Père poule

CHRONIQUE / Il sera donc permis, dès le printemps 2017,

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Janick Marois, Archives La Voix de l'Est

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CHRONIQUE / Il sera donc permis, dès le printemps 2017, de faire l'élevage de poules en milieu urbain à Gatineau. Et c'est une bonne idée. Une très bonne idée.

Je ne blague pas. Je suis sérieux. C'est le fun, des poules. 

Je le sais puisque j'en ai déjà eu. Et je vous en ai déjà parlé. C'était à l'époque où j'habitais à la campagne. À St-Pierre-de-Wakefield, plus précisément. Ma conjointe, une dénommée Manon, voulait vivre «la vie à la campagne» à fond. Et selon elle, on se devait d'avoir des poules. C'était la chose à faire loin de la ville. C'était in, des poules. 

Je n'en étais pas convaincu, loin de là, et je ne connaissais absolument rien à l'élevage de volailles. Mais puisque je ne gagne jamais avec elle, ce n'était qu'une question de temps avant qu'on adopte des poules. J'ai donc lu sur le sujet. J'ai appris les choses à faire et à ne pas faire quand on est propriétaire de poules. J'ai converti le cabanon en poulailler. J'ai acheté la nourriture à volaille, et le reste, et le reste. Puis au bout de quelques jours, nous nous sommes rendus à Notre-Dame-de-la-Salette, le village voisin, pour se procurer quatre poules pondeuses.

Je n'avais imposé qu'une seule condition à cet achat de poules, celui d'avoir le droit de les baptiser. Et Manon a acquiescé. Je les ai donc nommées: Kentucky, St-Hubert, Fusée et Scores.

Mais bien loin était mon intention de les rôtir et de les manger. Si on avait des poules, c'était d'abord et avant tout pour les oeufs. Et chaque poule pondait quotidiennement un oeuf. Nous avions donc quatre oeufs frais, sortis tout droit du cul de la poule, chaque matin. Et croyez-moi, il n'y a rien de meilleur qu'un oeuf fraîchement pondu. Une source d'énergie incomparable. Une véritable potion magique à la Astérix.

On les aimait bien, nos poules. Et elle nous aimaient bien aussi. Peut-être même un peu trop...

Nous avions un immense terrain à St-Pierre-de Wakefield. Et nous avions décidé de laisser nos quatre amies à plumes en liberté. Elles ne rentraient dans leur poulailler que pour pondre leurs oeufs. Le reste du temps, elles nous suivaient sur le terrain comme des queues de veaux. De véritables chiens de poche, vous dis-je.

Quand je tondais la pelouse, les quatre poules me suivaient patiemment. Lorsque Manon jardinais, elles l'entouraient. Quand mon fils Jean-Michel sortait pour jouer, il pouvait compter sur ses quatre amies pondeuses pour être de la partie. Et ces quatre poules étaient devenues les meilleures amies de notre regretté golden retreiver, Chinook.

Et le soir venu, quand la nuit tombait, les quatre poules prenaient place sur le brancard du balcon pour pouvoir garder un oeil sur nous par la fenêtre du salon. Puis elles s'endormaient. Juste là. Sur le balcon. Et au lever du soleil, elles rentraient dans leur poulailler pour pondre notre petit déjeuner.

Mes amis et collègues en ville me posaient souvent la question suivante à l'époque: «Ça ne te dérange pas d'être réveillé chaque matin par le chant du coq?»

Mais quel coq? Nous n'avions pas de coq. Une poule pondeuse n'a pas besoin de coq pour pondre ses oeufs. C'est inutile, un coq. À moins que vous ayez l'intention de le castrer et de l'engraisser. Alors là, vous aurez un succulent chapon de Noël une fois les Fêtes arrivées!

Autre question souvent posée: «Que fais-tu de tes poules en hiver?» Bonne question. Et si vous avez l'intention d'adopter des poules une fois que le règlement municipal le permettra, vous aurez deux choix. Soit faire installer l'électricité dans le poulailler. Soit laisser vos poules à l'intérieur avec vous, dans la maison.

Petite suggestion: allez-y pour l'électricité dans le poulailler.

Car bien qu'elles soient tranquilles et attachantes, jamais vous ne réussirez à dresser vos poules pour qu'elles fassent leurs besoins naturels dans la litière de Minou, ou sur le papier journal de Pitou. Elles les feront drette-là, où bon leur semble, sans pudeur et sans gêne.

Vous en serez avertis.

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