Locataire en fuite

«Je ne lâcherai pas. Je vais finir par... (Etienne Ranger, LeDroit)

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«Je ne lâcherai pas. Je vais finir par le trouver. Je veux que justice soit faite», affirme Lina Dumais.

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE / Lina Dumais ne sait plus à quel saint se vouer.

On l'a volée. On a vandalisé certains de ses biens. Mais elle se retrouve sans recours pour traîner l'auteur de ces crimes en justice. 

Cette Gatinoise de 69 ans et son mari, Jean-Guy Desjardins, 78 ans, sont propriétaires d'une maison dans le secteur Gatineau. Ils habitent aujourd'hui un condominium dans le secteur Vanier, à Ottawa, mais ils ont conservé leur maison de l'autre côté de la rivière qu'ils louent au coût de 1200$ par mois.

Le locataire de leur maison - donnons-lui le prénom fictif de Serge - a signé un bail de 18 mois en novembre 2014. Et tout allait bien durant les 12 premiers mois de ce bail. Serge avait remis une série de chèques postdatés à Mme Dumais et la banque n'avait jusque là décelé aucune anomalie.

Mais c'est lorsque le couple de retraités a quitté pour six mois en Floride, en décembre dernier, que les choses se sont rapidement gâtées. 

«Son chèque pour le mois de décembre nous est revenu, raconte Mme Dumais. Il n'y avait pas assez de fonds dans son compte. Alors j'ai tenté d'appeler Serge, mais en vain. J'ai donc appelé ma fille à Gatineau et je lui ai demandé d'aller voir ce qui se passait. Quand elle est arrivée, il n'y avait personne à la maison. Et un voisin lui a dit que Serge était déménagé le jour de Noël. Il s'était enfui.»

Serge n'a pas respecté son bail et n'a pas donné de préavis de son départ, il doit donc six mois de loyer au couple, pour un total de 7500$. Mais il y a plus. Il a aussi quitté avec le réfrigérateur du couple. Et il a laissé la maison dans un état lamentable.

«Cinq fenêtres étaient brisées, affirme Mme Dumais. Tous les moustiquaires ont dû être remplacés car ils étaient endommagés par les animaux du locataire, soit un chien, un chat et un furet. Et c'était bien spécifié dans le bail que les animaux étaient interdits. Un mur au sous-sol était défoncé et un autre était souillé à l'encre de crayons-feutres. Et curieusement, il y avait une vingtaine de téléviseurs empilés dans la cuisine.»

En tout et partout, Mme Dumais et son mari ont dû débourser approximativement 11 000$ pour remettre leur maison en bon état. Et aujourd'hui, ils cherchent évidemment à être remboursés.

«Désolé, c'est confidentiel»

Mais pour récupérer les sommes perdues, ils doivent d'abord trouver Serge à Montréal et obtenir son adresse afin de lui faire parvenir une mise en demeure pour qu'il se présente devant la Régie du logement. Mais les recherches s'avèrent beaucoup plus ardues que Mme Dumais le croyait.

«Partout où je me tourne, on me répond qu'on n'a pas le droit de me donner l'adresse de monsieur à Montréal, que cette information est confidentielle, déplore Mme Dumais. Et je sais qu'il se trouve à Montréal, il l'a même identifié comme ville de résidence sur sa page Facebook.

- Il a une page Facebook!?

- Oui. Et ma fille lui a écrit. Mais bien sûr, il ne lui répond pas.»

Mme Dumais a frappé à toutes les portes pour obtenir l'adresse de Serge. Elle peut même fournir au besoin le numéro d'assurance sociale de ce dernier. Mais la réponse est partout la même: «Désolé madame, cette information est confidentielle.»

C'est la réponse qu'elle a obtenue de la police de Gatineau, de la compagnie de location de camions de déménagement avec laquelle Serge a fait affaire, de la caisse populaire Desjardins où ce dernier avait son compte, et d'Hydro-Québec. Elle a même soumis une demande d'accès à l'information à la police de Gatineau, mais en vain.

«Mais je ne lâcherai pas, dit la sexagénaire. Je vais finir par le trouver. Je veux que justice soit faite. Et lorsqu'on le trouvera, je vais demander qu'on lui impose un ou deux mois de prison pour le faire réfléchir un peu. Parce que s'il nous a fait ça, il le fera à d'autres. Et c'est ce que nous voulons empêcher.»

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