Une autre vacherie

Albertine sera bientôt orpheline, victime d'une autre vacherie... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Albertine sera bientôt orpheline, victime d'une autre vacherie de la vie.

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE / Triste nouvelle: Albertine sera bientôt orpheline.

Albertine, c'est une vache. Mais pas «ma» vache de Centraide Outaouais. Elle, je ne sais pas où elle est rendue. Elle était avec moi à la soirée de clôture de la campagne de financement de Centraide Outaouais, le mois dernier, puis je ne l'ai plus revue depuis. Mais je présume qu'elle se trouve dans les bureaux de cet organisme. Je devrai enquêter. Elle me manque.

Albertine, par ailleurs, est la vache emblématique qui trône sur le toit de l'épicerie fine de la fromagerie St-Albert, la boutique Cheddar Et Cetera, à Orléans. Vous vous souvenez d'elle? Elle a défrayé les manchettes en 2009.

Pourquoi? Parce qu'un citoyen a déposé une plainte contre elle. Albertine allait à l'encontre d'un règlement municipal qui interdit les enseignes de toitures sur les commerces pour des raisons de sécurité. La Ville d'Ottawa n'avait donc eu d'autres choix que d'ordonner son retrait.

Mais cette décision des élus allait soulever un tollé dans la communauté. On ne criait plus «Fermer Montfort? Jamais!», on criait «descendre la vache? Jamais!». 

Plus de 10 000 personnes avaient apposé leur signature à une pétition qui demandait que Albertine demeure sur le toit de l'épicerie d'Orléans. Albertine a de plus eu droit à sa propre page Facebook. Et on a même poussé le ridicule jusqu'à commander une étude de 20 000$ pour déterminer «les bienfaits et les effets de l'interdiction d'ériger» une enseigne sur le toit d'un édifice. Un peu plus et on demandait à Gisèle Lalonde de présider le mouvement populaire «S.O.S. Albertine».

Au bout de cette saga de deux ans (!), les élus d'Ottawa ont accordé une exemption de quatre ans à Albertine, pour ensuite lui accorder, à l'été 2015, son statut de résidente permanente. Ou de bétail permanent, devrais-je dire. Et elle broute paisiblement sur le toit de la boutique Et Cetera depuis.

Une histoire qui se termine vachement bien, quoi.

Cheddar Et... point final

Bien... à vrai dire, pas tant que ça. Parce que comme j'ai écrit dans la toute première phrase de ce papier: Albertine sera bientôt orpheline, victime d'une autre vacherie de la vie.

La boutique Cheddar Et Cetera fermera ses portes à la fin du mois. Et pour de bon. «Pour des raisons économiques», a-t-on expliqué à la fromagerie St-Albert.

Donc «la question qui tue» est celle-ci: qu'adviendra-t-il d'Albertine? Que fait-on d'une vache en fibre de verre qui pèse 45 kg (100 livres)?

On a posé la question au gérant de Cheddar Et Cetera, Jacques Leury. Et celui-ci a répondu: «Elle retournera probablement dans ses prés à Saint-Albert. Ils vont la ramener à la maison, je présume.»

Et de répondre le directeur général de la fromagerie St-Albert, André Ladouceur: «On la placera probablement dans notre magasin (de Saint-Albert). Les gens n'ont pas à s'inquiéter, on va bien s'occuper d'elle.»

Mais pourquoi la rapatrier à la fromagerie? On a déjà des vaches en fibre de verre à cet endroit. Ça fera. On peut sûrement trouver une meilleure idée. 

Et si on vendait Albertine à la Laiterie de l'Outaouais afin qu'elle devienne la mascotte officielle de cette entreprise? Ou encore à un steakhouse d'Ottawa ou de Gatineau et qu'on la place sur le toit de ce restaurant? Ou encore sur le toit de la plus haute tour Brigil afin de démontrer que les taxes municipales sur ce gratte-ciel seraient une véritable vache à lait pour la Ville de Gatineau?

Je ne sais pas, ce ne sont que trois suggestions. Vous en avez, chers lecteurs? Sachez que vous pouvez toujours m'écrire un courriel pour partager votre idée.

Mais ce serait bien dommage si Albertine terminait ses jours seule au monde dans un champ de Saint-Albert.

Et si j'en parlais à Centraide Outaouais...?

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