Santé, petite soeur

Mario D'Eer est biérologue, auteur et enseignant. Mais il... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Mario D'Eer est biérologue, auteur et enseignant. Mais il est surtout... un grand frère.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Mario D'Eer sera un homme bien en vue ce week-end.

Cofondateur du Festibière de Gatineau, ce biérologue de renommée internationale et auteur de 14 livres sur le sujet prendra part à la majorité des activités qui se dérouleront au Musée canadien de l'histoire, jusqu'à samedi, dans le cadre de ce festival de la bière.

M. D'Eer, 60 ans, avait cependant autre chose en tête que «son» Festibière la semaine dernière. Cet enseignant de quatrième année à l'école élémentaire catholique Marius-Barbeau, à Ottawa, était à Québec pour sauver la vie de sa soeur cadette Carole. Atteinte d'un cancer, seul un don de moelle osseuse pouvait la sauver. Son grand frère lui en a donné.

«Carole m'a demandé, il y a cinq ans, si j'acceptais de faire les tests de compatibilité pour savoir si je pouvais lui donner ma moelle osseuse pour la guérir, raconte M. D'Eer. J'ai accepté sans hésiter une seule seconde. Ce n'était pas un choix. C'est ma soeur! Nous sommes un, elle et moi. Et je me suis dit que si quelque chose devait m'arriver, que j'aurai vécu ma vie. Et j'étais très fier quand les médecins m'ont dit que j'étais compatible à 100%.»

Sa soeur combat le cancer depuis 10 ans. Et la greffe de moelle osseuse a d'abord été précédée par des traitements de chimiothérapie qui ont semblé avoir l'effet escompté. Carole était en rémission.

Mais le cancer est réapparu, plus virulent que jamais, et une greffe de moelle osseuse était devenue nécessaire, voire urgente.

***

«Je suis d'abord allé à Québec (au centre hospitalier universitaire) pour passer une batterie de tests pour s'assurer que la procédure pouvait être faite, reprend M. D'Eer. Puis, il y a quelques semaines, les médecins m'ont demandé si j'acceptais d'entreprendre la procédure. J'ai accepté, bien entendu. Je me suis administré neuf doses de médicaments en me piquant moi-même dans la bedaine. Puis, je suis retourné à Québec pour la procédure, branché à une machine pendant toute une journée. En tout et partout, j'ai été hospitalisé pendant deux jours et demi. La procédure a été faite lundi de la semaine dernière. Ma soeur a reçu mon don mardi, le lendemain.

- Et comment va-t-elle?

- Elle va très bien. Quand je l'appelle chez elle, à Québec, je ne lui demande pas comment elle va. Je lui demande: "Comment je vais aujourd'hui?", lance-t-il en riant. Mais c'est vrai. Tout son système immunitaire et sanguin, c'est le mien. C'est ce que je lui ai donné. Alors, je lui demande comment je vais.»

***

Mario D'Eer a partagé son expérience sur les réseaux sociaux la semaine dernière. Mais jamais ne s'attendait-il au tsunami d'amour qui a suivi. Il en a été renversé, et il se dit toujours profondément ému.

Voici ce qu'il a répondu quand je lui ai demandé s'il avait des effets secondaires à son intervention pour sauver sa soeur.

«Le seul effet secondaire, c'est tout l'amour que ça m'a procuré. Le débordement d'amour est le principal effet secondaire. Quand j'ai mis ça sur Facebook, c'était pour encourager les gens à donner. Mais j'ai reçu plus de 2600 "J'aime". Les textes et les courriels entraient à la minute. J'ai rarement été ému comme ça dans ma vie. Disons que j'ai peut-être pris une bière de trop ce soir-là, j'étais tellement heureux», conclut en riant le biérologue, auteur, enseignant... et grand frère.

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