire "move to Quebec"! Ça fait 60 ans que je demeure ici à Rockland, il n'y en a pas un qui va me dire ça. Je vais poursuivre cette cause jusqu'au bout. Merci.»

***

Ouais... si tout ça est vrai, moi aussi j'aurais le feu au cul. Mais M. Chénier serait-il par malchance tombé sur un jeune employé unilingue anglophone impoli et un peu zélé? Peut-être? La majorité des employés de ce commerce sont-ils bilingues? Sais pas. Je devrai aller jeter un coup d'oeil prochainement.

Mais ça me rappelle une autre anecdote. Il y a deux ans, je me suis arrêté au restaurant McDonald de Casselman pour un petit déjeuner rapide.  Voici comment la courte conversation avec la commis derrière le comptoir s'est déroulée:

«Hi sir, how can I help you?

- Je vais prendre le trio numéro 2 et un café avec une crème, mais sans sucre.

-The number 2 trio with a coffee, one cream, no sugar?

- C'est ce que je viens de dire.

-Will that be all?

- Je prendrais une copie du journal s'il vous plaît. (Derrière elle se trouvaient des copies du Droit et du Ottawa Sun. Je venais de lui adresser la parole uniquement en français. Je croyais donc recevoir un Droit.)

- Here you go», me lance-t-elle sans sourire et en me tendant un... Sun.

Petite insolente. Inutile de vous dire que j'ai exigé une copie du Droit...

Ce ne sont que deux exemples. Et peut-être un peu banals, j'en conviens. Mais la question se pose toute de même: L'Est ontarien serait-il en train de s'angliciser à petit feu?

Vous avez d'autres exemples de ce genre, chers amis de l'Est ontarien? D'autres situations inacceptables où vous vous êtes sentis citoyens de seconde classe dans votre propre patelin francophone?

Si oui, écrivez-moi. Je vous promets que j'irai faire un tour dans votre coin de pays au cours des prochains jours pour en avoir le coeur net.

Puis on s'en reparlera...

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