Persévérer en français

François Caza a fini par se faire entendre... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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François Caza a fini par se faire entendre par les Sénateurs d'Ottawa.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / Pourquoi les Franco-Ontariens devraient-ils toujours s'adresser en français dans les commerces? Parce qu'on ne sait jamais. Ce geste pourrait ouvrir des portes et mener vers des chemins insoupçonnés. Comme dans l'histoire qui suit...

François Caza, le fils de l'avocat franco-ontarien bien connu Ronald Caza, est directeur général d'un bureau de traduction d'Ottawa. Mais il est aussi un partisan inconditionnel des Sénateurs d'Ottawa. Et il aimerait bien que ses deux enfants et lui puissent afficher leur allégeance à leur équipe de hockey en français. Le hic, c'est qu'il est impossible de trouver quoi que ce soit en français dans les boutiques des Sénateurs même si le nom de cette équipe est enregistré dans les deux langues. Que ce soit un t-shirt, un porteclé, des sous-verres, un briquet, nommez-les, tous les articles disponibles en boutique affichent les mots «Ottawa Senators». Et bonne chance si vous cherchez quelque chose qui dit «Sénateurs d'Ottawa».

Il y a cinq ans, François a écrit à l'administration des Sénateurs pour se plaindre de la situation. Mais son courriel est resté lettre morte. Il a donc transmis un deuxième courriel quelques mois plus tard. «Et cette fois, dit-il, j'ai mis l'accent sur le business sens de fabriquer des articles visés aux amateurs francophones. J'ai expliqué que près du tiers de la population francophone d'Ottawa se dit bilingue ou francophone, et que les marchés les plus proches, Prescott-Russell et Gatineau, sont majoritairement francophones.»

Les Sénateurs ont-ils réagi à son deuxième courriel? Lui ont-ils répondu? Non. Aucun signe de vie de leur part.

François leur a donc réécrit au fil des ans. Et réécrit encore. Douze fois, au total! L'une de ses missives a été publiée dans la section «À vous la parole» du Droit. Et une autre a été reprise par le quotidien The Ottawa Citizen. «Et j'ai envoyé les liens à ces deux articles aux Sénateurs, affirme François. J'ai aussi envoyé un tweet - un peu baveux, je l'admets - au propriétaire de l'équipe, Eugene Melnyk, mais toujours rien. J'ai même appelé le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est, là où j'ai fait mes études secondaires, pour leur demander de pousser leur politique de refuser que les élèves portent des chandails avec des slogans en anglais», ajoute-t-il.

Têtu, le gars, dites-vous? Non. Je dirais plutôt déterminé. Persévérant. Fier Franco-Ontarien. Comme quoi la pomme ne tombe pas loin de l'arbre...

 La semaine dernière, François Caza a transmis un douzième (!) courriel aux Sénateurs d'Ottawa, en anglais cette fois, en le concluant comme suit: «I just want to give you money!» (Je veux simplement vous donner de l'argent!)

Ce courriel a sonné une cloche dans le bureau de la direction des Sens. Comme quoi il serait bien vrai que... money talks. François a donc reçu un coup de fil jeudi dernier. C'était le directeur du marketing des Sénateurs qui l'appelait.

«Il a commencé en m'expliquant pourquoi on ne trouvait pas d'articles en français dans le passé, raconte François. Puis il m'a demandé: «si on commençait par produire un article en français, lequel choisiriez-vous?»J'ai répondu: 'un t-shirt'. C'est la première chose qui m'est venue en tête. C'est populaire et ça ne coûte pas cher à produire. Puis il m'a dit qu'ils veilleront à en produire un en français l'an prochain. Il me l'a promis.»

François: 1, Sénateurs: 0.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. En plus de promettre qu'un t-shirt affichant les mots «Sénateurs d'Ottawa» sera lancé sur le marché dès l'an prochain, la direction de l'équipe a demandé à François Caza de rédiger le slogan en français qui apparaîtra sur ces gilets! «J'ai failli tomber en bas de ma chaise quand il m'a demandé ça», de lancer François.

De plus, les Sénateurs lui enverront le design de ce nouveau t-shirt pour son approbation. «Ils me demanderont mes recommandations sur ce design avant d'aller de l'avant avec la production», dit-il fièrement.

 Pourquoi les Franco-Ontariens devraient-ils toujours s'adresser en français dans les commerces, demandais-je en entrée en matière? Parce qu'on ne sait jamais où ça mènera. Vous pourriez même vous décrocher un «emploi»...

Parlez-en à François Caza.

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