Une histoire vieille de 41 ans

CHRONIQUE / C'est vendredi que débute la 41e édition du Festival... (Archives, LeDroit)

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CHRONIQUE / C'est vendredi que débute la 41e édition du Festival franco-ontarien. Ou le Franco comme on l'appelle.

Atteindre la quarantaine, ce n'est pas rien. D'un petit festival bien modeste tenu dans les rues du marché By, en 1976, le Franco a grandi avec les années et est devenu un festival d'envergure qui a accueilli les plus grands noms de la chanson française. Duteil, Aznavour, Vigneault, Bruel, Charlebois, Ferland, Bécaud, Lama, Beau Dommage et tant d'autres se sont succédé sur les planches de ce festival au fil des ans.

Et je me souviens d'un spectacle d'une certaine Céline Dion présenté en 1987. (Je me demande d'ailleurs ce qu'elle est devenue celle-là...). Cette année-là, le Festival franco-ontarien avait décidé d'éparpiller ses scènes un peu partout en ville. Drôle d'idée pour un événement qui se voulait rassembleur, mais bon. 

Et l'un des lieux choisis était le parc Riverain, à Vanier, un très beau parc situé en bordure de la rivière Rideau. Et l'une des artistes invitées à chanter à Vanier était Céline Dion.

J'invite donc à ce spectacle ma filleule, qui était alors âgée de huit ou neuf ans. Elle aimera ça, m'étais-je dit. Et le répertoire de la jeune chanteuse de Charlemagne était parfait pour les enfants. Il n'y avait rien d'offensant dans des chansons comme La Voix du Bon Dieu et Ce n'était qu'un rêve.

Ce que j'ignorais, par contre, c'est que Céline Dion avait pris cette année-là un tournant assez majeur dans sa carrière et dans son image. Et quand les musiciens ont entamé la première toune du spectacle - la chanson Incognito - et que Céline est apparue sur scène vêtue d'un aguichant ensemble de cuir noir qui lui collait au corps, un peu comme le costume de Catwoman dans Batman mais sans le masque, je me suis dit que j'aurais peut-être dû inviter ma nièce au spectacle de Marie Soleil et du Clown Samuel en après-midi...

Le Franco a toutefois connu des moments difficiles en 1994. Financièrement difficiles. 

Je me souviens, c'était un 24 juin, fête de la Saint-Jean, jour férié pour les employés du Droit. Mais étant à mes débuts comme journaliste au Droit, j'avais choisi de travailler ce jour-là. Parce qu'on nous donnait le choix à l'époque. Et cette année-là, j'étais le seul dans la salle des nouvelles qui avait choisi de rentrer au boulot. Un peu parce que mon salaire était doublé en ce jour férié, surtout parce que je me disais que la journée serait bien tranquille. Un petit texte sur les festivités de la Saint-Jean dans la région. Un appel aux corps policiers d'Ottawa et de l'Outaouais, question de savoir s'ils avaient quelque chose de majeur à rapporter. Et voilà. Le tour serait joué.

Mais ce matin-là...

Le rédacteur en chef de l'époque, Gilbert Lavoie, entre en trombe dans la salle des nouvelles et se dirige tout droit vers mon bureau. « Appelle le syndic, me lance-t-il. Appelle ensuite les dirigeants du Festival franco-ontarien. Puis tente de parler à quelques artistes qui y sont invités cette année.

- Mais que se passe-t-il ?, que je lui demande.

- Le Franco est en faillite. Je veux deux pages. »

Adieu petite journée tranquille...

Mais le Festival franco-ontarien a été rapidement remis sur les rails et une autre édition - avec une programmation plus modeste -  a été présentée dès l'année suivante.

Puis en 2006, le Franco a encore été obligé de se placer sous la protection de la loi sur les faillites. Et cette fois-ci, son existence a été sérieusement remise en question.

Mais quelqu'un a eu la brillante idée de confier l'organisation de ce festival au Groupe Simoncic. Et confier un événement à Daniel Simoncic et son équipe est un peu comme confié un sanglier bien cuit à Obélix le Gaulois... vous savez qu'il s'en occupera, et avec plaisir !

Le Festival franco-ontarien se porte très bien depuis et il connaît un vif succès d'année en année.

Comme quoi il est réellement à l'image des Franco-Ontariens. Toujours debout et plus fort que jamais.

Bon 41e Franco la gang !

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