Un simple banc!

Jumanah Basher, Aliya Daher, Grace Campbell,  Audrey Vallieres... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Jumanah Basher, Aliya Daher, Grace Campbell,  Audrey Vallieres et Jacob Pieschke, de l'école élémentaire publique des Sentiers, étaient bien excités de recevoir leur banc de l'amitié.

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE / Le communiqué de presse du Conseil des écoles publiques de l'est de l'Ontario (CEPEO) était plutôt curieux. Il invitait les médias à l'école élémentaire publique des Sentiers, secteur Orléans, pour assister à l'inauguration d'un... banc.

Vous avez bien lu: un banc.

Misère... me suis-je dit. Notre monde scolaire est-il en si mauvaise situation financière qu'on se réjouit à l'achat d'un simple banc d'école? Et ce sera quoi demain? Une convocation aux médias pour célébrer l'achat d'une boîte de stylos jetables?

Mais peut-être que le mot «banc» dans ce communiqué de presse veut dire autre chose qu'un siège. Et selon le Larousse, une autre définition du mot «banc» est: troupe d'animaux marins de même espèce se formant à certaines époques de l'année.

Hmmm... L'école des Sentiers a-t-elle un lac dans sa cour? Un océan, peut-être? Sinon, je ne vois pas comment et pourquoi elle aurait fait l'acquisition d'un banc de sardines ou d'un banc de baleines.

Il devait donc s'agir d'un simple banc de bois. Mais je devais en avoir le coeur net.

Cap sur l'école élémentaire publique des Sentiers, donc.

Le banc de l'amitié

Là-bas, on l'a appelé «le banc de l'amitié». Et il a été donné par l'organisme Kill It With Kindness! (traduction libre: enrayez-le avec de la gentillesse!).

Cet organisme fondé à Toronto en 2012 a pour but d'éliminer l'intimidation dans les écoles et dans la société en général. Et depuis quelques années, il fournit gratuitement ces bancs aux écoles canadiennes qui en font la demande. Et la demande pour ces «bancs de l'amitié» serait tellement forte dans le milieu scolaire au pays que l'attente pour en recevoir un est d'approximativement cinq ans.

«Coudonc, Gratton!? Vas-tu nous le dire ce qu'il a de spécial, ce banc!? Crache le morceau!» Je vous entends, chers lecteurs, vous savez. Et j'y arrivais. Donc, calmez-vous, il fait trop beau aujourd'hui pour s'impatienter et s'énerver.

L'idée de ce banc est géniale dans sa simplicité. Aux récréations, les élèves esseulés, désireux de rencontrer de nouveaux amis - ou tout simplement de confier leurs problèmes à quelqu'un -, pourront le signifier en s'assoyant sur le banc de l'amitié installé dans la cour d'école. Les autres viendront alors le rejoindre.

Simple, n'est-ce pas? Mais si admirable.

«Nous avons expliqué le concept à tous les élèves (cette école en compte 445) et ils ont tous embarqué dans ce projet. Ils en sont vraiment fiers et je suis convaincue que cette initiative sera un vif succès», de dire Daphné Carisse, la présidente du conseil de l'école des Sentiers.

C'est d'ailleurs ce conseil d'école, qui est formé de parents et de membres de la direction de l'école, qui a fait la demande pour ce banc de l'amitié auprès de l'organisme Kill It With Kindness!. Et en l'obtenant, l'école des Sentiers est devenue la première école de langue française en Amérique du Nord à en avoir un.

Certains diront qu'il serait peut-être plus simple de construire un simple banc, de le placer dans une cour d'école et de l'appeler «le banc de l'amitié» et que le tour sera joué. Vrai.

Mais celui de Kill It With Kindness! a ses propres couleurs distinctes qui ont chacune leur signification. Les lattes du siège sont multicolores pour représenter la diversité. Le coeur construit sur le dossier de ce banc est rouge pour l'amour et l'amitié. Et le reste du banc est bleu, la couleur pour contrer l'intimidation. Et à souligner que ce meuble est fabriqué entièrement de matières recyclées.

«L'acquisition de ce banc est une excellente initiative, a dit le conseiller scolaire du CEPEO, Georges Orfali. Ça représente vraiment la philosophie de l'école: l'amitié, la collaboration, la compassion, le respect. Le conseil encouragera d'autres écoles à s'impliquer et à imiter l'école des Sentiers.»

Et selon la directrice de l'éducation du CEPEO, Édith Dumont, ce projet «est inspirant tout à l'image du conseil: inclusif et orienté vers la réussite académique et sociale des élèves».

Un simple banc... comme quoi il suffisait d'y penser.

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