Les enfants dyslexiques francophones ont besoin d'aide

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L'AFPED+ a été fondée il y a plus de 18 ans par Suzanne Bonneville, une dame de 67 ans d'Orléans, elle-même mère d'une fille dyslexique.

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CHRONIQUE / La seule association franco-ontarienne en province qui vient en aide aux parents d'enfants dyslexiques risque de fermer ses portes dans quelques semaines, faute d'argent.

L'Association francophone de parents d'enfants dyslexiques ou ayant tout autre trouble d'apprentissage (AFPED+) a été fondée il y a plus de 18 ans par Suzanne Bonneville, une dame de 67 ans d'Orléans, elle-même mère d'une fille dyslexique.

Elle administre «son» association pratiquement seule depuis toutes ces années et elle a cessé de compter ses heures il y a belle lurette. «Mais là, admet-elle, je n'en peux plus. Demander des subventions à répétition et toujours me faire dire non, je ne suis plus capable.»

L'AFPED+ doit trouver 85 000$ d'ici le 15 mai. Si elle n'y parvient pas, ce sera la fin pour cet organisme à but non lucratif qui outille les parents francophones de l'Ontario ayant un enfant dyslexique ou qui fait face à des troubles d'apprentissage.

«On n'arrive plus, déplore Mme Bonneville. Il y a le coût du loyer pour le local que nous occupons au centre de ressources communautaires Orléans-Cumberland, les assurances, la vérification comptable, le téléphone cellulaire et le reste. Avec toutes ces dépenses opérationnelles, on n'arrive plus. Et ce n'est pas une maigre subvention annuelle de 13 000$, la seule que nous recevons et qui est utilisée pour organiser des activités pour les parents, qui nous aidera», ajoute-t-elle.

L'AFPED+ s'est tournée vers le ministère de l'Éducation de l'Ontario pour obtenir une aide financière, mais ses demandes restent lettre morte. Ce qui frustre Mme Bonneville au plus haut point.

«Pourrait-on réaliser une fois pour toutes qu'il y a des parents francophones en province qui ont besoin d'aide et que notre association a sa raison d'être?» questionne-t-elle.

«Et les enfants dyslexiques ou ayant un trouble d'apprentissage ont besoin d'aide dès leur jeune enfance. Mais si on attend qu'ils soient rendus en sixième année et qu'ils se seront fait dire pendant toutes ces années qu'ils ne sont pas bons et qu'ils ne sont pas capables, il sera trop tard. Parce que les troubles d'apprentissage non adressés sont une des causes principales du décrochage scolaire et de la délinquance juvénile. Ici, à l'AFPED+, on veut travailler avec les parents avant que leur enfant commence l'école. Et ces parents ont besoin d'aide.»

«On peut aider ces enfants à devenir les leaders et les parents de demain, poursuit-elle. Je voudrais tant qu'on comprenne que les enfants qui ont un trouble d'apprentissage sont des enfants intelligents. C'est juste qu'ils ont le cerveau branché différemment. Ils sont faits comme ça et il faut les aider. Et il ne faut pas attendre qu'il soit trop tard et qu'ils aient été victimes d'intimidation et de taxage toute leur enfance à cause de leur différence.»

Se tourner vers les anglophones?

Mme Bonneville s'inquiète maintenant pour les parents francophones d'enfants dyslexiques si son association doit cesser ses activités.

Elle craint qu'ils n'aient d'autre choix que de se tourner vers les écoles de langue anglaise. 

«Ces parents ont l'habitude de demander des conseils à l'AFPED+ et de participer aux nombreux ateliers et conférences que nous offrons. Ils comptent sur nous. Mais que feront-ils si nous ne sommes plus là pour eux? Ils vont peut-être magasiner de conseil scolaire en conseil scolaire jusqu'à ce qu'ils trouvent celui qui a le plus à offrir à leur enfant. Et le conseil qu'ils choisissent pourrait bien être un conseil anglophone puisqu'il existe plusieurs associations comme la nôtre du côté anglophone, alors que nous sommes la seule francophone en Ontario.»

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