La piqûre du don de sang

Jean-Pierre de Beaumont avait 18 ans quand il donné... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Jean-Pierre de Beaumont avait 18 ans quand il donné du sang pour la première fois de sa vie.

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE/ Le Gatinois Jean-Pierre de Beaumont posera un geste probablement unique lors des célébrations du 150e anniversaire de la Confédération canadienne, l'an prochain. Cet homme de 59 ans fera, en 2017, son 150e don de sang à vie.

Quand on sait qu'il faut attendre un minimum de 56 jours (anciennement 84 jours) entre chaque don de sang entier, on réalise que son exploit est phénoménal.

« J'ai atteint les 100 dons à l'âge de 44 ans, dit-il. Je crois être le plus jeune Canadien à avoir atteint ce nombre à 44 ans. Mais malgré plusieurs demandes à la Croix-Rouge canadienne, on n'a jamais pu me le confirmer ou me l'infirmer. Aujourd'hui je suis rendu à 145 dons de sang entier. Et je devrais atteindre les 150 dons lors du 150e, en 2017. »

(M. de Beaumont fait la distinction importante entre un don de sang entier et un don de plasma. Un don de plasma peut être fait tous les six jours. Ce que M. de Beaumont a aussi fait à plus d'une centaine de reprises au cours des dernières décennies.)

Ce père de trois enfants a donné de son sang au Québec, en Ontario et sur trois continents. En fait, peu importe où il se trouve dans le monde, il trouve toujours un endroit où faire un don de sang.

Comme la fois qu'il a fait un pèlerinage entre Ottawa et Montréal. Une fois rendu à Montebello, il a vu une affiche sur le mur d'un commerce sur laquelle on annonçait la tenue d'une collecte de sang à Papineauville, le village voisin situé à cinq kilomètres de Montebello.

Rien à son épreuve, il a fait de l'auto-stop jusqu'à Papineauville pour aller donner !

« Chaque don est un peu un geste de gratitude envers la vie qui m'a gâté d'une parfaite santé, dit-il. Nous sommes chanceux de vivre ici, en Amérique du Nord. C'est le paradis sur Terre ici, au Québec. »

M. de Beaumont avait 18 ans quand il donné du sang pour la première fois de sa vie. C'est son père qui l'a invité à le suivre dans une salle d'un club Optimiste de Gatineau où une collecte de sang se tenait.

« Et j'ai tout de suite eu la piqûre, lance-t-il en s'excusant du jeu de mots. Et depuis, tous les 56 jours, je me pose la question la plus facile à répondre : est-ce que je préfère être en santé et avoir le loisir de donner de mon sang, ou bien si je préfère ne pas être en santé et peut-être avoir besoin de recevoir du sang ? La réponse est facile, disais-je. Mais je ne suis pas plus religieux qu'un autre. Je ne fais pas ça au nom de Dieu ou quelque chose comme ça. Je pose simplement un geste humanitaire. C'est ma façon de dire merci à la vie. »

Le «donneur-marcheur»

Jean-Pierre de Beaumont entreprendra vendredi une marche de 375 kilomètres et d'une durée de 18 jours de l'Oratoire St-Joseph, à Montréal, jusqu'à la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, à Québec. « Ce sera un peu une pratique avant de faire le pèlerinage de Compostelle que je ferai une fois à la retraite, explique-t-il. J'ai fait la marche Ottawa-Montréal en 2011. Je vais donc poursuivre ce que j'ai amorcé. Ce sera une marche organisée. Je serai accompagné de trois marcheurs et nous coucherons dans des salles communautaires et des presbytères en cours de route. J'ai bien hâte.

- Vous prendrez donc une pause dans vos dons de sang ?, que je lui demande.

- Pas du tout. En étudiant le trajet que nous emprunterons, je me suis rendu compte que le centre de dons de plasma de Trois-Rivières est à une rue de notre passage. Et c'est la même chose à Québec. Je dévierai donc de notre parcours officiel et j'irai donner à ces deux endroits. Ce sera comme mes deux univers qui se rejoignent, lance-t-il en riant. Et vous, M. Gratton ? Donnez-vous du sang ?, qu'il me demande en concluant notre entretien.

- Heu... pour être bien honnête avec vous, j'ai une petite phobie des piqûres.

- On a tous peur des piqûres. Mais vous savez, on a tous eu une bicyclette quand nous étions enfants. Et on est tous tombés en apprenant à la conduire. On s'est fait mal et on a pleuré. Mais s'en souvient-on aujourd'hui ? Probablement pas. »

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