Un modèle de résilience au pluriel

Il y a deux semaines, Claude Venne a... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Il y a deux semaines, Claude Venne a été amputé de la jambe droite. La dernière intervention d'une longue série.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / Claude Venne avait 18 ans lorsqu'il a commencé à travailler au marché d'alimentation Métro du boulevard Maloney, à Gatineau. Aujourd'hui âgé de 55 ans, il y travaille toujours.

Commis aux produits laitiers puis aux produits congelés en passant par la caisse, il a touché un peu à tout dans ce commerce au fil des décennies. Un employé loyal et exemplaire, quoi.

Il aurait eu toutes les raisons au monde de quitter son emploi. Et personne, mais personne ne lui en aurait tenu rigueur. Même pas sa conjointe depuis toujours, Angèle, qu'il a épousée le 7 novembre dernier lors d'un mariage célébré par leurs deux enfants âgés dans la vingtaine, Maxime et Mari-Pier.

Mais Claude Venne tient à son emploi chez Métro. Outre son amour pour ses enfants et sa famille, c'est un peu ce qui le pousse à surmonter les multiples épreuves que la vie lui impose impitoyablement depuis plus de 40 ans.

Nombreux sont ceux - et j'en suis un - qui auraient baissé les bras devant la maladie qu'il combat. Mais cet homme fait preuve d'un courage surhumain. Plusieurs médecins lui ont recommandé au cours des dernières années de cesser de travailler et de bénéficier d'une prestation d'invalidité. Mais il refuse.

«Qu'est-ce que je ferais seul à la maison à longueur de journée? se demande-t-il. Et je dois bouger si je ne veux pas perdre ma jambe gauche.»

Claude a été amputé de la jambe droite, il y a deux semaines. C'est d'ailleurs à l'hôpital de Hull, où il se remet toujours de cette intervention, que LeDroit l'a rencontré. «Mais j'espère obtenir mon congé bientôt, dit-il. J'ai hâte de retourner au travail.»

Claude Venne n'avait que 11 ans lorsque les médecins lui ont annoncé qu'il était atteint de diabète de type 1. «J'ai été hospitalisé pendant six semaines suite à ce diagnostic», se souvient-il. Ce qu'il ignorait à l'époque, c'est que les hôpitaux allaient devenir son deuxième chez-soi...

C'est d'abord sa vue qui a flanché quand il avait 30 ans. «J'ai reçu de nombreux traitements au laser, dit-il. Heureusement, je peux toujours voir, mais mon champ de vision est réduit. J'ai donc perdu mon permis de conduire. Et c'est correct. Je ne voudrais pas heurter quelqu'un avec ma voiture à cause de ma maladie.»

Deux ans plus tard, il a perdu l'usage de ses reins. «Je faisais des traitements de dialyse à la maison. Et on m'avait montré comment m'injecter moi-même des hormones et de l'insuline. J'ai fait ça pendant un an de chez moi, mais j'allais tout de même travailler.»

On lui a greffé un rein en 1993. Puis il a été hospitalisé à nouveau en 2005. Mais pour une greffe du pancréas, cette fois-ci. Et comme si sa cour n'était pas assez pleine, il a subi un accident cardio-vasculaire sur la table d'opération. «Et j'ai été opéré à coeur ouvert environ trois ans plus tard, en 2008, dit-il. Mes artères étaient bloquées à 95%.»

L'année suivante (oui, ses déboires médicaux se poursuivent), en 2009, il a combattu avec succès un cancer de la peau. Et entre 2012 et 2014, les médecins lui ont amputé quatre orteils. La circulation du sang ne se faisait pas à cause du diabète, dit-il. Donc les médecins ont dû les amputer, la gangrène s'était mise là-dedans.»

Puis il y a deux semaines, on lui a amputé la jambe droite. «Ma bonne jambe, précise-t-il. Parce que la circulation dans ma jambe gauche ne se fait pas très bien.»

«C'est parfois difficile, admet Claude. Mais je réussis à passer à travers toutes ces épreuves grâce à l'amour de mes enfants, de mon épouse et de mes proches. Donc je ne lâche pas, je retourne au travail et ça me permet de penser à autre chose qu'à ma maladie. Et j'ai d'excellents patrons qui sont très compréhensifs. Je leur en suis très reconnaissant.»

Si sa santé le permet, Claude Venne sera présent au Super rallye annuel de l'Association des diabétiques de l'Outaouais, le 5 juin prochain. «J'y assiste chaque année», dit-il. Et cette édition sera doublement spéciale pour lui puisque c'est son beau-frère, le conseiller municipal de Gatineau, Denis Tassé, qui agira à titre de président d'honneur de l'événement.

«Quand on m'a offert la présidence d'honneur, de dire M. Tassé, j'ai pensé à Claude et j'ai immédiatement accepté. Son courage est remarquable et je ne l'ai jamais entendu se plaindre de quoi que ce soit. Quand il m'arrive des petits pépins dans la vie, je pense à lui. Il est mon modèle.»

Un modèle de résilience au pluriel, ajouterais-je.

Pour des renseignements sur l'édition 2016 du Super rallye automobile ou pour faire un don, contactez l'Association des diabétiques de l'Outaouais au 819-770-0442.

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