Un show de boucane

C'est bien correct, tous ces règlements antitabac, dit... (Erick Labbé, Archives Le Soleil)

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C'est bien correct, tous ces règlements antitabac, dit notre chroniqueur. Mais si personne n'est là pour les appliquer, ça ne demeure ni plus ni moins qu'un show de boucane.

Erick Labbé, Archives Le Soleil

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CHRONIQUE / Ainsi, les fumeurs du Québec ne pourront plus en griller une sur les terrasses de bars et restaurants, dans les parcs et les terrains sportifs, ainsi que dans une voiture quand un enfant de moins de 16 ans se trouve à bord. Ces nouvelles restrictions entreront en vigueur jeudi.

C'est une bonne chose. Je suis entièrement d'accord avec ces nouvelles règles. Et je suis fumeur. Je mène une lutte depuis des années pour cesser de fumer, mais je n'ai pas encore remporté la bataille. Coriace, cet adversaire. Sournois. Hypocrite. Mortel...

Oui, j'ai déjà arrêté de fumer. Pendant trois ans. Ceux qui me suivent depuis un certain temps dans cette page s'en souviennent peut-être, car Dieu sait que je m'en suis vanté à l'époque. Mais j'ai fait l'erreur impardonnable d'en griller une par un bon soir d'été, croyant que ma dépendance était loin derrière moi, et... hé bien, voici où j'en suis. De retour dans le ring contre le satané tabac.

Donc j'applaudis, disais-je, cette nouvelle restriction qui sera imposée au Québec à compter de jeudi. Un tel règlement est d'ailleurs en vigueur à Ottawa depuis 2012 et les terrasses du marché By, pour ne nommer que celles-ci, sont toujours bondées de clients lors de belles journées ensoleillées. Donc, n'ayez crainte, chers fumeurs, on s'y habitue rapidement et on s'en prive le temps d'un repas ou d'un verre ou deux.  

Et qu'on ajoute une interdiction de fumer dans une voiture lorsqu'un enfant de moins de 16 ans s'y trouve relève du gros bon sens. C'est tout de même triste que le gouvernement en soit rendu à appliquer un tel règlement. Tout fumeur sait que la fumée secondaire est nocive. Alors, pourquoi exposer votre propre enfant à un tel poison?

Le problème, par contre, avec ces règlements antitabac en Ontario et bientôt au Québec, c'est qu'il n'y a pratiquement personne pour les appliquer. On compte ni plus ni moins sur les propriétaires et les employés des bars et restaurants pour être la «police du tabac». 

Ça me rappelle une brève rencontre que j'ai faite l'été dernier avec un touriste de la Floride.

Je sors devant nos bureaux de la rue Clarence, à Ottawa, justement pour en griller une, et j'aperçois cet homme debout sur le trottoir, cigarette au bec, qui jase avec une dame qui elle prend place tout près du trottoir à une table sur une terrasse voisine du Droit. En m'apercevant m'en allumer une, l'homme s'approche de moi et me dit (en anglais):

«Êtes-vous d'Ottawa?

- Oui.

- On ne peut pas fumer dans votre ville?

- Que voulez-vous dire?

- J'étais assis avec ma femme, je venais de terminer mon repas et je me suis allumé une cigarette. Or, la serveuse m'a dit que je devais aller fumer sur le trottoir, qu'il était interdit de fumer sur la terrasse. C'est bizarre, cette loi. Regardez, je suis à deux pieds de ma femme. J'étais plus loin d'elle quand je prenais place à table devant elle! C'est ridicule, votre affaire!»

J'aurais pu lui expliquer qu'il devait fumer à une certaine distance de la terrasse - neuf mètres selon le règlement municipal d'Ottawa, je crois -, mais je me suis retenu. D'abord, parce que ça ne me regardait pas. Aussi parce que et ça ne semblait pas déranger sa femme, ni la serveuse qui le laissait fumer à deux pieds de la terrasse. Mais surtout parce que deux policiers d'Ottawa sont passés à côté de nous sur le trottoir sans dire un mot.

Donc, c'est bien correct tous ces règlements antitabac, disais-je. Tout le monde s'en portera mieux.

Mais si personne n'est là pour les appliquer, ça ne demeure ni plus ni moins qu'un show de boucane.

C'est quelque chose...

Changement de sujet.

La députée provinciale d'Ottawa-Orléans, Marie-France Lalonde, gagnera sûrement la Palme d'or pour le communiqué de presse au titre le plus bizarre.

Voici ce qu'on pouvait lire: «Convocation: La députée provinciale Lalonde va annoncer quelque chose à Ottawa.»

Il n'y a pas à dire, comme titre, c'est quelque chose...

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