Une école pas comme les autres

Dominique Boily a monté la pièce Le Cid... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Dominique Boily a monté la pièce Le Cid avec 15 élèves de l'école Notre-Dame du Mont Carmel âgés de huit à 16 ans.

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE/ Dominique Boily et son épouse, Jacinthe, de Gatineau, sont parents de neuf enfants âgés de 14 mois à 14 ans.

Oui, neuf enfants. Plutôt inusité en ce XXIe siècle. Et ils sont souvent jugés par la société. Parfois en bien, souvent en mal.

«Disons que lorsqu'on magasine en famille au Wal-Mart, les réactions à notre égard sont plutôt désagréables, affirme M. Boily en haussant les épaules en signe d'indifférence. C'est comme ça, c'est parfois difficile d'être différent. Mais quand on s'arrête pour parler à ces gens qui nous jugent, ils réalisent qu'on est correct. Et on entend souvent les gens nous dire: 'ce doit être beau chez vous à Noël'. En fait, c'est Noël tous les jours dans notre famille. C'est toujours joyeux.»

M. Boily, 40 ans, est chercheur à l'École nationale d'administration publique. Son épouse - vous l'aurez deviné - est mère à la maison. Et avec neuf enfants, il va sans dire que leurs journées sont bien chargées.

Mais une fois leur journée de «travail» terminée et leurs enfants au lit, «vers 21 h ou 21 h 30» dit M. Boily, ils changent de chapeau et s'occupent de l'administration de l'école qu'ils ont fondée en 2007. 

Cette école, c'est l'École privée Notre-Dame du Mont Carmel d'Ottawa. Il s'agit d'une institution catholique francophone d'enseignement primaire et secondaire (de la maternelle à la 12e année) située dans les locaux du Patro d'Ottawa, dans la Basse-Ville, et qui a comme devise: «Tous pour Jésus, par Marie, comme Joseph!». «Nous avons fondé cette école parce que nous n'étions pas satisfaits du système d'éducation public, affirme M. Boily. Nous trouvons que le système public est plutôt pauvre au niveau académique».

Enregistrée auprès du ministère de l'Éducation de l'Ontario,  «l'École Notre-Dame du Mont Carmel a été fondée par quelques parents soucieux de transmettre à leurs enfants un enseignement complet intégrant la foi, la personnalité et l'intelligence», peut-on lire sur le site Web de l'école. Et on ajoute: «Notre école a pour mission de former les âmes et les intelligences dans le cadre d'un programme de formation classique reposant à la fois sur un solide cursus académique et un catéchisme soutenant la transmission de la Foi dans la famille».

Pas une école pour tous, mettons. On compte quelque 80 élèves dans cette école ultra-catholique et le coût pour y étudier est de 5 000 $ à 10 000 $ par année. «Mais on ne refuse personne, de préciser M. Boily. Personne ne vient gratuitement, bien entendu, mais le coût est fixé en fonction du revenu familial.  

«On roule avec un budget d'environ 300 000 $ par année, ajoute-t-il. Environ 75% de cette somme provient des frais de scolarité, et 25% provient de dons privés. Nous avons plusieurs mécènes. Mais on ne reçoit aucune subvention gouvernementale.»

Mais Dominique Boily ne m'appelait pas pour me parler de son école. Passionné du théâtre français, il m'appelait plutôt pour me parler d'une pièce qu'il a montée et qui sera bientôt jouée devant un public par 15 élèves de l'école Notre-Dame du Mont Carmel âgés de huit à 16 ans, dont trois de ses enfants.

La pièce de théâtre en question: Le Cid de Pierre Corneille. Un classique de la littérature française présenté une première fois en 1637. Disons que le prof Boily n'a pas choisi la plus facile à jouer!

«Tout le monde pensait que j'étais fou au début de l'année, lance-t-il. Mais reste que j'ai persévéré. Et nous avons réussi! Je suis tellement fier de mes petits comédiens. Ils ont bossé dur! Et ils sont tellement bons. C'est une histoire extraordinaire d'enfants bien ordinaires qui bûchent et qui réussissent à accomplir un exploit. Nos élèves, quand on leur donne un défi, ils le relèvent. Ils sont fantastiques. Et les gens qui viendront voir la pièce seront impressionnés, j'en suis certain.»

Le Cid sera joué à L'Avant-Première située au 432-A, boulevard Alexandre-Taché, à Gatineau, le samedi 18 juin à 19 h, et le dimanche 19 juin à 15 h. 

Les billets seront disponibles à la porte au coût de 25 $.

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