L'astronaute d'exception

CHRONIQUE / «J'aurais voulu être un artiste », chantait Claude Dubois. Mais... (Photo tirée du compte Twitter de l'astronaute Karen L. Nyberg)

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CHRONIQUE / «J'aurais voulu être un artiste », chantait Claude Dubois. Mais dans mon cas, c'était plutôt : « j'aurais voulu être astronaute ». C'était mon rêve quand j'étais enfant.

J'étais à quelques jours de mes neuf ans quand l'astronaute américain Neil Armstrong a marché pour la première fois sur la Lune. Et j'étais fasciné par cet exploit. Moi aussi je voulais, un jour, marcher sur la Lune. Moi aussi je rêvais de m'attacher un jour à une fusée et de m'envoler à la vitesse de l'éclair parmi les étoiles. Moi aussi je voulais être cool.

Cette fascination pour la conquête de l'espace et mon admiration pour les astronautes ne se sont pas estompées depuis. Être riche comme Guy Laliberté, moi aussi je me collerais un nez de clown au visage pour prendre place à bord de la station spatiale. Juste pour le thrill. Juste pour voir la Terre de l'espace. Juste pour raconter.

On dit qu'il n'est jamais trop tard dans la vie. Et la semaine dernière, l'Agence spatiale canadienne (ASC) a annoncé qu'elle allait bientôt tenir une campagne de recrutement pour trouver deux nouveaux astronautes. Voici ce qu'on peut lire dans la longue description de tâches de l'ASC pour ces deux postes d'explorateurs de l'espace :

« L'ASC souhaite recruter deux personnes exceptionnelles et en excellente santé, ayant une formation universitaire en sciences, en génie ou en médecine et possédant une variété d'acquis ».

Ouais... « Personne exceptionnelle », peut-on lire. Ça commence mal. Mais à bien y penser, ne sommes-nous pas tous, à notre façon, exceptionnels ? Alors, poursuivons.

On ajoute : « en excellente santé ». Autre petit accroc dans mon cas. Je n'ai pas de problème de santé majeur, en tout cas pas à ce que je sache. Mais mettons que j'aurais « un peu » d'exercices à faire pour atteindre le niveau : « excellente santé ». L'ASC se contenterait-elle de : « santé plus ou moins acceptable pour un homme de son âge ?». Sûrement.

Et en ce qui a trait aux formations universitaires requises... bof. On exagère toujours dans ces définitions de tâches. Je suis pas mal certain que la direction de l'ASC se contentera de mon diplôme collégial en journalisme. Quoi ? Ce ne serait pas assez, dites-vous ? Ah non ? Les astronautes canadiens Chris Hatfield et Julie Payette ont-ils un diplôme en journalisme, eux ? Non ? Alors voilà. Chacun sa spécialité. Chacun son « bag ».

Sou la section « EXIGEANCES PHYSIQUES ET MÉDICALES », on peut lire que l'ASC est à la recherche d'hommes ou femmes mesurant entre 149,5 cm et 190,5 cm et pesant entre 50 kg et 95 kg. Pas de problème à ce niveau, j'entre dans ces normes. Je devrai aussi avoir une pression artérielle normale, ainsi qu'une ouïe normale.

« Pffff.... ! Ha ! Ha ! Une ouïe normale ! T'es sourd comme un pot, Denis Gratton !

- D'abord Manon, cesse de me déranger quand je rédige. Et deuxièmement, tu sauras que je ne suis pas sourd mais que je pratique occasionnellement - avec toi surtout - la surdité sélective. »

Je reviens à l'offre d'emploi de l'ASC...

Le candidat idéal à l'un des deux postes devra être capable de tenir une conversation en russe, ainsi qu'une conversation dans une autre langue que le français, l'anglais et le russe, peut-on lire.

Je l'avoue, je ne parle pas le russe. Par contre, de mon index de la main gauche, je peux jouer au piano l'hymne national russe au complet. Je le connais par coeur. Sans blague. Encore une fois, est-ce que Chris Hadfield et Julie Payette peuvent en dire autant ? Permettez-moi d'en douter. Et en ce qui a trait à la connaissance d'une langue parlée autre que le français, l'anglais et le russe, je peux converser en joual sans problème. Alors, poursuivons. Sous autres conditions d'emploi, l'ASC cherche des candidats consentants à déménager à Houston dès août 2017, et également consentants à séjourner pendant de longues périodes à l'extérieur du Canada et des États-Unis sans la famille.

Pour le déménagement à Houston, aucun problème. Plus d'hiver à endurer. Joie. Et pour les longues périodes d'absence sans ma famille, ça me va aussi. De toute façon, je doute que Manon et Jean-Michel veuillent m'accompagner dans l'espace. 

Et je serais très surpris d'apprendre que la NASA permet les « tout inclus familiaux » à bord de la station spatiale...

Alors je suis prêt. J'ai toutes les qualifications requises. Je serai un astronaute d'exception. Papa ! Maman ! Je serai enfin astronaute !!

«Houston, we have a problem.»

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