Le ketchup-relish-moutarde de Rachel

«Une fois que j'aurai mon chèque de pension,... (Etienne Ranger, LeDroit)

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«Une fois que j'aurai mon chèque de pension, je viendrai peut-être travailler pour le lunch. [...] On verra. Tout dépendra de ma santé», lance Rachel Léger.

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE / Rachel Léger a commencé à travailler au casse-croûte La Patate dorée, rue Eddy à Hull, le jour de sa fête. Elle soufflait ce jour-là 19 bougies. C'était le 9 décembre 1974, il y a plus de 41 ans. Aujourd'hui âgée de 60 ans, elle travaille toujours à La Patate dorée...

Cette femme célibataire - ou comme elle dit à la blague: «Je suis une vieille fille enragée» - fait cuire des frites, des hamburgers, des hot-dogs et le reste depuis plus de 41 ans! «Mais là, c'est la poutine qui est notre plus gros vendeur», précise-t-elle.

Sa mère et elle se sont décroché un emploi à La Patate dorée le jour où ce commerce a ouvert ses portes. «Ma mère travaillait de 9h à 23h30, cinq jours par semaine», se souvient-elle. Deux de ses quatre soeurs ont également travaillé dans ce casse-croûte pendant plus d'une vingtaine d'années chacune.

Mais Rachel est restée. Elle est heureuse devant la friteuse. C'est sa vie. Les clients sont ses amis. La rue Eddy, son chez-soi. Le Vieux-Hull aussi. «Tout le monde dans le Vieux-Hull connaît Rachel», de lancer un client.

Mais commence-t-elle à se lasser un peu de son emploi après plus de quatre décennies de ketchup-relish-moutarde?

«Pas du tout! lance-t-elle en déposant une boulette de viande sur le gril. J'ai un bon patron, j'ai une bonne paye, je ne peux pas me plaindre. Et j'ai assez de fun icitte. J'agace les clients, les clients m'agacent. On rit tout le temps. Je vous le dis, je n'ai pas vu les années passer. Mais là, certains clients que je servais à mes débuts reviennent avec leurs enfants. C'est là que je me rends compte que j'ai vieilli!» ajoute-t-elle en riant.

Des frites, Rachel en a mangé dans sa vie. Et l'odeur de la friture est un peu devenue son parfum. Elle le sait et elle en rit.

«L'odeur ne me dérange pas, dit-elle. Je suis tellement habituée à cette senteur que je ne la sens plus. Quand je prends l'autobus, par contre, il y a des passagers qui se mettent à sentir autour d'eux, ils se demandent bien d'où cette odeur de patates frites provient. Et d'autres changent de place quand je suis assise près d'eux. Ça ne me dérange pas. Moi, je suis habitué à cette odeur. J'ai toujours senti la même chose!» ajoute-t-elle d'un éclat de rire.

Rachel Léger travaille de 11h à 16h, du lundi au vendredi. «Mais j'arrive toujours vers 8h le matin, dit-elle. Je me prépare tranquillement pour ma journée. Je n'aime pas faire mon ouvrage à la course, j'aime prendre mon temps. Parfois je m'apporte un livre et je lis jusqu'à l'ouverture du casse-croûte.»

«Je me donne encore cinq ans ici, poursuit-elle. Une fois que j'aurai mon chèque de pension, je viendrai peut-être travailler pour le lunch, donc quelques heures par jour. On verra. Tout dépendra de ma santé. Et si je suis capable de continuer pour les lunchs, je le ferai. Mais là, j'avoue que je commence à avoir les pattes fatiguées.

- En terminant, Mme Léger, quelle est la recette, selon vous, pour rester en affaires pendant plus de 40 ans? Quel est le secret de La Patate dorée?

- C'est un endroit familial. Les gens sont à l'aise ici. Tout est fait maison, il n'y a rien de congelé, sauf les pogos et les ninning rings. On épluche les patates tous les jours. La viande est fraîche, on fait notre propre sauce à poutine, notre propre salade de chou. Les gens nous adorent et on les sert bien. Voilà. Ce n'est pas plus compliqué que ça.»

Les Monette de retour

Pendant que nous sommes sur la rue Eddy...

Je vous ai parlé il y a quelques mois de la famille Monette, qui avait vendu son épicerie. Ça faisait 95 ans que cette famille était en affaires sur la rue Eddy. 

Or, les Monette sont de retour. Mme Monette et son fils Philippe ont repris les rênes de ce commerce le 29 avril dernier, et tous les produits maisons qui avaient fait leur réputation - dont leur incomparable tourtière - sont de retour. 

Comme quoi plus ça change, plus c'est pareil sur la rue Eddy. Et c'est bien correct comme ça.

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